Le mot Epichérème (ii:\, x«ip
avait dans l'antiquité des acceptioDS trc8-dive?'3e8, que Quintilien pasi>e en revue au livre V de son Inatitution oratoire.
TROISIÈSIF. TARTIE.
raveiit nécei5saire, (]uand oaen avanoo de doutouaes, 'y joindre en niÈme Icmps des preuves pour empÈcher impaLioDce de ceux à qui l'on parle, qui se blessent lelquofois lorsqu'on prétend les persuader par des railuB qui leur paraissent fausses ou douteuses ; car, loigiie l'on y remédie dans la suite, néanmoins U est mgereux de produire, même pour un peu de temps, ce lût dans leur esprit : et ainsi, il vaut beaucoup mieux les preuves suivent immédiatement ces propositions lUteuses, que non pas qu'elles en soient séparées. Celte paration prodidt encore un autre inconvénient bien Hjommode, c'est qu'on est obligé de répéter la proposi- Dn que l'on veut prouver. C'est pourquoi, au lieu que méthode de l'école est de proposer l'argument entier, «nsuite de prouver laproposllion qui reçoit difficulté, le que l'on suit dans les discours ordinaires est de ndre aux propositions douteuses lea preuves qiii les bblissent, ce qui fait une espt^ce d'ar^ment composé plusieurs propositions : car à la majeure on joint les mves de la majeure, àla mineure les preuves de lami-
I, et ensuite on conclut.
L'on peut réduire ainsi toute l'oraison pour Milon à un piment composé, dont la majeure est qu'il est permis tuer celui qui nous dresse des einljûches. Les p oelte majeure se tirent de la loi naturelle, du droit di ns, des exemples. La mineure est queClodiiis a dressé s embûches K Milon, et les preuves de la mineure sonj juipagu de Clodius, sa suite, etc. La conclusion es^ 'il a donc été permis à Milon de le tuer.
Le péché originel se prouverait par lea misères de Fants, selon la niélliode dialectique, enccllomati^re. Ifisenfautsnesauraieul être misérables qu'en punition quelque péché qu'ils tireut de leur naissance; or, ils ml misérables ; donc c'est à cause du péché originel. Knsuite, il faudrait prouver la majeure et la mineure ; la iiiiijeure, par cet argument disjonctif : la mlshve des Olifants ne peut procéder que de l'une de ces quati'e les péchés précédents commis en une
vie; 2° de rimpuissance do Dieu, qui n'avait pas le pouvoir de les en garantir ; 3° de l'injustice de Dieu, qui les asservirait sans sujet; 4° du péché originel. Or, il est impie de dire qu'elle vienne des trois premières causes ; elle ne peut donc venir que de la quatrième, qui est le péché originel * .
La mineure, que les enfants sont misérables, se prouverait par le dénombrement de leurs misères.
Mais il est aisé de voir combien saint Augustin a proposé celte preuve du péché originel avec plus de grâce et de force, en la renfermant dans un argument composé en cette sorte.
« Considérez la multitude et la grandeur des maux qui accablent les enfants, et combien les premières années de leur vie sont remplies de vanité, de souffrances, d'illusions, de frayeurs; ensuite, lorsqu'ils sont devenus grands, et qu'ils commencent même à servir Dieu, l'erreur les tente pour les séduire, le travail et la douleur les tentent pour les affaiblir, la concupiscence les tente pour les enllaFnmer, la tristesse les tente pour les abattre, l'orgueil les tente pour les élever; et qui pourrait représenter, en peu de paroles, tant de diverses peines qui appesantissent le joug des enfants d'Adam? L'évidence de ces misères a forcéles philosophespaïens, quine savaient et ne croyaient rien du péché de notre premier père, de dire que nous n'étions nés que pour souffrir les châtiments que nous avions mérités par quelques crimes commis en une autre vie que celle-ci, et qu'ainsi nos âmes avaient été attachées à des corps corruptibles, par le môme genre de supplice que des tyrans de Toscane faisaient souffrir à ceux qu'ils attachaient tout vivants avec des corps morts. Mais cette opinion, que les âmes sont jointes à des corps en punition des fautes précédentes d'une autre vie, est rejetée par l'Apôtre. Que reste-t-il donc, sinon que la cause de ces maux effroyables soit ou l'injustice ou Tim-
1. L'argumentation d'Arnauld est d'ailleurs peu concluante, car elle pourrait s'appliquer aux animaux;
quelque animal a-t-il autrefois mangé, comme disait Malobranchc, du foin défendu ?
thoisiEme partie. 223
fcniissanco de Dieu, ou ht peine du premier pi^clié de Tltiomme? Mais, parce que Dieu n'est ni injuste ni impuissant, il ne reste plus que ce que voua ne voulez pas reconnaître, mais qu'il faut pourtant que vous reconnaia- ! malgré vous, que ce Joug si pesaat, que les enfants St'Adam sont oliUgâs déporter depuis que leurs corps ' int sortis du sein de leur m6re, justju'au jour qu'ils mirent dans le sein de leur mère commune, qui est la re, n'aurait point él^., s'ils ne l'avaient méritiî par le brime qu'ils tirent de leur origine', n