CHAPITRE XVr
SES DILtlUUES,
t On peut dérinlr un dilcmraeun raisonnement composé, PÈ8 avoir divisé un tout en ses parties, on conclut Ifirmalivement bu négativement du tout co qu'on a jdolu de chaque partie'.
; ce qu'on a conclu de chaque partie, et non pas
sulemenl ce qu'on en aurait affirmé ; car on n'appelle
fcroprement dilemme que quand co que l'on dit de chaque
*e est appuyé de 8a raison parliculiÈpe,
r exemple, ayant à prouver qu'on ne saitrail être
lureux en ce monde, on peut le faire par ce dilemme :
~» ne peut vivre en ce monde qu'en n'abandonnant à ses iasions ou en les combattûnt.
ii on s'y abandonne, c'est un état malheureux, parce if est /iimleuo!, etgu'on ne saurait y être content ; Si un les combat, c'est aussi un état malheureux, parce u'il n'y a rien de plus pènilik que cette guerre intérieure
t continuellement obligé du se faire à soi-même: Il ne peut itoiic y avoir en celle via de véritable bonheur.
li. ConliiiJuliaAiimp'laeianu'ii,]!
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Si Ton veut prouver que les évêques qui ne travaillent point au salut des âmes qui lew* sont commises sont inexcusables devant Dieu^ on peut le faire par ce dilemme :
Ou ils sont capables de cette charge, ou ils en sont incor pables :
S'ils en sont capables, ils sont inexcusables de ne pas s'y emploj/er;
S'ils en sont incapables j ils sont inexcusables d'avoir accepté une charge si importante dont ils ne pouvaient pas s'acquitter;
Et par conséquent, en quelque manière que ce soit, ils sont inexcusables devant Dieu, s'ils ne travaillent au salut des âmes qui leur sont commises.
Mais on peut faire quelques observations sur ces sortes de raisonnements.
La première est que Ton n'exprime pas toujours toutes les propositions qui y entrent : car, par exemple, le dilemme que nous venons de proposer est renfermé dans ce peu de paroles d'une harangue de saint Charles^, & l'entrée de l'un de ses conciles provinciaux : Si tanto muneri impares, cur tam ambitiosi? si pares, cur tam négligentes ?
Ainsi, il y a beaucoup de choses sous-entendues dans ce dilemme célèbre par lequel un ancien philosophe prouvait qu'on ne devait point se mêler des affaires de la république :
'Si on y agit bien, on offensera les hommes; si on y agit mal, on offensera les dieux : donc on ne doit pas s'en mêler.
Et de môme en celui par lequel un autre' prouvait qu'il ne fallait pas se marier : Si la femme quon épouse est belle^ elle cause de la jalousie; si elle est laide^ elle déplaît : donc il ne faut pas se marier.
Car, dans l'un et l'autre de ces dilemmes, la proposition qui devait contenir la partition est-entendue; et
\ . Saint Charles Borroméo, cardinal archevêque de Milan, né en i538, mort en 1584.