PREMIÈRE PARTIE
Û saturnien, prétendait qu'on avait guéri des pestiféivs vleur pendant au col un morceau de plomb, que les tipistes appellent Saturne, sur lequel on avait gravé un jp-de samedi, qui porte aussi le nom de Saturne % la fjfce dont les astronomes se servent pour marquer cette iûète ; comme si des rapports arbitraires et sans raii entre le i)lomb et la planète de Saturne, et entre 4e môme planète et le jour du samedi, et la petite irque dont on la désigne, pouvaient avoir des ejBfets ils, et guérir eUectivement des maladies.
Mais ce qu'il y a de plus insupportable dans ce langage s chimistes est la profanation qu'ils font des plus sais mystères do la religion pour servir de voile à leurs Stendus secrets, jusque-là môme qu'il y en a qui ont Bsé jusqu'à' ce point d'impiété, que d'appliquer ce que oriture dit des vrais chrétiens, qu'ils sont la race choi- , le sacerdoce royal, la nation sainte, le peuple que m s'est acquis, et qu'il a appelé des ténèbres à son adrable lumière, à la chimérique confrérie des Rosettx *, qui sont, selon eux, des sages qui sont parvenus à ûmortalité bienheureuse, ayant trouvé le moyen, par pierre philosophale, de fixer leur âme dans leur corps, .utant, disent-ils, qu'il n'y a point de corps plus fixe et is incorruptible que l'or. On peut voir ces rêveries et lucoup d'autres semblables dans l'examen qu'a fait ssendi de la philosophie de Fludd*, qui font voir qu'il ' a guère de plus mauvais caractère d'esprit que celui de écrivains éiiigmatiques qui s'imaginent que les pens les moins solides, pour ne pas dire les plus fausses :es plus impies, passeront pour de grands mystères, nt revôtues des manières de parler inintelligibles au nmun des hommes.
On dit encore aujourd'hui sel de Sa-
;«pour désigner l'acétate de plomb.
Les Rose -Croix (do Jiosen-
utz , pliilosopliio mystique du
Biècle), formaient une société ie-
crète (mi B*ocnpait de science occulte.
3. Exercitationes in Fluddanam philosophiam. Fludd et Van Helmont avaient des doctrines analogues à celles de Paracelsc.
CIIAPITRE IIV
Tout ce que nous avons dit des dffînitions de noms n doit s'entendre que de celles où l'on déûnil les mots doni on se sert en particulier; et c'est ce qui Jes rend librt et iirbitraires, parce qu'il est permis à chacun de se sCP vir de tel son qu'il lui plaît pour exprimer ses idées pourvu qu'il en avertisse. Mais comme les hommes n sont maîtres que de leur langage, et non pas de celui d( autres, chacun a le droit de faire un dictionnaire pot soi; mais on n'a pas droit d'en faire pour les autres, i d'expliquer lem's paroles par ces significations partiel lières qu'on aura attachées aux mots. C'est pourquoi quand on n'a pas dessein de faire connaître simplamei eu quel sens on prend un mot, mais qu'on prétend eX' pliquep celui auquel il est communément pris, les défini lions qu'où en donne ne sont nullement arbitraires, miu elles sont IJiîes el astreintes h représenter, non la vûril des choses, mais la vérité de l'usage ; et on doit los csli mer fausses, si elles n'expriment pas véritablement i usage, c'est-à-dire si elles ne joignent pas nax sons ' mêmes idées qui y sont jointes par l'usage ordinaire ceux qui s'en servent ; et c'est ce qui fîût voir que ces ( finitions ne sont nullement exemptes d'Être contestées, puisque l'on dispute tous les jours de la signification qi« l'usage donne aux termes.
Or, quoique ces sortes de définitions de mots semblei être le partage des gi'ammairiens, puisque ce sont celh qm composent les dictionnaires, qui ne sont autre choi que l'explication des idées que les hommes sont convenu de lier à certains sons, néanmoins l'on peut faire sur à sujet plusieurs réilexions très-intportantes pour l'exactitude de nos jugements.
■.m P&RtlB. 97
La première, qui aeri du rondement aus autres, est e les hommes ns considèrent pas Boiivent toute la siliflcation des mots, c'est-à-dire que les mots signifient lUTBnt plus qu'il ne semble ' , et que, lorsqu'on en veut spliquer la si gniO cation, on ne représente pas toule l'im- ■esaion qu'ils font dans l'esprit.
