‹ La logique de Port RoyalChapitre 158 sur 170 · Jean Morin (1591-1659), prêtre de l'Oratoire · texte numérisé non relu

Jean Morin (1591-1659), prêtre de l'Oratoire

7. Eusèbe (267-338), évoque de Côsnrée, auteur d'une histoire ecclésiastique.

OUATRIÈME PARTIE, il n'y a aucune apparence qu'un homme aussi liEibJIc qu'Cusèbe eût osé mentir en rapportant une clioso aussi célÈbre qu'était lebaptêmedupremîerempereurqui avait rendu la liberté à l'EgliBe, et (jui devait Être connue de toute la terre lorsqu'il l'écrivait, puisque ce n'étail que quatre ou cinq uns après la mort de cet empereur ' .

H y a" néanmoins une exception à cette règle, danslaquelle ondoitse contenter de la possibilité et de la vraisemblance ; c'est quand un fait, qui est d'ailleurs suffis.imment attesta, est combattu par des inconvénients et des coutrarifitéa apparentes avec d'autres bistûires : caralors il BufBt que les solutions qu'on apporte à ces contrariétés soienlpoasîbles et vraisemblables ; et c'est a^ contre la raison que d'en demander des preuves posilives,parcequele faiten EOi étant suffisamment prouvé, il n'est pas juste de demander qu'on en prouve de la " môme sori e toutes les circonstaucea : autrement on pourrait douter de mille bistoires très-assurées qu'on ne peut accorder avec d'autres qui ne le sont pas moina que par des conjectures qu'il est impossible de prouver positivement.

On ne saurait, par exemple, accorder ce qui est rapporté dans les Livres des Itois et dans ceux des Paralipomènes dos anni^s des règnes de divers rois ds Juda el dlsrael, qu'en donnant à quelques-uns de ces rois deux commencements de règne,run, du vivant^ et l'autre aprèsla mort de leurs pères. Que si l'on demande quelle preuve on a qu'un tel roi ait régné quelque temps avec son pi^re, il fautavouerqu'onn'ona pointde positive; mais tt 6uHU que ce soit une chose possible, et qui est arrivée assez souvent en d'autres rencontres , pour avoii" droit do la supposer comme une circonstance nécessaire pour allier dos bistoires d'ailleurs très-certaines.

C'est pourquoi il n'y a rien de plus ridicule que les efforts qu'ont laits quelques bérâli(]ue3 de co dernier siècle

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pour prouverque saîntPierre n'a jamais étéàRome.Ils ne peuvent nier que cette vérité ne soit attestée par tous les auteurs eccl(?siastiques, et même les plus anciens, comme Papias, saint Denis de Corinthe, Caïus, saint Irénée,Tertullien, sans qu'il s'en trouve aucun qui Tait niée; et néanmoins ils s'imaginent pouvoir la ruiner par des conjectures, comme par exemple, que saint Paul ne fait pa^ mention de saint Pierre dans ses Épîtres écrites de Rome; et quand on leur répond que saint Pierre pouvait être alors hors de Rome, parce qu'on ne prétend pas qu'il y ait été tellement attaché qu'il n'en soit souvent sorti pour aller prôcher l'Évangile en d'autres lieux, ils répliquent que cela se dit sans preuve : ce qui est impertinent, parce que le fait qu'ils contestent étant une des vérités les plus assurées de l'histoire ecclésiastique, c'est à ceux qui le comhattent de faire voir qu'il contient des contrariétés avec l'Écriture, et il suffit à ceux qui le soutiennent de résoudre ces prétendues contrariétés comme on fait celles de l'Écriture môme, à quoi nous avons montré que la possibilité suffisait.

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