Erasme, né en 1467 à Rotterdam
mort en 1536. Ses principaux ouvrages sont V Eloge de la folie et les Colloques.
4. Pierre de la Ramée (en latin, Hamus), né en 1515 à Gutli en Vermandois, avait embrassé la Réforme, et fut tué dans la nuit de la Saint-Barthélomy.
dont les livres de philnsophie sont remplis. Il y eo a qni sont ïsae: jnÉpflséeK par ceui mËine$ qui le» Iraitejit, el il y en n, an contraire, qui sont cÉlËhrcs cl aulorisées, el qui ont beaucoup de cours dans les écrits de personnes d'ailleurs ealimahles.
n semble que c'est un devoir auquel dd est obligé à l'égard de c«a opiDions communes et célèbres, quelque tauaacs qu'au les croiu, de nu pas ignorer ce qn'on en dit. Ou doit cette wïilité, ou plutôt cette justice, 9CU à la fausseté, car elle n'en mérite point, mais aux hommes qui en sont préïemiK, de na pas rejeter ce qu'ils estiment sans l'examineii et ainsi il est raisonnable d'acheter, par la peiue d'apprendre ces questions, le droit de les mépriser.
Mais on a plus de liberté dans les premières; el celles de logique, que notiE avauE cru devoir omettre, sont de ce genre : elles ont cela de commode qu'elles ont peu de crédit, non-seulement dans le monde od elles sont inconnues, mais parai ceux-là mËme qui les enseignent. Personne, Dieu merci, ne prend intérêt à l'aniverBel u parie tri, 6 l'être Û» raison, ni aux secondes intentions ; et ainsi on n'a pas li prébender qite quelqu'un se clioquc de ce qu'on n'en parle point; outre que ces matières sont si peu propres b Être mises en rrait(;ais, qu'elles auraient été plus capables de décrier la plillosephic de l'âcolc qae de la Taire estimer.
Il est bon aussi d'avertir qu'on s'est dispensé de suivre toujours le règles d'ime métbode tout i fait exacte, ayant mis beaucoup de eboscs dans 11 quatrième partie, qu'on aurait pu rapporter ^ la seconde et k la troisième ; mais on l'a fait !i dessein, parce qu'on a jugé qu'il était utile de voir en un même lieu tant ce qni était nécessaire pour rendre nna sûence parfaite; ce qui est le plus grand ouvrage de 1^ métbode dont on traite dans la quatrième partie et c'est pour cette raison qu'o réaerv4 de parler en ce lieu-là des axiomes et des démonstrations.
Xtââ a peu pria les vues que l'on a eues dans cette logique. Peutttre qu'avec tout cela il y aura fort peu de personnes qui en prolllent An qui s'a perroi vent du fruit qu'elles en tireront, parce qu'un ni ' plique guère d'ordinaire, à mettre en usage des préceptes par t Oeiiona expresses: mais on espère néanmoins que ceux qui l'nuranl lua avec qnelque soin pourront en prendre une teintnro qui les rendra plus exacts et [dus solides dans leurs jugements, sans même qu'ils ; pensent, comme il j a de cerlaios remèdes qui guérissent des mani, en angmentant la vipeur et en fortiliant les parties. Quoi qu'il en soit, m moïna n'incommodera-t-elle pas longtemps personoe, ceux qui sont -im peu avancés pouvant la lire et apprendre en sept oii ïuit jours : et il est difHcile que, contenant une si grande diversité de cijoses, chacun D'y trouve de quoi se payer de la peine de sa leulure.
CONTENANT LA RÉPONSE AUX PRINCIPALES OBJECTIONS qu'on à faites contre CETTE LOGIQUE.
Tous ceux qui se portent à faire part au public de quelques ouvrages doivent en môme temps se résoudre à avoir autant de juges que de lecteurs, et cette condition ne doit leur paraître ni injuste ni onéreuse; car, s'ils sont vrainnent désintéressés, ils doivent en avoir abandonné la propriété en les rendant publics, et les regarder ensuite avec la môme indifférence qu'ils feraient des ouvrages étrangers ^
Le seul droit qu'ils peuvent s'y réserver légitimement est celui de corriger ce qu'il y aurait de défectueux, à quoi ces divers jugements qu'on fait des livres sont extrêmement avantageux ; car ils sont toujours utiles lorsqu'ils sont justes, et ils ne nuisent de rien lorsqu'ils sont injustes, parce qu'il est permis de ne pas les suivre.