Car signifier, dans un son prononcé ou 6cdt, n'est Lira chose qu'exciter une idée liée à ce son dans notre 5>rit, en frappant nos oreilles ou nos yeux. Or, il arve souvent qu'un mot, outre l'idée principale que l'on igarde comme la signification propre de ce mot, excite Msieurs autres idées qu'on peut appeler accessoires, Ixquelles on ne prend pas gardu, quoique l'esprit en içoive l'impression'.
Par exemple, si l'on dit à une personne ; Vous en avez lenli, et qne l'on ne regardé que la signiflcation princiile de cette expression, c'est la môme chose que si on ■ disait : Vous savez le contraire do ce que vous dites ; is, outre cette signification principale, ces paroles tiportent dans l'usage une idée de mépris ou d'outrage, elles font croire que celui qui noua les dit ne se soucie LS de nous faire injure, ce qui les rend injurieuses et (Tensantes.
Quelquefois ces idées accessoires ne sont pas attachées Lx mots par un usage commun, mais elles y sont seuleent jointes par celui qui s'en sert ; et ce sont propreent celles qui sont excitées par le ton de la voix, par tir du visage, par les gestes, et par les autres signes ;turols qui attachent à nos paroles une infinité d'idées, à en diversifient, changent, diminuent, augmentent la gniflcation, en y joignant l'image des mouvements', s jugements et des opinions de celui qui parle. C'est pourquoi, si celui qui disait qu'il fallait prendre mesure du ton de sa voix, des oreilles de celui qui ioute, voulait dire qu'il suffit de parler assez haut pour
lira: t0DJ<.Li.s,| leur 1=» oockçr* rompH™onWir«g.
se faire entendre, il ignorait une partie de Tiisiiçc rie la voix, le ton signifiant souvent autant que les paroles infimes. H y a yoix pour instruire, voix pour flatter, voix pour reprendre ; souvent on ne veut pas seulement qu'elle arrive jusqu'aux oreilles de celui à qui l'on parlt?, mais on veut qu'elle le frappe et qu'elle le perce ; et personne ne trouverait bon qu'un laquais, que l'on reprend un peu fortement, répondît : Monsieur, parlez plus bas, je vous entends bien ; parce que le ton fait partie de la réprimande, et est nécessaire pour former dans l'esprit l'idée que l'on veut y imprimer,
Mais quelquefois ces idées accessoires sont attacbêi^s aux mots mêmes, parce qu'elles s'excitent ordinairement par tous ceux qui les prononcent; et c'est ce qui l'ait qu'entre des expressions qui semblent signifier la même cbose, les unes sont injurieuses, les autres douces ; les unes modestes, les autres impndentes ; les unes bonnâtes, et les autres désbonnôtes ; parce qu'outre cette idée principale en quoi elles conviennent, les hommes y ont attaché d'autres idées, qui sont cause de cette diversités
Cette remarque peut servir k découvrir une injustice assez ordinaire à ceux qui se plaignent des reproches qu'on leur a faits, qui est de changer les substantifs en adjectifs; de sorte que, si on les a accusés d'igaoraïuv ou d'imposture, ils disent qu'on les a appelés ignorant ou imposteurs; ce qui n'est pas raisonnable, ces mots ii< GÎgniflant pas la mâme chose : car les mots adjectifs d'ignorant ou imposteur, outre la signification du défaut qu'ils marquent, enferment encore l'idée du mépris ; au Ûcu que ceux d'ignorance et d'imposture marquent la chose telle qu'elle est, sans l'aigrir ni l'adoucir. L'on en pourrait ti'ouver d'autres qui signifieraient la rafimo chose d'une manière qui enfermerait de plus une idée adoucissante et qui témoignerait qu'on désire épargner celui à qui l'on fait ces reproches ; et ce sont ces manières que choisissent les personnes sages et modérées,
iiddDui^
PflEMIÈBE PARTIE.
moins qu'elles n'aient quelque raison pai'ticulîÈre d'a- 'r avec plus de force.
C'est encore par là qu'on peut recounailrokdiff^renM a style simple et du stylo figuré, et pourquoi lea mf mes insées nous paraissent benucoup plus vives quand elles )nt exprimées par une figure que si eUes étaient renfermes dans des expressions toutes simpbs, car cela vient I ce que les expressions figurées signifient, outre la lose principale, le mouvement et la passion de celui ii parle, et expriment ainsi l'une el l'autre idée dans «prit, au lieu que l'expression simple ne marque que la irit4 tonte nue.
