CHAPITRE V
KS rHOPOSlTIONS SIMPLES ET COMPOSÉES, OXl'lL T EN A DE r BDÎPLBS 001 PAHAISSEKT COMPOSITES ET QDI KR LE SONT PAS, [ BT Qu'on PEUX APPELER COMPLETES. DE CKLLES tH" SOKT l COMPLEXES PAR LE SUJET OU PAR L'ATT&IBUT.
Nous avons dit que toute proposition doit avoir au an sujeL et un attpîbut; mais il ne s'ensuitpas de IJi qu'elle ne puisse avoir plus d'un sujet et plus d'iin attribut. Cellea donc qui n'ont qu'un sujet et qu'un attriliut s'appellent simples, et celles qui ont plus d'm sujet ou plus d'un altrîLut s'appellent composées, ooaim quiiiui je dis : les biens et les maux, la vie et la mta' la ]iHuvreté et les richesses viennent du Seigneur ' Ulrifiut : venir du Seigneur, est affirmé, non d'un se^ ijet , mais do plusieurs; savoir, biem et maux, el Mais avant que 'l'expliquer ces propositions compt !s, il faut remarquer qu'il y en a qui le paraissent, ë qui sont néanmoins simples : cap la simplicité d'une ppd piisitiouseprcndde l'unité du sujet et do l'attrUjut. ori il y a plusieurs propositions qid n'ont proprement qu'a sujet et qu'un attribut ; mais dont le sujet et l'atlribid terme complexe, qui enferme d'autres proposM
tions qu'on peut appeler incidentes, qui ne Font que partie du sujet ou de l'attribut, y étant jointes par le pronom relatif, qui, lequel, dont le propre est dejoindre ensemble plusieurs propositions, en sorte qu'elles n'en composent toutes qu'une seule.
Ainsi, quand Jésos-Christ dit : Celui qui fera la volonté de mon Père qui est dans le ciel, entrera dans le royaume des cieux, le sujet de cette proposition contient deux propositions, puisqu'il comprend deux verbes; mais comme ils sont joints par des qui, ils ne font que partie du sujet : au lieu que quand je dis : Les biens et les maux viennent du Seigneur, il y a proprement deux sujets, parce que j'affirme également de l'un et de l'autre qu'ils viennent de Dieu.
Et la raison de cela est, que les propositions jointes à d'autres par des qui, ou ne sont des propositions que fort imparfaitement, selon ce qui sera dit plus bas, ou ne sont pas tant considérées comme des propositions que l'on fasse alors, que comme des propositions qui ont été faites auparavant, et qu'alors on ne fait plus que concevoir, comme si c'étaient de simples idées. D'où vient qu'il est indifférent d'énoncer ces propositions incidentes par des noms adjectifs ou par des participes sans verbes et sans gm, ou avec des verbes et des qui; car c'est la même chose de dire : Dieu invisible a créé le monde visible^ ou Dieu qui est invisibley a créé le monde qui est visible. Alexandre j le plus généreux de tous les roiSy a vaincu Darius^ ou Alexandre, qui a été le plus généreux de tous les roiSy a vaincu Darius : et dans l'un et dans l'autre cas, mon but principal n'est pas d'affirmer que Dieu soit invisible, ou qu'Alexandre ait été le plus généreux des rois ; mais, supposant l'un et l'autre comme affirmé auparavant, j'affirme de Dieu conçu comme invisible, qu'il a créé le monde visible, et d'Alexandre conçu comme le plus généreux de tous les rois, qu'il a vaincu Darius.
Mais si je disais : Alexandre a été le plus généreux de tous les rois et le vainqueur de Darius, il est visible que j'affirmerais également d'Alexandre, et qu'il aurait été le plus généreux de tous les rois, et qu'il aurait été le vainqueur de Darius. Et ainsi c'est avec raison qu'on appelle ces dernières sortes de propositions des propositions composées, au lieu qu'on peut appeler les autres des propositions complexes.
Il faut encore remarquer que ces propositions complexes peuvent être de deux sortes : car la complexion, pour parler ainsi, peut tomber ou sur la matière de la proposition, c'est-à-dire sur le sujet ou sur l'attribut, ou sur tous les deux, ou bien sur la forme seulement.
10 La complexion tombe sur le sujet, quand le sujet est un terme
DBIIÏI6MB PABTIB.
BoLuluBoniDi/œoora".
y Car le verbe esl est soua-eatendu daaa cellâ deroière proposition, et
n est l'aitrihui] «t tout lo reste le sujet.
' ï° La comploxiuii tombe Enr l'altriliul, lorsque l'aliribut est un terme bomplexe, comme : La piité sit un bien gui rcnil l'Iiummi: hmreux dans la 'il STiiiiits adversité):
Sam pifls ^Sce» tsmi napor stbara Dotiu*.
I' HaÎB 11 faut parlieulièremcat remarquer ici que toutes les proposilions le Terbea aciiiS et de leur régime, peuvent être appelées eomplexCE, et qu'elles conllennept en quelque manière deax propoai' lions. Si je dis, par eieuiple, lirutoa a Iné un tyran, cela veut dire que Bmtna a. tué quelqu'un, et qno celui qu'il a tu£ était tyran. O'oii vient que colle proposition peut élre coulredile en deux manières, ou en ""disant : Brotua n'a tué personne, ou en disant que celui qu'il a luâ ■'Atatt pas tyran. Ce qu'il est très-important de remarquer, parce q\ie, .e ces sortes de proposiliaus entrent en des erguments, (luelquefui^ n prouve qu'une partie en supposant l'autre : ce qui oblige son- Kat, pOur réduire ces arguments dans la tuime la plus naturelle, de Sanferl'teWen passif, afin qua la partie qui est prouvée soit esprimée ^reelement, comme nous remarquerons plus au long quand nous traite-
is des argnmenls composés de ces propositions compleiee. r S* Quelquefois la compleiion tombe sur le sujet et sur l'atlrlbuli l'un H l'autre étant un terme complexe, eomme dans cette proposition ; Jàl sraiida qui e^rimint les paiiurM siroitl funta de Dieu, ijui est le
Cmdibo, et îgrei
dam RTsdU roodotatu:
iaoTli : U Banc liotcen sano. Trojffi qui pilma lugm, ljiilD»qno veni
Les trois premiers vers et la moilié du quatrième composent le «njet ., it cette proportion; le reste eu compose l'attribnt, et l'aRirniation est I enfermée dans le verbe cano.
[ Voîlù les trois manières selon lesquelles les propositions peuvent êtr* I [ pompleies, quant à leur matière, c'est-à-diro quant k leur sujet et^jp
i2G LOGIQUE,