La prudence veut néanmoins qu'en plusieurs rencontres on s'accommode à ces jugements qui ne nous semblent pas justes ; parce que, s'ils ne nous font pas voir que ce qu'on reprend soit mauvais, ils nous font voir au moins qu'il n'est pas proportionné à l'esprit de ceux qui le reprennent. Or, il est sans doute meilleur, lorsqu'on peut le faire sans tomber en quelque plus grand inconvénient, de choisir un tempérament si juste, qu'en contentant les personnes judicieuses, on ne mécontente pas ceux qui ont le jugement moins exact ; puisque l'on ne doit pas supposer qu'on n'aura que des lecteurs habiles et intelligents.
Ainsi il serait à désirer qu'on ne considérât les premières éditions des livres que comme des essais informes
1. Réflexion d'qno haute moralité que les écrivains devraient toujours avoir présente & l'esprit; c'est pour
ainsi dire la règle du désintérosseraent littéraire.
que ceiis qiii en sont nutcurs propûsent aux personnes de loltrcB pour ca apprendre leurs seaLîments, el qu'ensuite, sur les différentes vues que leur donneraient ces dîITérenles pensées, ils y travaillassent tout de nouveau pour mettre leurs ouvrages dans la perfection où Us sont capables de les porter'.
C'est la conduite qu'on aurait bien tlésiré de suivre dans la seconde édition de cette Logique, si l'on avait ap^is plus de choses de ce qu'on a dit dans le monde de la pi-emiÈre. On a fait néanmoins ce qu'on a pu, et l'on a ajouté, retranché et corrigé plusieurs choses, aiùvant les pensées de ceux qui ont en la bonté de faire savoir ce qu'ils y trouvaient fi redire.
El premîtremeat, pour le langage, on a sait i presque en tout les avis de deux pcraounes, qui ëb EOat donné la peine de renianiaer quelques bnlea qnt s'y étaient glisséSB par mégarde, et ccitaines ei|jh!e£ioas qu'Ue ne croyaient pas itre du bon usage; et l'ou ne «'eal diapenH^ de {^albcher k leurs aentimeuta que lorsqu'e^i ayant consulté d'aulrcs, on a tnayi les opinions purtafics, aaquul cas on a cru qu'il Élait parmis de pffi^Nlc pirli da la liberté.
On trouvera plua d'additions qne de clisngements on de retpsnehe' meots pour les clioaea, parce qu'on a été moins averti de ce qu'au y reprenait. 11 cal vrai néanmoins que l'on a au quelques objections géuéralea qu'on fiilaail contre ce ligi-e, aiiiqucllos ou n'a pt/is cru dovolr a'arrttsr, parce qu'on s'est persuadé que ceux niâmes qui les raisaienl «firent ai BéiDiint salisraits, loraqn'on lear aurait repasse nté les raîauns
St^ra Bfiues en vue dans les cboaei qu'ils bUnialent; et c'ett pourquoi tt\ iDiilUe de répondre ici ani principales do ces objections. Il i'eti trouvé des personnes qui ont été choquées du lllrS d'nrl ia ftnttr, »a lieu duquel elles voulaieul qu'on mit l'url <Ia iiin rat'sonMr .' mais un les pria de considérer que, la loglqua ayant pour but de donner dot rèeles pour toutes les actions de l'esprit, el ausai bien pour lei idéas simples que pour les jugements et pour les raison neinents, 11 n'ï a«aU gaèie d'uulre mol qui cnfermll (eûtes cas dilTéreoUs actinos ; et cerlaiuciaeiit celui de pensée les comprend louios: c&r les simples Id^ea aoDl des pai\siÏBs, les jngemeots «ont det peories, et les raisonneuicntâ eoul im iienôécE. 11 est vrai que l'on eût pu dire, l'art dt 61en pmier; WBl4 cette addition n'était pas néccisairc, élanl assci inurquée par le mot d'art, qui slgnitio do soi-mémo une mêtbade de bioii [aire quoique ehoM, coinuie ArUtot« même le remarque ; et r.'csl pourquoi on se
k iiiiD niùthodo a lu toïi mn- 1 tmp pcii «iilvia, saut trauét nxu an< tllOrnii'O iiiOi les pricsplua, | raru Bajjucild.
