‹ La logique de Port RoyalChapitre 39 sur 170 · J's[ipel]e cloirs, dit DOEBUtea · texte numérisé non relu

J's[ipel]e cloirs, dit DOEBUtea

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nlalrei, eu on les reCDanail ot on Ibi diacarne niatoent les unes des outres i

parooqii'oiino distingua pis ce qn'ollM

ler la d^flnjtion. On no les [ail eoanaîtra one par de» Biemples; et tm ™le, il fant aira que c'est un ft m ffijj qfioi, jusqir& ce qu on en dûohiffra

nous les idées distinetâa diatinpieQt

inuia, n, oh. xxxx.)

Nous avons aussi des idées fort clnires de la substance étendue et de ce qui lui convient, comme flgiire, mouvement, repos; car quoique nous puissions feindre qii'iln'y a aucun corps ni aucune figure, et que nous ne pouvons pas feindre de la substance qui pense tant que nous pensons, néanmoins nous ne pouvons pas nous dissimuler i nous-mêmes que nous ne concevions clairement l'étendue et la figure,

Nous concevons aussi clairement l'être, l'existeace, la durée, l'ordre, le nomlre, poumi que nous pensions seulement que la durée de chaque chose est un mode ou une façon dont nous considérons cette chose en tant qu'elle continue d'Stre, et que pareillement l'ordre et le nombre ne diffèrent pas en effet des cboses ordonnées et nombrées.

Toutes ces idées-là sont si claires que souvent, en voulant les éclaircir davantage et ne pas se contenter de celle» que nous formons naturellement, on les obscurcit ' .

Nous pouvons aussi dire que l'idée que nous avons de Dieu en cette vie est claire en un sens, quoiqu'elle soit obscure en un autre sens et trfes-imparfaite.

Elle est claire en ce qu'elle suffit pour nous faire connaltreen Dieu un trfes-grand nombre d'attributs que noua sommes assurés ne se trouver qu'en Dieu seul ; mais elle est obscure, si on la compare à celle qu'ont les bienheureux dans le ciel, et elle est imparfaite en ce que notre 'esprit, étant fini, ne peut concevoir que trfes-imparfiiitenient un objet infini. Mais ce sont différentes conditions en une idée d'être parfaite et d'Être claire; cnr elle est parfaite quand elle nous représente tout ce qui est son objet, et elle est claire quand elle nous en représente assez pour le concevoir clairement et distinctement.

Les idées confuses et obscures sont celles que nous avons des qunlilés sensibles, comme des couleurs, dos sons, des odeurs, des goûts, du froid, du chaud, de la

MËMÏÎBBPJniTÏâr lesanlear, etc., oomme aussi de nos app^tîts, de la fulm, 1b la soif, de la douleur corporeli6,et voici ce qui rnit que jes idées sont confusps.

Comme nous avons été plus tôlenfaots qu'hommes, et ue les choses extérieures ont a^ sur nouB en causant ivei-3 seutimeuts dans notre ftme par les impressions u'elles faisaient BUP notre corps, l'âme, qui voyait que ce "itaîtpaspar sa volonté que ces sentiments s'excitaient m elle, mais qu'elle ne les avidt qu'à l'occasion de cerlainB «rps, comme qu'elle sentait de la chaleur en s'appro- 3i;ml du feu, ne s'est pas contenti?e de juger qu'il y avait dque chose hors d'elle qui finit cause (qu'elle avait ces lenl.iments, en quoi elle ne se serait pas trompée ; maïs ille a passé plus outre, ayant cru que ce qui était dans ces ibjels était entièrement semblable aux sealinients ou aux qu'elle avait il leur occasion; et de ces jugements ille en fomie des idées, en transportant ces sentimeuts de Valeur, de couleur, etc. , dans les choses mfimes qui sont lors d'elle, et ee sont là ces idées ohscures et confuses pie nous avons des qualités sensibles, l'ftme ayant ajouté Bes faux jugements à ce que la nature luifaîsait connaître, idées ne sont point naturelles, maisarbi- 'traires, on y a agi avec une grande bizarrerie. Car quoique la chaleur ni la brûlure ne soient que deux senti- [nents, l'un plus faible et l'autre plus fort, on a mis la Sialeup dans le feu, et l'on a dit que le feu a de la chaleur ; mais l'on n'y a pas mis la brûlure ou la douleur qu'on seot en s'en approchant de trop près, et on ne dit point que le feu a de la douleur '.

