LES MOYENS MIMIQUES
de bonne humeur, mais je ne sais si cela provient du beau tfimps ou d'une bonne nouvelle.
En supposant cependant que les moyens mimiques sent appuyes par les mots, on peut dire, d'autie part, que ces moyens rendent les representations d'une fagon beaucoup plus precise que les mots le peuvent jamais faire. Une fois que les mots nous ont designe un certain cercle de representations, les nuances peuvent apparaitre dans ce cercle avec plus de nettete au moyen de la niimique. Si une personne parle d'une autre, elle peut modifier par la mimique son jugement sur cette derniere avec plus de precision et de surete (jue par les mots seuls. Si bien qu'elle s'exprime en paroles, elle no parviendra guere par ce moyen a rencontrer justement le degre voulu d'approbation et de reserve, mais elle y arrive avec le ton et le geste. Dans la langue ecrite, c'est principalement le rythme qui rend Ja mimique.
On ne peut contester que le rythme renseigne sur la personne qui parle ou qui ecrit. Cependant il ne parle pas seulement du sujet, mais aussi de I'objet. Le rythme peint parfois fort bien. Les San^e ved Havet^ du poete danois Drachmann nous donnent I'impression du mouvement des vagues sans description, et cela avec une infinite de nuances. Le rythme est imitatif. II peut representer, au point qu'un aveugle le verrait, ou bien une gracieuse jeune fille dansant sur la scene, ou bien un prelat faisant majestueusement son entree dans le temple. Si le poete n'a pas -pu, a I'aide de Tintonation rythmique, s'acquitter d'une bonne partie de sa description, la tache qui lui reste ne sera pas petite.
Le rythme n'imite pas seulement ce qui comporte de