. contente de dire «l'art de peindre, l'art de conter, » parce qu'on suppose qu'il ne faut point d'art pour mal peindre ni pour mal conter.
On a fait une objection beaucoup plus considérable contre cette multitude de choses tirées de différentes sciences que l'on trouve daflfs cette Logique ; et, parce qu'elle en attaque tout le dessein, et nous donne ainsi lieu de l'expliquer, il est nécessaire de l'examiner avec plus de Boin. — A quoi bon, disent-ils, toute cette bigarrure de rhétorique, de morale, de physique, de métaphysique, de géométrie ? Lorsque nous pensons trouver des préceptes de logique, on nous transporte tout d'un coup dans les plus hautes sciences, sans s'être informé si nous les avions apprises. Ne devait-on pas supposer, au contraire, que si nous avions déjà toutes ces connaissances, nous n'aurions pas besoin de cette Logique ? Et n'eùt-il pas mieux valu nous en donner une toute simple et toute nue, où les règles fussent expliquées par des exemples tirés des choses communes, que de les embarrasser de tant de matières qui les étouffent?
Mais ceux qui raisonnent de cette sorte n'ont pas assez considéré qu'un livre ne saurait guère avoir de plus grand défaut que de n'être pas lu, puisqu'il ne sert qu'à ceux qui le lisent ; et qu'ainsi tout ce qui contribue à faire lire un livre contribue aussi à le rendre utile. Or, il est certain que, si on avait suivi leur pensée et que l'on eût fait une Logique toute sèche, avec les exemples ordinaires d'animal et de cheval, quelque exacte et quelque méthodique qu'elle eût pu être, elle n'eiU fait qu'augmenter le nombre de tant d'autres, dont le monde est plein, et qui ne se lisent point. Au lieu que c'est justement cet amas de différentes choses qui a donné quelque cours à celle-ci, et qui la fait lire avec un peu moins de chagrin qu'on ne fait les autres.
Mais ce n'est pas là néanmoins la principale vue qu'on a eue dans ce mélange, que d'attirer le monde à la lire, en la rendant plus divertissante que ne le sont les Logiques ordinaires. On prétend, de plus, avoir suivi la voie la plus naturelle et la plus avantageuse de traiter cet art, en remédiant, autant qu'il se pouvait, à un inconvénient qui en rend l'étude presque inutile.
Cai' l'expérience fait voir que, sur mille jeunes gens qui apprennent la logique, il n'y en a pas dix qui en sachent quelque chose six mois après qu'ils ont achevé leurs cours. Or, il semble que la véritable cause de cet oubli ou de cette négligence si. commune soit que, toutes les matières que l'on traite dans la logique étant d'elles-mêmes trèsabstraites et très-éloignées de l'usage, on les joint encore à des exemples peu agréables, et dont on ne parle jamais ailleurs ; et ainsi l'esprit, qui ne s'y attache qu'avec peine, n'a rien qui l'y retienne attaché, et perd aisément toutes les idées qu'il en avait conçues, parce qu'elles ne sont jamais renouvelées par la pratique.
De plus, comme ces exemples communs ne font pas assez comprendre que cet art puisse être appliqué à quelque chose d'utile, ils s'accoutument à renfermer la logique dans la logique, sans l'étendre plus loin, au lieu qu'elle n'est faite que pour servir d'instrument aux autres
•,i même de
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soiijiices; de sorte que, comme ils n'ea ont jamais en <le ils ne k mettent aussi jamais eu usage, et ile sent bien als s'en décharger comme d'ime coimaciiMnce basse et inntile.
Oq a dune cm i^ue le meilleur remède de cet ioceuvênient init de se pas tant séparer qn'on f^t d'ordinaire la logiqne dea autres scieacea anxipielles elle est destinée, et de la joindre tellement, par le moyen des exemples, à das connaisunces solides, que l'on vit en mCme temps les rigles et la pratique ; afin que l'on apprit i juger de ces scieoooa par la logique, et que l'on retint la logique par le moyeu de ces icieuccs.
