Aruauld mêle ici h tort le point
de vue théorique et le point do vue pratique.
3. Arnauld aime h rappeler saint Augustin à propos du cogitOy ergo sum, comme il le ût dans ses objections aux Méditations de Descartes.
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et do cette oonnaiasance claire, certaine et indubitable, il peut en former une règle pour approuver comme vraies toutes les pensées qu'il trouvera claires, comme celle-là lui parait'.
n est impossible de môme de douter de ses perceplioQB, en les séparant do leur objet : qu'il y ait ou qu'il n'y ait pas un soleil et une terre, il m'est certain que je m'imagine en voir un ; il m'est certain que je doute, ■lorsque je doute ; que je crois voir, lorsque je crois voir ; ique je crois entendre, lorsque je crois entendre : et ainsi des autres : de sorte qu'en se renfermant dans son esprit seul, et en y c(Jnsidérant ce qui s'y passe, on y trouvera
e infinité de connaissances claires et dont il est impossible de douter*.
Cette considération peut servir à décider une autre question que l'on fait sur ce sujet, qui est, si les clioses
Kie l'on ne connaît que par l'esprit sont plus ou moins rtainos que celles que l'on connaît par les sens ; car il «st clair, par ce que nous venons de dire, que nous sonâmes plus assurés de nos percejitions et de nos idées, iÇue nous ne voyons que par une réflexion d'esprit, que Qoas ne le sommes de tous les objets de nos sens. L'on peut dire même qu'encore que les sens ne nous trom- 4)ent pas toujours dans le rapport qu'ils nous font', néanmoins la certitude que nous avons qu'ils ne nous trompent pas ne vient pas des sens, mais d'une réflexion de l'esprit, par laquelle nous discernons quand nous devons croire et quand nous ne devons pas croire les
as.
Et c'est [pourquoi il faut avouer que suint Augustin a 3;a raison de soutenir, après Platon, que le jugement de la viirité et la règle pour la discerner n'appartiennent point aux sens, mais à l'esprit : Non est judicium veri- ■ latù m sensibus; et que même cette certitude que l'on
B. TODtoi cas riOiilDiu Mbl pi
peut tirer des sens ne s'étend pas bien loin, et qu'il y a plusieurs choses que l'on peut savoir par les sens, et dtnit on no peut pas dire que l'on ait une assurance enlièri».
Par exemple, on peut bien savoir par les sens qu'un tel corps est plus grand qu'un autre corps ; mais on ne saurait savoir avec certitude quelle est la grandeur véritable et naturelle de chaque corps * ; et, pour comprendre cela, il n'y a qu'à considérer que si tout le monde n'avait jamais regardé les objets extérieurs qu'avec des lunettes qui les grossissent, il est certain qu'on ne se serait figuré les corps et toutes les mesuras des corps que selon la grandeur dans laquelle ils nous auraient été représentés par ces lunettes : or, nos yeux mêmes sont des lunettes, et nous ne savons pas précisément s'ils ne diminuent point ou n'augmentent point les objets que nous voyons, et si les lunettes artificielles, que nous croyons les diminuer ou les augmenter, ne les établissent point, au contraire, dans leur grandeur véritable ; et partant, on ne connaît pas certainement la grandeur absolue et naturelle de chaque corps.
On ne sîiit point aussi si nous les voyons de la même grandeur que les autres hommes : car encore que deux personnes les mesurant conviennent ensemble qu'un certain corps n'a, par exemple, que cinq pieds, néanmoins ce que l'on conçoit par un pied n'est peut-être pas ce que l'autre conçoit: car l'un conçoit ce que ses yeux lui rapportent, et un autre de môme : or, peut-être que les yeux de l'un ne lui rapportent pas la même chose que ce que les yeux des autres leur représentent, parce que ce sont des lunettes autrement taillées.
Il y a pourtant beaucoup d'apparence que cette diver-
i. Cette question n'a pas de sens, il n'existe point de grandeur véritable, naturelle^ absolue, puisque la grandeur est un rapport. Tout est grand ou petit selon le point de comparaison. — Arnauld semble ici se m ('i)i rendre sur io sens des spécula tit.uij i>blon!cionnC3 reproduites par
saint Augustin. Platon parle de la grandeur en soi, de la grandeur absolue ; mais il n'entend point par là la grandeur absolue d'un objet visible ; il entend le principe absolu qui rend possible, dans l'éternelle réalité, toutes les relations de grandeur, ou Vidée de ia grandeur.