‹ La logique de Port RoyalChapitre 47 sur 170 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

. DES MOTS PAR BAPPOHT AUX PROPOSITIOSS.

Comme nous avons dessein d'expliquer ici les diverses'* remarques que les hommes ont faites sur leurs jugements, €t que ces jugements sontdes propositions qui sont oomfosiies de diverses parties ', il faut commencer par l'ex- {ilication de ces parties, qui soat principalement les noms, les pronoms elles verbes.

Il est peu important d'examiner si c'est h. la grammnire !on à la logique d'en traiter, et il est plus court de dire que tout ce qui est utile h la fin de chaque art lui appartient, soit que la connaissance lui en soit particulière, soit ■^'il y (lit aussi d'autres arts et d'autrrs sciences qui s'en servent.

Or, il est certainement de quelçpie utilité pour la On de la logique, qui est de bien penser, d'entendre les divers ilisagcs des sons qui sont destinés à signifier les idées, et que l'esprit a coutume d'y lier si étroitement que l'une ne se conçoit gufere sans l'autre : en sorte que l'idée de 'la chose excite l'idée du son, et l'idée du son celle do la chose.

On peut dire eo général sur ce sujet, que les mots iBontdes sons distincts et articulés, dont les hommes I ont fait des signes pour marquer ce qui se passe dans leur I esprit'.

L la propoillioa, limplc eipredeian du nuliemant ouiyeuEd'AtuiiutduiieiniieBl Vicie inlérisnr Se l'osiifil. | (•1ns Urd de flonuld M «e» purliwM.

Et comme ce qui s'y passe se réduit à concevoir, juger, raisonner et ordonner, ainsi que noua l'avons déjà dit, I8b mois servent d marquer loulea ces opérations; et pour cela on en a inventa principalement de trois 'sortes qui y sont essentiels, dont nous nous contfinterons de parler : savoir, les noms, les pronoms et les verbes, qui tiennentla place des noms, mais d'une manière différente ; et c'est ce qu'il faut expliijuer ici plus en détail.

Des twms.

Lee objets de nos pensées étant, comme nous avons déjà dit, ou des choses ou des manièresde choses, les mots destinés k signifier, tant les choses que les manières,

Ceux qui siguifiaut les choses, s'appellent noms suèstanlifs, comme terre, soleil. Ceux qui signiBent les manières, en marquanten même temps le sujet auquel elles coiivionuent, s'appellent noms flf^'ecïj/s, comme ton, /Mî/e, rovd.

r.'fst ponrqooi, qnand, par une abstrncliaa de l'eapril, on conçoit cea manias «ans les rapporter i un certain sujet, cumme elles eutisistenl aloia en qnelqae aorte dans l'esprit par ellea-miioes, elles s'ei[irîuieiit par uo mot subatanlif, comme lagiae, blanchew, couteur.

Et, au coclraire, quaud ce qui est de aoi-mAnie «nbatance el cbosa \Unt ï être coDçn par lapport il quelque sujet, lea oioti qui le signifient eu cette manière deviennent ailjectifs, camme lameiK, cAornel ; el en dépouillant cea adjectifs, forméa des noms de eabslance, de leur rapport, on en hil de nODTeaux aubstantirs : ainsi, après avoir formé da mol siibslaulif hmmt l'adjectif Huniain, on tomie de l'adjectif hwnain le substantif Jiunmni'i^. y

Il 7 a des noms qui passent pour snbsiauttfs en grammaire, qiu sont de vËritubles adjectifs, comme ni, pkibiivphi, nt^dufn, palsqn'iU marquent uue manière d'être ou mode dans on sigel. Hait la raison pourqaoi Ils passent ponr subslantifa. c'est que, comme ils ne eonviemieot qn't un seul enjet, on sous-eutend toujoais cet nniqne sujet sans ipi'il BOÎt besoin de l'eiprinier.

Par la mime raison, ces mots le rirait, U 61imc, elc, son! de v£riUbIe> idjeclifs, parce que te rapport est marqué ; mais la raison pourquoi OU n'eiprime pas le ^bslantit anquel ils se rappoitent, c'eei que c'est va substantif général, qui comprenrl Idut les siijcls de ces iiiniles, el qui eil

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>ar U iiiiique dans cette gén^mlilè. Ainsi le rovge, e'tel toute choBe ; le blase, toute ctiose blanche ; ou, comme I'od dit en géométrie,

est une chose loiige quekvitiiis.

Les adjectif oqL duac. esseiitielleiiieat deui «ignîQcatioas : l'une di»- (iacte, qui est celle du mode ou manière ; l'autre coafuae, qni est celle fa sujet : mais, quoique ta signiOi^itioD du mode soit plus disimute, die est pourtant indirecte, et, au coottaire, cells du sujet, quoique Itiilfuae, est directe. Le mot de biaac, fundidun, aiguille lodireutcmeat, quoique disUuctemeiit, lu blancheur.

Des pronoms.