Ainsi, tant s'en fant que cette diversité puisse itoufter les préceptes, qua rien ne peut plus conlrlhuer à les faire bien entendre, et II les faire mieux retenir, que celle divei'tité, parce qu'ils sont d'eux-mftme» trop Bttbtils pour faire impression sur l'esprit, ai on ne les attache II quelque Chose de plus agréable et de plus sensible.
Pour rendra ce mélange pins utile, on n'a pas emprunté au hasard des exemples de ces sciences; mais on en a choisi les points les plus iinpoclanls, et qui pouvaient le plus servir de règles et do principes, pour tiouver la TËrité duns les autres matières que l'on n'a pu traiter.
On a considéré, par exemple, eu ce qui regarde la rhétorique, que le secours qu'on pouvait en tirer pour trouver des pensées, des eipres- Elom et des emhellissenienls, n'étail pas si consld érable i L'etpiit fournit iKts de pensées, l'nsage donne les expressions; et pour les llgurCB et les Proemeols, ou n'en a toujours que trop. Ainsi, tout consiste presque k s'éloigner de certaines mauvaises manières d'écrire et de parier, et siirtant d'un etjle artiQdel et rhétoricien, composé do pensées Fausses et hyperboliijues, et de figures forcées, qui est le pins grand île tous les vices. Or, l'oD trouvera peut-être autant de choses utiles dans cette Logique pour connaître et pour éviter ces défauts, que dans les livres qui en trnilent expresse ment. Le chapitre dernier de l« première partie, eabiBaot voir la nature du style figuré, apprend en même temps l'usagg ■lue l'on doit en lûro, et découvre la vi'aie règle par laquelle on doit iliacemer les bonnes et les mauvaises Dgiiref. Celui ob l'on traite des licnx en général peut beaucoup servir à retrancher l'abondance superflue des pensées communes. L'tirlJcle où l'on parie des mauvais raisonneuienta où l'éloquence engage ingeosiblemeot, en apprenant i ne prendre Jamais pour beau ce qui est faux, propose, en passant, une des
t\m Importantes règles de la véritable rhétorique, et qui peut plosqnc mie Ulre former l'esprit ii une manière d'écrire simple, naturelle et jnâidease. Eiidn, ce que l'on dit dans le même chapitre, du soin que l'on doit avoir de n'irritei' point la malignité de ceux I qni l'on parie, ddnne lieu d'éviter un très-grand nombre de défauts, d'autant plus dan~ gnrenx ([u'ils sont plus difUciles à remarquer.
Pour la uiorale, le sujet principal que l'on traitait n'a pas permis qu'on en iusérâl beaucoup de choses- le crois néanmoins qu'on jugera (piR cP que l'on en voit dans le chapitre des fausses idées des biens et (liH nipoi dans la prciuihc partie, et dans celui des mauvais raisonne-
' mcnts que l'on commet dans la vie civile, est de très-grande étendue, et donne lieu de reconnaître une grande partie des égarements des
hommes.
Il n'y a rien de plus considérable dans la métaphysique que l'origine
. ie nos idées, la séparation des idées spirituelles et des images corpo-
.^relies, la distinction de l'âme et du corps, et les preuves de son im-
•■ mortalité fondées sur cette distinction; et c'est ce que l'on verra assez
amplement traité dans la première et dans la quatrième partie.
On trouvera même en divers lieux la plus grande partie des principes généraux de la physique, qu'il est très-facile d'allier, et l'on pourra ' . tirer assez de lumière de ce que l'on a dit de la pesanteur, des qualités ■ sensibles, des actions des sens, des facultés attractives, des vertus occultes, des formes substantielles, pour se détromper d'une infinité de fausses idées que les préjugés do notre enfance ont laissées dans notre esprit.
Ce n'est pas qu'on puisse se dispenser d'étudier toutes ces choses avec plus de soin dans les livres qui en traitent expressément ; mais on a considéré qu'il y avait plusieurs personnes qui, ne se destinant pas à la théologie, pour laquelle il est nécessaire de savoir exactement la philo- '. Sophie de l'école, qui en est comme la langue, se peuvent contenter d'une connaissance plus générale de ces sciences. Or, encore qu'ils ne puissent pas trouver dans ce livre-ci tout ce qu'ils doivent en apprendre, on peut dire néanmoins avec vérité qu'ils y trouveront presque tout ce qu'ils doivent en retenir.
