‹ La logique de Port RoyalChapitre 24 sur 170 · Jean-Baptiôle Vaa Helmont, né à Bruxelles · texte numérisé non relu

Jean-Baptiôle Vaa Helmont, né à Bruxelles

3. Philippe-Aurèle-Théophraste Paracelse, ne en 1493 en Suisse, mort à Salzbourg en 1541.

4. Jean de Launoy, nô à Valogne en 1603, mort à Paris en 1678.

si LOQIOOB.

vraie, et qu'elle oe bous apprrinl que des chaaâs qu'il est irupoisiblfl d'ignorer. Car qui peut âûuler que toutes clioBes ne soient compdséca ds mstière et d'une certaine forme de cette matière? qui peot douter qu'allu que la malîËre acquière une aonvelle ujaiiière et une uouvcUe Arme, il faut qu'elle ue l'eût pas auparavant, e'est-k-dii'e qu'elle en eAl ta privation 1 qui peut douter enfin de cee antres principes métaphysiques, que tout dépend de la forme; que la matière seule ne fait jïeu; qu'il; a un tien, dea moiiTetnenis, dea quatitée, des facultés? Haii apFËE qu'on a appris toules cea chosea, il ne semlile pas qu'on ait appris rien de nouveau, ni qu'on Eoit plus en étal de rendre raison d'aucun des etTeiB de la nature.

Que s'il se trouvait des personnes qui prétendissent iju'il n'est perniis en aucune sorte de témoigner qu'on n'est pas du sentiment d'AriEtote, il serait aisé de leur fiiire voir que cette délicatesse n'est pas raisonnable.

Car si l'on doit de la déférence à quelques pliilosophcs, i ce ne peut être que par deux raisons : ou dans la vue de In vérité qu'ils auraient suivie, ou dans la vue de l'opi- ■ nion des hommes qui les approuvent.

Dans la vue de la vé^-ité, on leur doit du respect lorsqu'ils ont raison; mais la vérité ne peut obliger de ros- [lectar la fausseté en qui que ce aoit.

Pour ce qui regarde le consentement des bommea dans l'approbation d'un philosophe, il est certa.m qu'il mérite aussi quelque respect, et qu'il y aurait de l'iraprudenca do le choquer, sans user de grandes précautions; et la i raison eu est, qu'en attaquant ce qui est reçu de tout le inonde, on se rend suspect de présomption, en croyant avoir plus de lumière que les autres.

Mais lorsque le monde est partagé touchant les opinions d'im auteur, et qu'D y a des personnes considérables de côté et d'autre, on n'est plus obligé à ci " réserve, et l'on peut librement déclarer ce qu'on approuve | ou ce qu'on n'approuve pas dans ces livres sur lesqi les personnes de lettres sont divisées, parce que ce n'est 1 pas tant alors préférer son sentiment k celni de cet auteur j lit de ceux qui l'approuvent, que se ranger au parti de j ceux qui sont contraires en ce point.

C'est propreaiout l'êlat où se trouve muiiiteuaiit la ■'

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losopliie d'Aristote. Comme elle a ru diverses forlu- I, ayant été en un temps généralement rcjetée, et ea autre généralement approuvée, elle est réduite muintant à nn élal qui tient le milieu entre «s exli-émïtés : i est soutenue par plusieurs personnes savantes, et k est combattue par d'antres qui ne sont pas en moînk réputation. L'on écrit tous les jours librement en feoce, en Flanrtre, en Angleterre, en Allemagne, eu Blande, pour et contre la pbilosopbie d'Arîstote : les nférences de Paris sont partagées aussi bien que les a et personne ne s'offense qu'on s'y déclare contre ', Les plus célèbres professeurs ne s'obligent plus à 'b servitude de recevoir aveuglément tout ce qu'ils iuvent dans ses livres, et il y a mâme de ses opinions i sont généralement bannies ; car qui est le médecin i voulût soutenir maintenant que les nerfs viennent I cœur, comme Aristote l'a cru, puisque l'anatomie î voir clairement qu'ils tirent leur origine du cerveau; pui a fait dire à saint Augustin : Qui ex punclo ccrebrt ïsi cettlro sensus otnnes quinaria distributions diffu- ^ Et qui est le philosophe qui s'opiniâtre à dire que Iritesse des choses pesantes croît dans la même prototion que leur pesanteur, puisqu'il n'y a personne qui B puisse se désabuser de celte opinion d'Aristole, en jBBant tomber d'un lieu élevé deux cboses très-inéga- Ipent pesantes, dans lesquelles on ne remarquera néaih tûns que trÈs-peu d'inégalité de vitesse '.

j^ous les états violents ne sont pas d'ordinaire de Ion- { ^durée, et toutes les extrémités sont violentes. Il est P dur do condamner généralement Aristoto comme on Bit autrefois, et c'est une gène bien grande que de se RJire obligé de l'approuver en tout, et de le prendre pour la règle de la vérité des opinions philosophiques, comme il semble qu'on ait voulu le faire ensuite, Lo monde ne peut demeurer longtemps dans cette contrainte, et se remet insensiblement en possession de la

liberté naturelle et riûsonnalile, qui consiste i approuver ce qu'on juge vrai et à rcjelor ce qu'on juge faux.

Car la raÎBoa ne trouve pas étrange qu'on la soumette à l'autorité dans des soîcncus qui, traitant des choses qui sont au-dessus de la raison, doivent suivre une aulrft lumière, qui ne peut êlre que celle de l'autorité divine, mais il semble qu'elle soit bien fondée à no pas soulTrir: que dans les sciences humaines qui font profession de ne s'appuyer que sur la raison, on l'asservisse à l'auLorilé contre la raison ' .