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qn'ot-M qn'i] enleiid I quo le Isu n'é-

Srouvapti la lanulion de U ahaleiir; â TUK>a, et, >'ll [ircDd la pemu de ^eipliqoer le ïnlgaîra «.tra da iqq

qu ■omopelle cAa/BB-, bL ' - -■-■--phc« et Te vulgilro d jgiRni

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I autre. Duu Js uni iD> dei phtlatophei,

tûpbe DDleoâ aa dï«Biit qu'iJ D'y ri

Mais si les hommes ont Iiien vu ijue \n douleur n'est pas dans le feu qui brûle la main, peut-être qu'ils se sont encore trompés en croyant qu'elle est danslaniujn que le feu brûle ; aulieuqu'à le bien prendre, elle n'est quu dans l'esprit, quoique à l'occasion de ce qui se passe dans la main, parce que la douleur n'est autre chose qu'un sentimaitd'aversiou que l'âme conçoit de quelque mouvement contraire h. la constitution naturelle de son corps.

C'est ce qui a été reconnu, non-seulementpar quelques anciens pliîlosophes, comme les cyrénaïques, mais aussi par saint Augustin en divers endroits. Les douleurs (dit-il dans le livre XIV de la Cité de Dieu^ chap. xv) qu'on appelle corporelles, ne sont paa du corps, mais de l'âme, qui est dans le corps, et à cause du corps : Dolorei qui dicuntvr carnis, anîmx sunl, in carne, et ex ca?-ne;c3J;la. ' douleur du corps, ajoute-t-il, n'est autre cijose qu'an chagrin de l'âme à cause de son corps, et l'opposition qu'elle a & ce qui se fait dans le corps, comme la douleur de l'âme qu'on appelle tristesse, est l'opposition qu'a notre âme aux choses qui arrivent contre noire gré : Dolor camù tanlummokù offeniio est animx ex carne et qaxdam ab ejus passione diisemto ; sictiti animx dolot; i/uie trislitia nuncupatttr, dissensio est ab hù rébus, gute nabis noientibus accidiTunt.

El au livre vu de la Genèse à !a lettre, chap. 19, la répugnance que ressent l'âme de voir que l'action par laquelle elle gouverne le corps est empêchée par le trouble qui arrive dans son tempérament est ce qui s'appelle <îoulour iQuum afflictionescorporis molesle sentit (anima), actionem nuam, qua ilU regendo adest, tui'bato ejus temperamenlo impediri o/fendilur, et hsec offènsio dolor vocatur.

Kn effet, ce qui fait voir que la douleur qu'on appelle corporelle est dans l'âme, non dans le corps, c'est que les mômes choses qui nous causent de la douleur ] quand nous y pensons, ne nous en causent point lorsque notre esprit est fortement occupé ailleurs, comme ce ■ prùtre de Caiame, eu Afrique, dont parle saint Augustin

flans lelivre XIV de til CiVi/ de Dieu, chap. xxiv, qui, loulcs les fois qu'il voulait, s'aliénail ' tellonienl des sens, qu'il demeurait comme mort, et non-seulement ne faenlnît pas guand on le pinçait ou quand on le piquait, mais non mÈme quand onle brûliût : Qui, quando ei placebal , mitatas, quasi lamentantis hominis voces, ita se aufeit a sensihus, etjaceàat simiUimus mortuo, ut non so- '■m velHcanies atque pungentes minime seniiret, se<l 'Mquando etiam igné ureretur admotû, sine ullo dolovis Fisu, nisi postmodum ex vulnere.