Ce que l'on objecte, qu'il y a quelques-uns de ces exemples qui ne sont pas assez proportionnés à l'intelligence de ceux qui commencent, n*est véritable qu'à l'égard des exemples de géométrie ; car, pour les autres, ils peuvent être entendus de tous ceux qui ont quelque ouverture d'esprit, quoiqu'ils n'aient jamais rien appris de philosophie : et peut-être même qu'ils seront plus intelligibles à ceux qui n'ont encore aucuns préjugés, qu'à ceux qui auront l'esprit rempli des maximes de la philosophie conamune.
Pour les exemples de géométrie, il est vrai qu'ils ne seront pas compris de tout le monde ; mais ce n'est pas un grand inconvénient, car on ne croit pas qu'on en trouve guère que dans des discours exprès et détachés que l'on peut facilement passer, ou dans des choses assez claires par elles-mêmes, ou assez éclaircies par d'autres exemples, pour n'avoir pas besoin de ceux de géométrie.
Si l'on examine, de plus, les endroits où l'on s'en est servi, on reconnaîtra qu'il était difficile d'en trouver d'autres qui y fussent aussi propres, n'y ayant guère que cette science qui puisse fournir des idées bien nettes et des propositions incontestables.
On a dit, par exemple, en parlant des propriétés réciproques, que c'en était une des triangles rectangles, que le carré de l'hypoténuse est égal au carré des côtés : cela est clair et certain à tous ceux qui l'entendent ; et ceux qui ne l'entendent pas peuvent le supposer, et ne laissent pas dé comprendre la chose à laquelle on applique cet exemple.
Mais, si l'on eOt vmilu ss wvie â« celui qu'on apporta d'ordinaire, ^i est i» risîbilité, qne l'on dit être une propriété de rbomnie, ari uM avaai-i une chose assez obscare et trËs-Conteslable; ur, ai l'on naleitA par \t mot risibiiilé 1« panvoir de Taire une cerlatne grimace ipi'on tnil en riani, on ne Yoit ps» pourquoi on ne pourrait paa dresser des btlee II Âùre cette griniQce, et peul-itre mèine qu'il ; en a qui la font. Quu » on entenne dans ce mot, non-aeul entent le cbanjeneat qne ie ris rail dsuE le l'mgi, mtis aussi la pensée qai l'accompagne et qui le produit, «t qu'ainsi l'on entende par riaibilité le pouvoir de rire en pensEinl, toutes les actions des bommea deviendront daa propriétés réciproques on celte tngnière, n'y en ayant point qui ne soient propres à l'homme seul, £1 on les joint arec la pensée. Ainsi, l'on dira qne c'est une propriéti it<i l'bomnie de marcher, de boire, de manger, perce qu'il n'yH que rbomme qui marche, qui boive et qui man^ en pensant : pourvu qu'on l'entende de cette sorle, nous ne manquerons pas d'eiomples de propriétés ; mais encors ne sernnt-lls pas eertsins daue l'esprit de ceux qui attribuent des pensées aui bêles, et qui pourront aussi bien leur iHribuer le ris avec la pentéo ; au lien que celni doal ou s'est servi est certaïQ dans l'esprit do tout le monde.
(In g voulu montrer de même, en un endroit, qn'il j avait des ehesee corporelles que l'un couoevait d'une manière spirituelle et sans se les imlgioer ; et sur cela on a rapporté l'eiemple d'une Bpirfl de mille SDgIas que l'on conçoit oeltemeot par l'esprït, quoiqu'on ne puisse a'en former d'Image distincte qui en représente les propriétés ; et l'on a dit, eu paaiunt, qu'une des propriétés de cette flgure était que tous sca au);lc« éltient égaux i 10S6 angles droits. Il est visible que cet ctample prouve l'ort bien ce qu'un voulait taire toir en cet endroil.
Il DB reste plus qu'i satisrnire à une plainte plus odieuse que qnelques personnes Totil, de c<i qu'on a tiré d'Arislote des exemples de déllnitieu dtteclucuses et do mtnvais raisonuements ; ce qui leur parait niltto d'un désir lecrcl de rabaisser ce philosophe.
