‹ La logique de Port RoyalChapitre 28 sur 170 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

prit, ou comme chose, ou comme manière de cbose, ou comme clioae modifiée.

I J'appelle chose ce que l'on conçoit comme subsistant

ipar soi-même, et comme le sujet de tout ce que l'on y conçoit. C'est ce que l'on appelle autrement Bulistanco. J'appelle manière de chose, ou mode, on attribut, ou qualité, ce qui, étant conçu dans la cfiose et comme ne pouvant subsister sans elle, la détermine à Être d'une certaine façon, et la Tait nommer tdle.

J'appelle chose modifiée, lorsqu'on considère la sub- Etance comme déterminée par une certaine mani&reou mode.

C'est ce qui se comprendra mieux par des exemples.

Quand je considère un corps, l'idée que j'en al me représente une chose ou une substance, parce que je le considère comme une chose qui subsiste par soi-môme, et gui n'a point besoin d'aucun sujet pour exister.

Mais quand je considère que ce corps est rond, l'idée que j'ai de la rondeur ne me représente qu'une manière d'Ûtre, ou un mode que je conçois ne pouvoir subsisler naturellemenl sans le corps dont il est rondeur.

Et enfin, quand, joignant !e niodo avec la chose, je considère un corps rond, cette idée me représente une chose modifiée'.

is noms qui Bervenl à exprimer les cboees g'appelknl nbtliaitifs on aliiolul. comme terre, soleil, esprit, Dieu.

C«iix anasi qui signifient premitremeot et directemoDl Us modeB, Daree qu'en cela ils ouC quelque rapport avec les substances, soat aasai appelés substantifs et absolos, coinaie dureté, chaJeur.jnstice, prudCDce.

Les DOntS qui signiflent les cbosea eomine tnodliiees, marijunnt prepifttainent et direclemeot b cboie, qnoiqne plus con ru arment, etindittCtèment, quoique plus dislinclement, sont appelés aijlttîft ou -comUotiVi, comme rood, dur, juste, pmdeaL

Mais II fsut remarquer que notre esprit, étant accoulumé de connaître 1« plupart des choses comme niodlflies, parce qu'il ne les connaît ]ire9qne que par les accidents ou qualités qui nous Trappenl les sous, divise sonvent In subalsoce même dans son essence en deux idiies, dool il l'cgarde l'nna conime sujet et l'autie comme mode. Ainsi, queiiiiie tout qui est en Dieu soit Dieu mfme, on ne laisse pas Je le coiitevoir

L. Conipnror atoe li dsanilion cflèlnc ilc Si.inoia an Hàhnl de snn Élhigue.

comme un être inRnJ, et il« regurdor l'infînllé tomme un allribnt de Dieu, el l'élre couime enjel Je cet allribnt, Ainà l'on considère sonveot riiniomc comme le sujet de Ihumauilé, Wma hummitaiem, e Eéqusut comme une chose modiQée.

Et alors on prend pour inoile l'Attribnt essentiel qui est la chose mùme, parce qu'on le cOD[;oit comme dans un sujet, C'*3l proprement ce qu'on appelle Rbatriiit des substancee, connue humanité, corpcrdité,

Il est néanmoins très-important de savoir ce qui est véritalilement mode, et «e qui ne l'esl qu'en apparence, parce qu'une des principales causes de nos erreurs est de confondre les modes avec les aubsUnces et les substHoces avec les modes. Il est donc de la natui'e du véritahle mode qu'on puisse concevoir sans lui clairement et distinctement U substance dont U est te mode, et que iiiiininoins on ne puisse pas réciproquement concevoir clairernenl ce mude, sans concevoir en mËtne temps U rapport qu'il a à la substance dont il est mode, et sans Uquelle il ne peut nalarelleuenl exister.

Ce n'est pas qu'on ue puisse concevoir le mode sans faire une alleution distincte et eipreeee k son sujet; raais ce qui montre que la notion du rapport k la substance est enfermée au moins conftisémunt flans celle du mvde, c'est qu'on ne saursil nier ce rappoil du mode, qu'où ne détruise l'idée qu'on en avait : an lieu que, quand on conçoit ueux cboses et deux substances, l'on peut oier l'une de l'autre, sans détruire 1» IdieR qu'on avait de chacune.

P»r exemple, je puis bien concevoir la prudence, sans faire altenlioo distincte k un bomme qui soit prudent; mais je ne puis concevciir la prudence en niant le rapport qu'elle a il un homme ou k une autre nature iatelligente qui ait cette vertu.

Et BU contraire, lorsque j'ai considéré tout ce qui convient k une subilaoce étendue qu'on appelle corps, comme l'eilension, la ItEure, Il mobilité, U divivbilité, et que d'autre part je considËre tout ce qui convient à l'esprit et i h substance qui pense, comme 4le penser, de doiilcr, de se suaveoir, de vouloir, de raisonner, je puis niej' de 11 luhiUnca étendue tout ce que je cuni;ois delà sutistance qui peaie.eiLDs cesser pour cela de concevoir très-distinctement la substance itendaç et tous les autres attributs qui y sont joiuls, et je puis réciprt .uemeut nier de U substance qui pense tout ce que j'ai conçu de la substance éleaduéi uns cesser pour cela de concevoir trts-distinciement tout ce que je conçois dans U substance qui pense.

El c'est ce qui lait voit aussi que U pensée n'est poiut un mode de la nbsiutco étendue, parce qne l'étendue «l toutes les propriétés qui U suivent se peuvent nier de la pensée, sans qu'on cesse pour cela de bien COaeevQir U pensée ■.

On peut remarquer sur le sujet dus modes, qu'il y eu a qu'un peut ippeler lotérjeurs, parce qu'on lus conduit dans la «ubstance, comme r«nd, carré ; et d'autres qu'on peut nominei' extérieurs, parce qu'ils sont

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