n faut de plus remarquer que ce n'est pas proprement la mauvaise dispositiDn delà main,et le mouvement que la brûlure y cause, qui Tait que l'àme sent de la douleur; mais qu'il l'autque ce mouvement se communique au cer- Teau par le moyen des petits filets enfermés dans les nerfs, comme dans des tuyaux, qui sont étendus comme de pailles cordes depuis le cerveau jusqu'à la main elles autres parties du corps ; ce qui fait qu'on ne saurait remuer ces petitsfilelsqu'onneremueausst la partie du cerveaud'oùils tirent leurorigine; et c'est pourquoi si quelque obstructiiïu empêche que ces fileta de nerfs ne puissent communiquer leur mouvement au cerveau, comme ilarrive dansk paralysie, il se peut faire qu'un homme voie couper et hrii- ■Jersa main sans qu'il en sente de la douleur; el au contraire ce qui semble bien étrange, on peut avoir ce qu'on Bppelleraalàla main sans avoir de main, comme ilarrive >très-souvent à ceux qui ont la main coupée, parce que les £lets des nerfs qui s'étendaient depuis la main Jusqu'au f cerveau, étant remués par quelque fluxion vers le conde, où ils se terminent, lorsqu'on aie bras coupé Jusque-14, peuvent tirer la partie du cerveau à laquelle ils sont " attachés, en la même manière qu'ils la tiraient lorsqu'ils s'étendaient jusqu'à la main, comme l'extrémité d'une corde peul. être remuée de la niûme sorte en la tirant par le milieu, qu'en la tirant par l'autre liout; et c'est ce qui est cause que l'âme alors sent la môme douleur qu'elle

sentait quand elle avait uns main, parce qu'elle porlo son atlenlion au lieu d'où avait accoutumé de venir ce mouvement du cerveau; comme ce que nous voyons dans ua miroir nous parait au lieu où il serait, s'il était vu par des rayons droits, parce que c'est lamanière la plus ordinaire de voir lea objets '.

Et cela peut servir i faire comprendre tp'il est Irès-posùble qu'une imc séparés du corps soit tourmentée p«r !e Feu on de l'enrcr on in pur^toire, el qa'elts unie U même douleur que l'on uni quand on est brûjé, puisque, lors taktae qn'ell« 4Uil dans le corps, la douteur de h brûlure était en «Ue, el noa dans 1« corps, et que ce n'était antre cbese qu'une pensée ds tristesse qu'elle ressentait ft l'occasion de ce qui se passait dans le corps auquel Dieu rnviit nnlc. Pourqnoi ne pourrions- Dous pas eonceroir que la justice d» Dieu puisse lellcmenl diaposer tue certaine portion de la maliftra k l'égard d'un esprit, qae le monvement de cette matiËie loit one occasion à cet esprit d'avoir dee peneèes s (ni géante s, qui est tout ce qui arrive k notre àme duns la doiitunr corporelle.

Mais pour revenir aux idées confuses, celle de la pesanteur, qui parait si claire, ne l'est pas moins que les autres dont nous venons de parler ; car les euFanls voyant dt^'s pierres et autres dioses semblables qui tombent en bas aussitôt qu'on cesse de les soutenir, ils ont formé de là l'idée d'une chose qui tombe, laquelle idée est naUtrello . et Traie,etdeplus,de quelque cause de cette ebute, ceqiiî est encore vrai. Mais, parce qn'ils ne voyaient rien que la pierre, et qu'ils ne voyaient point ce qui la poussait, par un jugement précipita, ils ont conclu que ce qu'ils ne voyaient point n'était point, et qu'ainsi la pierre tombait d'elle-même par un principe intérieur qui était en elle, sans que rien autre chose la poussât en bas, et c'est à cette idée confuse, et qni n'était née que de leur erreur, q\i'ilB ont attaché le nom de gravité et de pesanteur*.

Et 11 leur est encore ici arrivé de faire des jugements

L erret que noiii

le da i;raBi/if, dacnme a

tout difTiSreQtB des choses dont ils devaient jnger de la pôme sgrte. Car, comme ils ont vu des pierres qui se remuaiejileiibas vers la terre, ils ont vii des pailles qui se lemuAient vers l'ambre, et des morceaux de fer ou d'afcr qui se remuaient vers l'aimant ; ils avaient donc aubnt de raison de mettre une qualité dans les pailles et ena le fer pour se porter vers l'ambre ou Tainiant, (pie ans les pierres pour se porter vere la terre.Néanmoinsil le leur a pas plu de le faire ; mais ils ont mis une qualilClana l'ambre pour attii-er les pHiUes, et une dans l'aimant kour attirer le l'er, qu'ils ont appelées des qualités attrae- IveB, comme s'il ne leur eût pas été aussi facile d'en nettre une dans la teri'c pour attirer les choses pesantes ' . UuIb quoiqu'il on soil, ces qualités attractives ne sont aées, de même que la pesanteur, que d'un faux raisonneïient, qui a fait croire qu'il fallait que le fer attirât l'ai- Bant, parce qu'on ne voyait rien qui poussAt l'aimant rers le fer; quoiqu'il soit impossible de concevoir qu'un opps en puisse attirer un autre, si le corps qui attire ne le meut lui-m6me,et si celui qui est attiré ne lui est joint Hi attaché par quelque lien.