Par exemple, si ce demi-vers de Virgile :
ait exprimé simplement et suns figure, de cette sorte : •n est usque adeo mûri miserum, il est sans doute qu'il irait beaucoup moins de force; et la raison en est, que première expression signifie beaucoup plus que la ctinde, carellG n'exprime pas seulement cette pensée, le la mort n'est pas un si grand mal que l'on croit ; ais elle représente de plus l'idée d'un homme qui se âdil contre la mort, et qui l'envisage sans fiîroi, image iaueoup plus vive que n'est la pensée même h. laquelle le est jointe. Ainsi, il n'est pas étrange qu'elle frappe ivantage, pnrce que l'ame s'instruit par les images des Irités ; mai:^ elle ne s'émeut guère que par l'image des ouvements :
Mais, comme le style figuré signifie ordinairement, ïec les clioses, les mouvements que nous ressentons en S concevant et en parlant, on peut juger par là de l'nige que l'on en doit faire et quels sont les sujets auxuels ii est propre. Il est visible qu'il est ridicule do s'en irvir dans les matières purement spéculatives, que l'on (garde d'un œil tranquille, el qui ne produisent aucun
LOOIQDB.
nioiivement dans l'esprit; car, puisque les figures exprîmenb les mouvements de noire Ame, celles que l'on mêle en des sujets od Tâme ns s'émeut point sont des moavements contre la nature, et des espèces de couvulsionsj C'est pourquoi il n'y a rien de moins agréable que cei> tains prédicalcura qui s'écrient indifféremment sur tout et qui ne s'agitent pas moins suf des raisonnements philosophiques que sur les vérités les plus étonnantes et lea plus nécessaires pour le saJut.
Et, au contraire, lorsque la matière que l'on traite est telle qu'elle doit raisonnablement nous toucher, c'est on défaut d'en parler d'une manière sèche, froide et sans mouvement, parce que c'est un défaut de n'être pas touché de ce qui doit nous toucher.
Ainsi, les vérités divines n'étant pas proposées simpla ment pour être connues, mais beaucoup plus pour etn aimées, révérées et adorées par les hommes, il est sani doute que la manière noble, élevée et Dgurée dont let saints Pères les ont traitées leur est bien plus proportionnée qu'un style simple et sans figure, comme celu des scolastiques, puisqu'elle ne nous enseigne pas seulement ces vérités, mais qu'elle nous représente aussi let sentiments d'amour et de référence avec lesquels la Pères en ont parlé, et que, portant ainsi dans notre ew prit l'image de cette sainte disposition, elle peut beaucoup contribuer à y en imprimer une semblable; au lien que le style scolastique, étant simple, et ne contenao' que les idées de la vérité toute nue, est moins capable di produire dans l'âme les mouvements de respect et d'amour que l'on doit avoir pour les vérités chrétiennes; a qui le rend en ce point, non-seulement moins ulile, aussi moins agréable, le plaisir de l'âme consistai! plus à sentir des mouvements qu'à acquérir des coi naissances ' .
EnSn, c'est par cette même remarque qu'on peut ri soudre cette question célèbre entre les anciens pbilo
'( de pcriunier et di
PREHIËRB rAKTIE.
Bophes : s'il y a des mots (léshounfiteB, et que l'oa peut réfuter les raisons des stoïciens, qui voulaient qu'où pût se servir indifféremment des expressions qui sont esliinéfis ordinairement infâmes et impudentes.
Ils prétendent, dît Cicéron, dans une lettre qu'il a faite îur ce sujet ' , qu'il n'y a point de paroles sales et hon- BUBCS ; car, ou l'infamie {disent-ils) vient des choses, ou )lle est dans les paroles; elle ne vient pas simplement les choses, puisqu'il est facile de les exprimer en d'autres iaroles qui ne passent point pour désbonnfites; elle n'est 108 aussi dans les paroles considérées comme sons, puisu'il arrive souvent, comme Cicéron le montre, qu'un aième son signifiant diverses choses, et étant estimé iéshonnCte dans une signification ne l'est point en iitio LU ire.