C'est la rfegle que l'on a suivie en parlant des opinions des philosophes, tant anciens que nouveauï. On n'a coneîdérë dans les uns et dans les autres que la vérité, sans épouser généralement les sentiments d'aucun en particulier, et sans se dûclai'er aussi généralement contra eucun.

De sorte que tout ce qu'on doit conelure, quand un a rejeté quelque opinion ou d'Aristole ou d'un autre, est que l'on n'est pas du senliiment de cet auteur en cette oc>~ caslou; maison n'en peut nullement conclure que l'on n'en soit pas en d'autres points, et beaucoup moins qu'on ait quelque aversion de lui, et quelque désir de le rabaisser. On croit que celte disposition sera approuvée par toutes les personnes équitaliles, et qu'on ne reconnaîtra dans tout cet ouvrage qu'un désir sincère de oon- Iribuer k l'utilité puliliquo, autant qu'on pouvjiil le fuira par un livre de celto nature, sans aucune passion ooni

Compuar loi FNginraU da Puai! lur l'nulorllé «n malUn difillMC-

ou L'ART DE PENSER

ûa logique est Tart do bien conduire sa raison dans la maissance des choses, tant pour s'instruire soi-même e pour en instruire les autres *.

Cet art consiste dans les réflexions que les hommes .t faites sur les quatre principales opérations de leur prit, concevoir j juger^ raisonner et ordonner^. On appelle concevoir, la simple vue que nous avons is choses qui se présentent à noire esprit, comme nous DUS représentons un soleil, une terre, un arbre, un rond, n carré, la pensée, l'être, sans en former aucun jugelent exprès; et la forme par laquelle nous nous repréentons ces choses s'appelle idée^.

On appelle yw^er, l'action de notre esprit par laquelle, oignant ensemble diverses idées, il affirme de Tune qu'elle ist l'autre, ou nie de l'une qu'elle soit l'autre, comme

•i. On sait que la définition de la logique a donné lieu à de nombreuses controverses. En premier lieu, quel en est l'objet? — Les opérations do la pensée qui servent à former la science. La logique, en effet, étudie la forme de la science, indépendamment de la matière des sciences.

— En second Heu, la logique est-elle une science ou un art? — Les deux à la fois. En effet, quand on a déterminé aveo exactitude les lois ou règles du raisonnement, il n'y a rien dans Tapplication qui no soit contenu dans ces lois, rien qui échappe à ces rèjîles. Ce n'est pas comme dans la statuaire, par exemple, où aucune théorie et aucune règle abstraite ne peut embrasser toute la pratique.

Dans la logique, la science et l'art se confondent.

2. « Co que nous appelons bien penser, dit Gassendi, semble comprendre

quatre opérations, à savoir : bien imaginer, bien proposer, bien coliiger ou inférer, bien ordonner. — La logique semble par conséquent pouvoir être divisée en quatre parties, dont la première soit de la simple imagination ; la seconde de la proposition, la troisième du syllogisme^ la quatrième de la méthode.*

3. Gassendi définit la logique l'art de bien penser, o On lui donne aussi, dit-il, le nom de dialectique, du mot ^laXe'YeffOat, qui reut dire raisonner ou discourir, d'où vient qu'on la définit Part de bien raisonner, de bien discourir. — II y en a qui la nomment la canonique, parce qu'elle est comme une règle qui dresse l'entendement dans ses opérations, qui lui fait éviter l'erreur, et qui le dirige à la vérité, qui est le but où il tend. ■ {^Abrégé de la philosophie de Gassendi^ par Dernier, IlL)

S8 lOQlQUE,

lorsqu'ayant l'idée de la lerre el l'idée du rond, j'affirma

de la terre, qu'elle est ronde, ou je nie qu'elle suit ronde

On appelle raisonner, l'action de notre esprit pai' laquelle il forme un jugement de plusieurs autres; comnM lorsqu'ayant jugé que la véritable verLu doiL ôlre mp portée à Dieu, et que la vertu des païens ne lui était pus rapportée, il en conclut que la vertu des païens n'étailpaf une VLTÎtable vertu.

On appelle ici ordonner l'action de l'esprit par laquelle, ayant sur un même sujet, comme sur le corps humain, diverses idées, divers jugements et divers raisonnements, il les dispose en la manière la plus propre poii( faire connaître ce sujet'. C'est ce qu'on appelle encop mélhode.

Tout cela se fait naturellement, et quelquefois mieui par ceux qui n'ont appris aucune règle de la logique qui par ceux qui les ont apprises.

Ainsi, cet art ne consiste pas h trouver le moyen dâ faire ces opérations, puisque la nature seule nous let fournil en nous donnant la raison, mais à faire des réflexions sur ce que !a nature nous fait faire, qui nous aep vent h trois choses :

La première est d'fltre assurés que nous usons bien i notre raison, parce que la considération de la règle noi y fait faire une nouvelle attculion;

La seconde est de découvrir et d'expliquer plus faci lement l'erreur ou le défaut qui peut se rencontrer diui les opérations de notre esprit; car il arrive souvent qui l'on découvre, par la seule lumière naturelle, qu'un rai sonnement est faux, et qu'on ne découvre pas néanmoîn la raison pourquoi il est faux, comme ceux qui ne savuil pas la peinture peuvent être choqués du défaut d'un ioi bleau, sans pouvoir néanmoins expliquer quel est ce ai faut qui les choque;

La troisième est de nous faire mieux connultii} la na ture de notre esprit par les réflexions que nuus l'aisou

I, OrdnnntT n'asi pu nu opiralioD pwilaDlière do Tsiprit, miii ud M

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