On doit doQO aussi rapporter à ces jugements de noire nrauco l'idée qui nous représente les choses dures et peenles comme étant plus matérielles et plus solides que 13 choses It-gères et déliées ; ce qui nous fait croire qu'U a bien plus de matière dans une boite pleine d'or que Ibub une autre qui ne serait pleine que d'air : car cea ilées ne viennent que de ce que nous n'avons jugé dans lotre enfance de toutes les choses extérieures que par rapport aux impres^ons qu'elles faisaient sur nos sens ; et ^tosi, parce que les corps durs et pesants agissaient bien [iplus sur nous que les corps légers et subtils, nous nous sommes imaginé qu'ils conteuaient plus de maliëre * ; au lieu que la raison nous devait faire juger que, chaque

u qa'oQ appBllo lu guiUiléi 1 ie Is pesuilen

parlie da la matière n'occupant jamais que sa place, un espace égal est toujours rempli d'une égale quantité matière.

De sorte qu'un vaisseau d'un pied cube n'en contient pas davantage étant plein d'or qu'étant plein d'air même il est vrai, eu un sens, qu'étant plein d'air, il ( prend plus de matière solide, par une raison qu'il si trop Joug d'explit]uer ici'.

On peut dire que c'est de cette imagination que sont nées toutes les idées extravagantes de ceux qui ont cru que notre âme était ou un air Irès-subtil composé d'ato-mes, comme Démocrite * ot les épiciuiens, ou un air enflammé comme les stoïciens ou une portion d lumière céleste, comme les anciens nianicliéens ' et FlUd même de notre temps, ou un vent délié, comme les sociiiiens*;car tontes ces personnes n'auraient jamais cm, qu'une pierre, du bois, de la boue fussent capables de penser ; et c'est pourquoi Cicéron, en même temps qu'il veut, comme les stoïciens, que notre âme soit une flamme subtile, rejette comme une absurdité insupportable de s'i maginer qu'elle joit de terre, ou d'un air grossier : Quid enim, obsecro te; ierrane tibi, aul hoc nebuloso, awt caligitioio cœla, sala aut conereta esse videlur tanla vit memortx/ Mais ils se sont persuadé qu'en subtilisant cette matière, ils la rendi'aient moins matérielle, moina. grossière et moins corporelle, et qu'enlin elle deviendrait capable de penser, ce qui est une imagination ridicule car une matière n'est plus subtile qu'une autre qu'en C6

U laoe uni lonhèi imif lei mauie-^ ments M io cuauits gransii ds «^

fimtj îu i( Ht tir» ta wAm cAwf f Hfl cegjtrU, al un compote de mimA

in" mX'b '"uCi. m8B™"l''etloa"

i. Ma«iehtt»i, dîHiplei do U>Dti

PREMIERS PABTIB. TS

^élnnt divisée en parLics plus pelîlos et plus upt^iiK, fuit d'une part moins de a'sistance aux autres ii- ifps insinue, de l'autre, plus facOemeat dans leurs portss: js divisée ou non divisée, agitée ou non agitcie, ellu Q e&i ni moins matière, ni moins corporelle et plus ciiile de penser ; étant impoasîlilc de s'imaginer qu'il y aucun rapport du mouvement ou de la ligure de la masubtile ou grossière avec la pensée, et qu'une maqui ne pensait pas lorsqu'ùile était en repos comme ierre, ou dans un mouvement modéré conmic l'eau, sse parvenir à se connaître aoi-méma, si on vientàla nucr davantage et à lui donner trois ou quatre bouil- 13 de plus ' .