Mais tout cela n'est qu'une vaine subtilité qui ne nuit [ac de ce que ces philosophes n'ont pas assez considéré es idées accessoires que l'esprit joint aux idées princtdes choses ; car il arrive de là qu'une mfime chose eut être exprimée honnêtement par un son, et déshonètemenl par un autre, si l'un de ces sons'y joint quelque uti-e idée qui en couvre l'infamie, et si l'autre, au con- [•aire, la présente à l'esprit d'une manière impudente, linsilcs mots d'adultère, d'inceste, de péché abominable, ie sont pas infâmes, quoiqu'ils représentent des actions tÈs-infâmes, parce qu'ils ne les représentent que cou- 'ertes d'un voile d'horreur, qui fait qu'on ne les regarde comme des crimes ; de sorte que ces mots signifient lutOt le crime de ces actions que les actions mûmes, au ien qu'il y a de certains mots qui les expriment sans en
donner de l'horreur, et plutôt comme plaisantes que e criminelles, et qui y joignent môme une idée
d'impudence et d'effronterie, et ce sont ces mots-là qu'on
appelle infâmes et déshonnétes, Il en est de même de certains tours par lesquels
. Cicéran, Eaialaland dinersoi, uc, I enirn (lùerunt, nihïl asn ob«i!CD ■ Sed, uL dko, pLiuat ilaicis nu DiLiJturpc didu.-
bi
^02 LOOIOÛE.
exprime honnêtoment des actions qui, quoique WgitimeB,! tiennent quelque chose de lacorrupLion delanalure; tsittT ces tours sont en effet honnôtes, parce qu'ils n'csprimenra pas simplement ces choses, mais aussi la disposiUou d celui qui en parle de cette sorte, et qui témoigne parj sa retenue qu'il les envisage avec peine et qu'il les couvres autant qu'U peut, et aux antres et à soi-même ; au lleUB que ceux qui en parleraient d'une autre manière feraientJ paraître qu'ils prendraient plaisir à regarder ces sortes 1 d'objets ; et ce plaisir étant infâme, il n'est pas étrange* que les mots qui impriment cette idée soient estlmôsf contraires à l'honnfilfiîé ' .
C'est pourquoi il arrive aussi qu'un même mot eatfl estimé honnête en un temps et honteux on un autre, ce] qui a obligé les docteurs hébreux de substituer e tains endroits de la Bible des mots hébreux à la marge ,1 pour être prononcés par ceux qui la liraient, au lieu dm ceux dont l'Écriture se sort ; car cela vient de ce que ces] mots, lorsque les prophètes s'en sont servis, n'étnlcnd point déshonnfites, parce qu'ils étaient liés avec quelque» idée gni faisait regarder ces objets avec retenue et avei^ peur; mais depuis, cette idée en ayant été séparée, etl'n sage y en ayant joint une autre d'impudence et d'elfronto rie, ils sont devenus honteux ; et c'est avec raison que, poui ne pas frapper l'esprit de cette mauvaise idia, les ralibinJ veulent qu'on en prononce d'autres en lisant la t" ' quoiqu'ils n'en changent pas pour cela le texte.
Ainsi c'était une mauvaise défense t un autour que làl profession religieuse obligeait à une exacte modestie, et f qui on avait reproché avec raison de s'être servi d'à peu honnête pour signilîer un lieu infflme, d'iillégueji que les Pères n'avaient pas fait difficulté de se servir àm celui de lupanar, et qu'on trouvait souvent dans leariT écrits les mots demeretrù:, de leno, et d'autres qu'on au? rait peine h souffrir en notre langue; car la liberté a laquelle les Pores se sont servis de ces mots devait lltï
I. L'£cale angUlas eipilqucT< eu ditTiircnli (nit; par Im hit ■
PHEKIÈBE PARTIE. 103
aire connaître qu'ils n'étnient pas estimés ImnteiixdB leur ^iDlis, c'est-à-dire que l'usage u'y avait pas joint celte iée d'effi'onterie qui les rend infûnies, et il avait tort fe oonclure de là qu'illui fût permis de se servir de ceux ii sont estimés dOslionnétes en notre langue, parce que B mots ne signifient pas en effet la mfime chose que ceux int les Ptres se sont servis, puisque, outre l'idée princiïs en laquelle ils conviennent, ils enfcrmenl aussi l'iage d'une mauvaise disposition d'esprit et qui tient lelque chose du libertinage et de l'impudence. Ces idées accessoii'es étant donc si considérables et .versifiant si fort les signlQuations principales, il serait aie que ceux qui font des dictionnaires les marquassent, [qu'ils avertissent, paresemple, des mots qui sontinjuèwc, civils, aigres, honnfltes, désliounétes ou plutôt l'ils fetronchassent entièrement ces derniers, étant rajours plus utile de les ignorer que de les savoir.
iS IBÉES QOË L'eSTHIT AlOUTE A CELLES QtJI SOKT PRÉCIS^ENT SIGNIFIÉES PAB LES MOTS.
