TROISIÈME PARTIE
|çuds OQ peul rapporter toutes les preuves dont on se f sert dans les diverses matières qLie l'on traite; et la paritie de la logicpie qu'ils appellent invention n'est autre I chose que ce qu'ils enseignent de ces lieux ^
Rimus fait une querelle sur ce Bujat ï AtistotB et aux philoeoiilies !e l'école, parce qu'ils Unileat des lieux apiis aïoir donné les rbgki ' iB srgumeatB, et il pi'étend contre eux qu'il faut expliquer lea lieux et te qui regarde l'inTention avant que de traiter de ces règles.
hi raison de Ramus est, que l'on doit avoir trouvé la matière avant i[ae da soni^Br ï la dieposer.
K Dr, l'explication des tienx enseigne \ tronrer cette matière, au lien gne les règles des arguments n'en peuvent apprendre que ta dispoetllun. k Hais celle raison eat très-faible, parce qu'encore qu'il soit nécessaire ^e la muliËre soil trouvée pour la disposer, il n'est pas nécessaire aésit. jnoias d'apprendre i trouver la matière avant d'avoir appris II la disposer : <ar, ponr apprendre ï disposer la matière,. U sufQt d'avoir certaines ma^ Klièraa générales pour servir d'exeoipleaj or, l'eiprit et le sens commua 'S asaei. Bans qu'il soit besoin d'en emprimtei , e Diélliode. Il est donc vrai qn'il Tant avoit une
natibre pour y appliquer les règles des argumenls; maisil est fau qu'il ■lit nécessaire de trouver celte malière par la méthode des lieux. V On pourrait dire, an contraire, que comme on prétend enseigner daoi as lieu l'art de tirer des arguments et des s]l!DgismeB, il n'eal nécessaire Ig savoir auparavant ce que c'est qu'argument et syllogisme; mais OQ Bourrais pent-6tre aussi lépondre que la nature seule nous fournil une ^nDaissance générale de ce que c'est que raisonnera eut, qui suflit ponr pnlenilrfl ce qu'on en dit en parlant des lieux. , Il est donc assez inutile de se mettre en peine en quel ordre on Lt traiter des lieux, puisque c'est une chose à peu près iodiQérenle; 'g tl serait peut-être plus utile d'eiamlner s'il ne serait pas plus ï Kropos de n'en point traiter du tout.
t. Ou sait que les anciens ont fait on grand mystère do cette méthode, tl que Cicérou la préfère mène à toute la dialectique, telle qu'elle était IDseigtiée par les ato'icieus, parce qu'ils ne parlaient point des lieux. "Xiissona, dit-il, tonte celte science, qui ne nous dit rien de l'art de trouver des argnoients et qui ne nous fait que trop da discours pour nous instruire ti en juger : iilani arlrm. totam nlinquamu» ipuv in acogitandit argumentia muli Hintium tal, injtiicandit nimirum laqvaaK Quintilicn et . . tons les autres rhétoriciens, Arislote et tous les pliilosopiies eu parlent e même ; de sorte que l'on aurait peine à n'être pas de leur seotimeot, '. l'uipériance générale n'y paraissait entièrement opposée.
Ou peut eu prendre è témoiu p:
le autant de personnes qu'il ; en
mSnie thi'l' ï. Dt braliire. », 3S.
•JiîS LOGIQUE.
;j rjîii eut passé par le cours ordinaire des études, et qui ont appris de Cille iiit'lliodf artilinclle de trouver des preuves ce qu'on en apprend d.iMs IfS «'dllt'jros; car, y en a-t-il un seul qui puiîJse dire véritablement qui', lorsqu'il a été ohlipé de traiter quelque sujet, il ait fait réflexion sur CCS lieux et y ait cherché les raisons qui lui étaient nécessaires? Ou'on cunsultc tant d'avocats et de prédicateurs qui sont au monde, tant de {lùiis qui parlent et qui écrivent, et qui ont toujours de la matière de reste; et je ne sais si on en pourra trouver quelqu'un qui ait jamais ])ensé k faire un ar^Miment a causa, ab effectu, ab adjunctis, pour prouver ce qu'il désirait prrsiiadcr.
Aussi, quoiciue Quintilien fasse paraître de l'estime pour cet art, il est obli}.'é néanmoins de reconnaître qu'il ne faut pas, lorsqu'on traite une nialiùre, aller fra[)i»er à la porte de tous ces lieux pour en tirer des ar- Hiunt'uts et des preuves. lUud, quoque, dit-il, studiusi eloquentiœ cogitent Hun e$si>, qnnm jirupvsita fueht materia dicendiy scrutanda siugula et velut oMialim inlsnnda, ut sciant an ad id probandum quod intendimus, forte n.<pundtant^.
11 osl vrai que tous les arguments qu'on fait sur chaque sujet peuvent se rapporter à ces chefs et à ces termes gént'raux qu'on appelle lieux; mais ce n'est point par cette mélhode qu'on les trouve. La nature, la considération attentive du sujet, la connaissance des diverses vérités, les fait ])roduire, et ensuite l'art les rapporte à certains genres, de sorte que l'on peut dire véritablement des lieux ce que saint Augustin dit eu général des préceptes de la rhétorique. On trouve,, dit-il, que les règles de l'éloquence sont observées dans les discours des personnes éloquentes, quoiqu'ils n'y pensent pas en les faisant, soit qu'ils les sachent, soit qu'ils les ignorent. Us pratiquent ces règles, parce qu'ils sont éloquents ; mais ils ne s'en servent pas pour être éloquents : Implent quippe illa, quia sunt éloquentes, non adhibent utsint éloquentes^.
L'on marche natm*ellement, comme ce môme Père le remarque en un autre endroit, et en marchant on fait certains mouvements réglés du corps; mais il ne servirait de rien, pour apprendre à marcher, de dire, par exemple, qu'il faut envoyer de§ esprits en certains nerfs, remuer