‹ La logique de la poésieChapitre 21 sur 30 · Svenskan som skriftsprak, p · texte numérisé non relu

Svenskan som skriftsprak, p

V objection supposee. La suspension. U exclamation. L apostrophe . La question.

L'objection supposee est visiblement une manoeuvre destinee a eclairer la marche de la pensee. On veut avoir devant soi une opinion qu'on desire refuter.

La suspension brusque laisse a I'auditeur le soin d'imaginer le reste, lequel pent par suite apparaitre avec plus de relief que si le sens avait ete acheve. La pensee s'eveille, comme le meunier quand son moulin s'arrete.

Une question, une apostrophe ou une exclamation font appel a I'auditeur et I'invitent a mettre sa propre pensee en activite. Elles offrent quelques-uns des avantages du dialogue et facilitent la discussion des idees. En outre elles creent une situation determinee, ce qui est parfois necessaire. Certaines choses ne se disent guere sans qu'une situation determinee y invite. Pour certaines choses il est besoin d'un ami a qui Ton parle en tete a tete. Le « vous » qui introduit I'apostrophe ne designe pas toujours le lecteur. Au contraire, I'auteur s'en sertquelquefois pour se detourner du lecteur et s'adresser a un confident. Le lecteur a le droit d'ecouter, cela est vrai, mais ce qui est dit est cependant dit au confident et est moins profane que si on le disait au public. Ou bien « vous » pent etre quelqu'un en general, un synonyme de « on ». Ou bien c'est un inconnu pris dans le tas et que I'auteur, tout enlier a son expose, prend par la boutonniere pour lui faire une demonstration, sans presque le voir. La situation pent done etre fort variee. Quand le poete s'adresse a Frithiof pour lui dire : « Dirige ta barque de ce cote; la tu trouveras une mer plus calme, un port », ce n'est peut-etre pas Esaias Tegner

en personne qui interpelle son heros ; c'est plutot le poete ([ui s'est identifie par I'imagination a un guide, a un compagnon du heros, et en meme temps a sibien fait entrerle lecteur dans la situation que celuici se figure iui-meme etre aux cotes de Frithiof.

Les figures dont il est question ici me paraissent servir a maintenir les representations en repos devant I'aperception. Apres une exclamation, une apostrophe, une question, il se produit, non seulement au point de vue de la rhetorique, mais reellement et dans la pensee, une pause, un moment de silence et de calme, accompagne de ce coup d'oeil etendu qui caracterise I'aperception synthetique. « Pensez » ! « Imaginez done » ! nous disent toutes ces figures, sur un ton qui tantot exhorte, provoque presque, et tantot invite a la contemplation. EUes ne sont pas toujours d'une grande delicatesse et servent parfois tout simplement a prendre ses aises, mais elles accomplissent toujours leur tache theoretique. II me suffira de rappeler I'importance pedagogique de la forme interrogative.

La tautologie.

Sous la rubrique « tautologie » le linguiste suedois A. Noreen a, dans ses tres interessantes Spridda Studier'^, pris la defense de la repetition en certains cas : l°*en tant qu'auxiliaire stylistique que Ton emploie dans un but esthetique pour produire un plus grand effet, comme quand Runeberg dans Vcirt Land emploie Tadverbe hiir « ici » quinze fois d'affilee ; 2° comme auxiliaire linguistique, afin de determiner avec plus de precision et de rendre plus claire I'expression d'abord employee : la definition rentre dans cette

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