On peut encore comprendre sous le nom d'idées ac- Bsoires une autre sorte d'Idées que l'esprit ajoute Ji la si-' liQcution précise des termes par une raison parlicutj ire : c'est qu'il arrive souvent qu'ayant conçu cette ^iflcation précise qui répond au mot, il ne s'y arrête lE quand elle est trop confuse et trop générale ; mais, irtant sa vue plus loin, il en prend occasion de considd- & encore dans l'objet qui lui est représenté d'autres ittribuls et d'autres faces, et deleconcevoii'ainsipar des dées plus diEtiiictes.
C'est M qvi arriva parliculièiemcnt dans !ea pronoma démonstralilï, 1
loi . tosiônii.
tris-conrns rie lotit objel, n'y ayaat qns le Déaol h quoi on appliqner le mot de cheee.
Ûitis, comnie le proaoïa dèmonatratifAoc ne marque pas su lii cbûse en elle-mËme, et qu'il l'a Taîl coacevotr comme l'esprit n'en demeure pas à ce seul attribut de chose, il y joL naire quelqaes autres attributs diEtiacle ; ainsi quand on se sert du moï de ceci pour munlier na diamant, l'esprit ne ee contente pas d cevoir comme nne cliose présenle, mais il j ajoute les idées de corps dur et éclatant qui a nne telle forme.
Tontes ces idées, tant la première el principale que celles qne l'esprit y ajonte, s'eicitent par le mot de hoc appliqué II un diamaat; mais elles ne s'y eicitent pas de it sterne manière, car l'idée de l'at^ibat de cbose présente s'y eicite comme la propre signiHcatlon du mot, autres s'excitent comme des idées que l'esprit conçoit liées el tdentiQée3 avec cette premlËre el principale idée, mais qni ne sont pas marqnéog précisément par le pronom hoc ; e'eal pourquoi, selon que l'on en^jloi; ce terme de h<ie on des oiatièree difTérentea, les additions sont dilTéreft tes. Si je dis Itoc en montrant on diamant, ce (enne sïfpiïllera tonji celle eliOH ; mats l'esprit y suppléera, et ajoate», qui est un dîanunt qui est un corps dur el éclatant ; si c'est ïla vin, l'esprit y ajoulera l«i idées de la liquidité, do godt et de la couleur du via, et ain^ des antw choses.
U taul donc bien distinguer ces idées ajoutées des idées aiguiaées car quoique les unes et les autres se trouvent duns an même esprit elles ne s'y trouvent pas de la mime sorte ; et l'esprit, qni ajoute cei autres idées plus distinctes, ne laisse pas de concevoir qne le terme di hoc ne sîgniUe de soi-même qu'une idée confuse, qni, quoique jointe I des idées plus distinctes, demeure toujours confuse.
C'eel par lli qu'il faut démêler une cbicsne importune que les miflii très ont rendne célèbre, et sur laquelle ils fondent leur principe argument pour établir leur sens de ligure dans l'eacliarlslie ; et l'on n doit pas s'étonner que nous nous servions ici de cette remarque pour éclaircir cet argument, pnisqn'il est plus digne de U logique que de li théologie.