[)n pourrait étendre cela beaucoup davantage; mais it assez pour faii'e entendre toutes les autres idées con- Ë8,qui ont presque toutes quelques causes semblables e que nous venons de dire.

j'nnique remède à cet inconvénient est de nous défaire 'prfij'ugés de notre enfance, et de ne rien croire de ce est du ressort de notre raison parce que nous en ns jugé autrefois, mais par ce que nous en jugeons intenant ' ; et ainsi nous nous réduirons h nos idées urelles; et pour les confuses, nous n'en retiendroua ) ce qu'elles ont de clair, comme qu'ii y a quelque ise dans le feu qui est cause que je sens de la char, que toutes les choses qu'on appelle pesantes sont issÉes en bas par quelque cause, ne déterminant rien qui peut Èlre dans le feu qui me cause ce sentiiuent de la cause qui fuit tomber une pierre en bas, quo n'aie des raisons claires qui m'en domicnt la cou- Bswiee.

tiToinaniuaâgalfDiBatqaa, i eanleoie Bqblll du puumil pôaâtruc 1 Im propartions de ca coi- | ), Hègle ampiUDUe à Uoai^ilu

On a rapporté dans le chapitre prfo^dent divers t-Jceiiiples de ces idées confuses, que l'on peut appeler fausses^ pour la raison que bous avons dite; mais parce qu'il?) sont tous pria de la physique, il ne sera pas inutile d'yj en joindre quelques autres tirés de la morale, les fausseSi idées que l'un se forme à l'égard des biens el des mauitJ étnnt infiniment plus dangereuses.

Qu'un homme ail une idée fausse ou véritable, dnii ou obscure, de la pesanteui', des qualités sensibles et desl actions des sens, Ù n'en est ni phis heureux ni plus malheuieux; s'il en est un peu plus ou moins savant, il n'en est ni pins homme de bien ni plus méchant. Quelquaj opinion que nous ayons de toutes ces choses, elles ne.^ changeront pas pour nous. Leur être est indépendant do j notre science, et la conduite de notre vie est indépon-j dantc de la connaissance de leur Être : ainsi, î! est permis il tout le monde de s'en remettre h ce que noua eni couniiUrons dans l'autre vie, et de se rt-postT gémirnle-^l ment de l'oi'dre du monde sur la honlé et sur la sagesse de celui qui le gouverne.

Mais personne ne se peut dispenser de former des jugements sur les elioses bonnes ou mauvaises, puisque c'est par ces jugements qu'on doit conduire sa vie, régler ses aclions, et se rendre heureux ou malheureux étepneliemenl; et connno les fausses idées que l'on a de toutes CCS choses sont les sources des mauvais jugements qtiË l'on en fait, il serait infiniment plus important de s'appliquer à les cooniûtre et à les corriger ' , que non pas & réformei' celles que la précipilalîon de nos jugements ou les préjuges de notre enfance nous font concevoir des

PREMIÈRR PARTIE. 75

hoscs de la nature qui ne sont l'objet que d'une spécuition stérile ^

Pour les découvrir toutes, il faudrait faire une morale 3ut entière; mais on n'a dessein ici que de proposer uelques exemples de la manière dont on les forme, en Uiant ensemble diverses idées qui ne sont pas jointes ans la vérité, dont on compose ainsi de vains fantômes près lesquels les hommes courent, et dont ils se repaisen t misérablement toute leur vie.

L'homme trouve en soi l'idée du bonheur et du maleur, et cette idée n'est point fausse ni confuse tant u'elle demeure générale : il a aussi des idées de peti- Bsse, de grandeur, de bassesse, d'excellence; il désire 3 bonheur, il fuit le malheur, il admire rexccUence,* il Qépriso la bassesse.

Mais la corruption du péché qui le sépare de Dieu, en xd seul il pouvait trouver son véritable bonheur, et h qui eul par conséquent il en devait attacher l'idée, la lui ait joindre à une infinité de choses dans l'amour des- Tielles il s'est précipité pour y chercher la félicité qu'il ivait perdue; et c'est par là qu'il s'est formé une infmité l'idées fausses et obscures, en se représentant tous les objets de son amour comme étant capables de le rendre leureux, et ceux qui l'en privent comme le rendant miérable. Il a de môme perdu par le péché la véritable fraudeur et la véritable excellence, et ainsi il est conraint, pour s'aimer, de se représenter à soi-même autre [u'il n'est en effet; de se cacher ses misères et sa pau- Teté, et d'enfermer dans son idée un grand nombre de jhoses qui en sont entièrement séparées, enfin de la grossir et de l'agrandir ; et voici la suite ordinaii'e de ces ausses idées.

La première et la principale pente de la concupiscence îst vers le plaisir des sens qui naît de certains objets ex- .érieurs; et comme l'âme s'aperçoit que ce plaisir qu'elle lime lui vient de ces choses, elle y joint incontinent

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