L'usage des pronoms est de tenir la place des uoma, et de donner noyau d'en éviter la répétition, qni est ennuyeuse ; mais il ne fant pas ■Imaginer ifa'ea tenant la place des nonu, ils f^ssonl enlJÈreuieut le ;aiin)e effet sur l'esprit : ce n'est DuIleaiciiC vrai ; an coutrairc, ils no remédient aa dégoût ie la répétition, que parce qu'ils ne représenteol que d'une mssiére conruse. Les noms découvrent en quelque )orI« les cboseg il l'esprit, et les pronoms les préseotent comme voilées, [gnoiqne l'eaprit seule pourtant que c'est la même cboae que celle qui «st signifiée par les noms. C'est pourquoi il n'i a point d'inconvénient l^ufl le nom et le pronom soient joints ensemble : Tu Pkadria, Eut igv Jtaimti.

Des diverses sortes de pronoms.

Comme les hommes ont reconnu qu'il était soutenl inutile et de Buvaise gréce de i& uoinmer soi-même, ils ont iutroduit le pronom de première personne pour mettre en la place do celui qui parle, ego.

Et pour n'être pas obligés de répéter les noms des autres ])ersonnes ' autres cbosas dont du parle, ils ont inventé les pronoms de la me personne, ille, ilta, iliud, entre lesquels il j en a qui marient, comme au doigt, la cliose dont on parle, et qu'à cause de cela on somme démonslraiib, hU, Ute, celui-û, cèlui-Iï.

11 ï ea a ans^ un qu'on nomme réciproque, parce qu'il marque un rapport d'une cbosc k soi-même. C'est le pronom sui, sibi, te; n CaloQ

Tous les pronoms ont cela de commun, comme nous avons déjà dit,

n'ils marquent couFuaémeal le nom dont ils tiennent la place ; mais il

a de ccU de particulier dans le neutre de ces pronoms iiiud, hte,

iors<;i>'il est mis absolument, c'esl-b-dire sans nom exprimé, qu'an lieu

' autres genres hic, hae, aie, illa, peuvent se rapporter et se

rnpporlent pMîiine lonjouPB â des idée» dijUnctes, qiilla ne maripoirt nÉDimioini qat copfiisémenl : ilium txspîrmiem jlamMat, c'est-i-dî» l'diim AjacciR ; Uii ego nîc ineiu! rarum. Me («iijioi'a ponam, e'eat-à-dire BonisHi'i ; le neutre, ou eonlraife, se rapporte toujours il ua nom général el confus ; Hdh «rat in valii, c'est-Ù-dire kiee Tes, hoc lagolium erat in vMim Eue («( aima paress, etc. Aimt il y a nne double confusiou dans le neatre : aivoir, colle dn pronom, dont la EJgalIlcalton esl (oiijoiii's confuse, elcelle du mot ntsoUatn, chose, qui est encore aussi générale

si confuse.

Du pronom relatif.

a appelle reUlir, jtif, 5«*, iwi, n uTeelea autres pro- 1, et eu eiciia

Il y a encore nn antre proncm qui, lequel, laquelle.

Ce pronom l'elatit ï quelque chose de nems, et queliiin: i:lios« de propre.

Ce qu'il a de comuinn, est qu'il se met an lieu une idée conluee.

Ce qu'il a de propre, est que la pi'Dpusition liarœ laquelle il entre peut fsire parlie du anjet ou de l'utlribnt d'une pruposlÛuD, et fornei ainsi une de ces propositions ajoutées on incidentes, dont nous parlerons plus bas avec plus d'éleodue, Dieu ;ui «al hm, le mooile yui Ml ïiBiiitr.

Je suppose ici qu'on eolend ces termes de sujet el d'attiitjuL des propûeitions, quoiqu'on ne les ait pas encore expliquas expreasément, parce qu'ils sont i\ coniainns, qu'on les entend ordinairement avant â'avoir étudié la tngique : ceux qui ne les enlendratent pas, n'aurool qu'ï recourir su lion où on en marque le sens.

On peut résoudre par là cette question ; quel est le sens précis du mol îûe, lorsqu'il snil un verbe et qu'il semble ne se rapporter 1 rien. Jean Hpi/aiH lu'il ii'dlBil pas is Chriil. Piialc dit su'iim trouvait pttnt Ht crime enJitvi-Ckritt.

Il y en a qui en veulent bire un adverbe aussi bien que du mot iiirni, que les Lutins prenneni quelquefois au mCme sens qu'a noire gut trantSt'a quoique rarenieal : New IM objitio jued hmintm si'ùliniU, dil Cicéroo K

Mais la vérité est que les mots gvi, gtipd, ne sont autre chose qne le pronom relatif, et qu'ils en conservent te sens.

Aioii, dans cette proposition, Jean ripmtdil qvHl n'dfafl pat le Chriit, ce jue conserve l'usage de lier une autre proposition, savoir^ «'étaUpimlt Chriit, Bvee l'attribut enfermé dans le mol do n^oNdil. qui signillo fuit rttponileni.

L'antre usage, qui est de tenir la place du nom et de s'y rappnrttr, y parait i. la vériié bcauconp moins ; ce qui a tait dire i quelques personnes habiles que ce que en étail entièrement privé dans celle uccA-

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