Leur prétention est que, dans cette proposiiiou de Jésus-Cbrist Ceci Ht inon corpi, le mot de ceci signirie le psin ; or, disent-ils, le paij ne peut èbe réellement le corps de Jésus-Christ, doue la proposition dj Jésns-Cbrist ne signlUe point, ceci eil rétllement mon corya^
Il n'est pas question d'eiaminer ici la mineure et d'en ^re vDirl fausseté; on l'a tait ailleurs' ; et it ne s'agit que de la majeure pt Uquelle ils soutiennent que le mot de ceci signiGe le pain; et il n'y, qu'à leur dire sur cela, selon le principe qne nous avons établi, qne l mot de pain marquant uoo idée distincte, n'est point précisément ceqi répond au terme de hue, qni ne marque que l'idée confuse de clioi
Du Vi per,ié,
lé de la foi de CEglise calhotigne U
^/•ant t'£ucl
PREM1ÈH1! PARTIE, -préaeate ; mais qu'il eil bien vrai q;ae Jésua-Chrial, ea prDnonr,aDl gq ot, et ajoal enniËaieleiiipi appliqué ses apAlrea au pein qn'il leuait Ltrc ses maina, il9 ont viaiseublublement ajouté il l'idée confuse. I ckou frésmii eigoiHée par ie lernie hoc, l'idée dislÎDcie du pain, li élail eenlement excitée et non précisément signlBée par ce terme. Ce n'est que le manque il'allentloii k celte distinction nécessaire entre i idées «citées et les idées piécisémenl sigoinées qui (ail tout l'em' ^^^rras das ministres; ils font mille elforla inutiles pour prouver que jéBDS-Christ montrant du pain, et les spâtres le voyant et y étant appliqués par le tertne da hoc, ils n« pouvaient pas ne pas concevoir da pain. On Uur accorde qu'ils conçurent apparemment du psin, et qu'ils «nrent sujet de le concevoir; il oe fant point tant faire d'elTorls ponr Efila; ii n'est pas question s'ils conçurent du pain, mais comment ils eonçureat.
Et c'est sur quoi on lesr dit qae s'ils conçarenl. c'es(-ï-dire s'ils curent dans l'esprit l'idée distincte du pain, ils ne l'eurent pas comme sigcinée par le mot de Aoc, ce qni est impoeaible, pntGque ce terme ne pgninera jamais qu'une idée conluae ; uais ils l'eurent comme une idée ' à eelle idée eonfiise et excitée par lea cirwastaaeea. erra dans U suite l'importance de cette reniarque, mats il est bon d'îijonter ici que nette distinction est si indubitable, que lors mSma Ïq'Us entreprennent de prouver que le terme de ctci signiHe du pain, Sa ne font antre chose que rétablir. Ctti, dit un ministre qui i parlé le lernier sur celle matière, ne signi/iii pas arulemntl cclti cAoïe tritmit nais Mit chote fréimte qm vous laviz qui al du pain. Qui ne voit dana ;etle proposition que ces termes, qtu vous savez gui est du pain, sont lien ajoutas an mot de chose pTismti par une proposition incidente, msis ne sont pas ^g;niQées précisément par le mot de cIim< ffisiult, le nijel d'une proposition ne signiHant pas la proposition entière, et par conséquent dans cette proposition qui a le même sens, etci qnt cdui savez qvi al da pain, le mot de pain est bien ajouti au mol de ctci, ,)Dais n'est pas signilié par le mot de ceci.
Hais qu'importe, diront les ministres, qne le mot de ceci si^niOe pré- .émeat le pain, pourvu qu'il soit vrai que les «pâtres conçurent que I que Jésna-Ctarist appelle ctci était du pain.
Voici i çnoi cela importe ; c'est que le terme de ceci ne sipillaut de i'Dième que l'idée précise de chùsi priitnie, quoique déterminée m jiain par les idées distinctes qne les apAlres y ajoutèrent, demeura tooipablo d'une autre délermiualioQ et d'être liée avec d'autres lus que l'esprit s'aperçitt de ce eliangement d'objet. Et aiiiei quand Jésus-Christ pronom^ de ceci, que c'était son corps, les apdlres n'eurent qu'à retrancher l'addition qu'ils y avaient faites par les idées disUnctes de pain ; et, retenant la même idée de chose présmtt, ils canfurent, après la proposition de Jésus-Chrlst achevée, que cette ctiose présente était maintenant le corps de Jésus-Christ : ainsi ils lièrent le mot de toc, ceci, qu*il avaient joint au pain par une proposition inci' ral.tri))iit du corps de Jèsus-Cliridt. L'attribut de corps de
Jésus-Christ les obligea bien de retrancher les idées ajoutées ; mais il ne leur fit point changer l'idée précisément marquée par le mot de hoc^ et ils conçurent simplement que c'était le corps de Jésus-Christ. Voilà tout le mystère de cette proposition, qui ne naît pas de l'ûbscurité des termes, mais da changement opéré par Jésus-Christ, qui fit que ce sujet hoc a eu deux différentes déterminations au commencement et à la fin de la proposition, comme nous l'expliquerons dans la seconde partie, chap. xii, en traitant de ruoité de confusion dans les sujets.