Mais ils n'auraient jamais formé un jugement eî peu équitable, »*i1s ïviienl uie» considéré les vraies règles que l'on doit gardej' en eiltol dei exemples de fautei, qui sont celles qu'on i euea en vue «a citant Arist«le.
Premit renient, l'expérience tait voir que la plupart de ceux qu'on propose d'ordinaire seul peu utiles, et demeurent pea dans l'esprit, paceo qu'ils sont formés à plaisir, et qu'ils sont si visibles et si gros- ■iers, que l'on juge comme iinpoaaible d'y tomber. 11 est donc plus avaoûgeui, pour faire rolenir ce qu'on dit de ces défauts, et pour les bire éviter, de choisir des exemples réels tirés de quelque auteur eansidérablo dont ia réputation excite davantapie i se garder de ces uiUs de surprises, dont on voit que les plus grands homme» sont upablea.
l)e plus, comme on doit avoir poor but de ren<fro tout ce qu'on écrit (ubsi viile qu'il peut ret]'e, il faut tllchcr de choisir des exemples de imXvi qu'd Eoit bon de no pas ignurer; câr ce serait fort iuutilenteal
SECONI> DISCOURS.
qu on se chargerait la mémoire de toutes les rôvcries de Flud i, de Van HeJmont > et de Paracelse 3. Il est donc meilleur de chercher de ces exemples dans des auteurs si célèbres, qu'on soit même en quelque sorte obligé d'en connaître jusqu'aux défauts.
Or^ tout cela se rencontre parfaitement dans Aristote; car rien ne peut porter plus puissamment à éviter une faute que de faire voir qu'un si grand esprit y est tombé : et sa philosophie est devenue si célèbre par le grand nombre de personnes de mérite qui l'ont embrassée, que c'est une nécessité de savoir même ce qu'il pourrait y avoir de défectueux. Ainsi, comme l'on jugeait très-utile que ceux qui liraient ce livre apprissent, en passant, divers points de cette philosophie, et que néanmoins il n'est jamais utile de se tromper, on les a rapportés pour les faire connaître, et l'on a marqué en passant le défaut qu'on y trouvait, pour empêcher qu'on ne s'y trompât.
Ce n'est donc pas pour rabaisser Aristote, mais, au contraire, pour l'honorer autant que l'on peut en des choses où Ton n'est pas de son sentiment, que l'on a tiré ces exemples de ses livres ; et il est visible, d'ailleurs, que les points où on l'a repris sont de très-peu d'importance, et ne touchent point le fond de sa philosophie, que l'on n'a eu nulle intention d'attaquer.
Que si l'on n'a pas rapporté de môme plusieurs choses excellentes que l'on trouve partout dans les livres d'Aristote, c'est qu'elles ne se sont pas présentées dans la suite du discours ; mais si on en eût trouvé l'occasion, on l'eut fait avec joie, et l'on n'aurait pas manqué de lui donner les justes louanges qu'il mérite : car il est certain qu'Aristote est en effet un esprit très-vaste et très-étendu, qui découvre dans les sujets qu'il traite un grand nombre de suites et de conséquences; et c'est pourquoi il a très-bien réussi en ce qu'il a dit des passions dans le second livre de sa Rhétorique.
Il y a aussi plusieurs belles choses dans ses livres de politique et de morale, dans les Problèmes et dans l'Histoire des animaux; et quelque confusion que l'on trouve dans ses Analytiques, il faut avouer néanmoins que presque tout ce qu'on sait des règles de la logique est pris de là. De sorte qu'il n'y a point en effet d'auteur dont on ait emprunté plus de choses dans cette Logique, que d'Aristote, puisque le corps des préceptes lui appartient.
Il est vrai qu'il semble que le moins parfait de ses ouvrages soit sa Physique, comme c'est aussi celui qui a été le plus longtemps condamné et défendu dans l'Église, ainsi qu'un savant homme ^ l'a fait voir dans un livre exprès ; mais encore le principal défaut qu'on peut y trouver n'est pas qu'elle soit fausse, mais c'est, au contraire, qu'elle est trop
1. Robert Flud, né dans le comté do Kent en 1574, mort à Londres. Il est l'auteur du J)e supernaturali, naturali, praeternaftirali et contranaturali microcosmi historia.