‹ La logique de l'hypothèseChapitre 91 sur 152 · Traité des systèmes^ chap. Xll à la fin · texte numérisé non relu

Traité des systèmes^ chap. Xll à la fin

^le Locke que je signalais tout à l'heure : « Souvent une conjecture ingénieuse abrège beaucoup le chemin*. » Il admet donc que la conjecture peut être employée comme im moyen accessoire, et que la science connaît d'autres chemins. La place de l'hypothèse, très incomplètement faite, est pourtant faite en quelque mesure dans ce passage, mais elle disparait absolument dans l'esprit général du système, tellement que l'auteur, comme nous l'avons vu, la passe entièrement sous silence quand il traite directement la question de l'art d'inventer.

Le même phénomène se produit chez les écrivains de nos jours. Stuart Mill, par exemple, reconnaît que les vérités générales font leur première apparition sous la forme d'hypothèses, que c'est là leur état initial obligé ; il reconnaît que « la méthode de toutes les sciences déductives est hypothétique ^ ; mais cette vue n'exerce pas son influence légitime sur sa conception générale de l'origine de nos idées et de la méthode. L'effort de sa pensée tend à ramener l'hypothèse à une sorte d'induction anticipée. La vérité qu'il a vue distinctement se voile parfois à son regard, au point qu'il affirme que la théorie de la nébuleuse de Laplace ne renferme « à proprement parler, rien d'hypothétique ^ »

Le Père Gratry, dans sa Logique^ signale, au nombre des facteurs de la science, « le tact, le génie, la divination ♦ ; » mais, tout occupé comme il l'est à expliquer la

1 . Nouveaux essais sur V entendement humain^ livre IV, chap. 12, § 13.

2. Système de logique y tome I, p. 297 et 544 de la traduction fran- «^aise.

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