DEUXIÈME PARTIE
peuvent point être appelés verlueiix, quoique devant Dieu CG eoit un gi'and vice que de n'avoir point de vei-Lu. Entre sain et malade, il y a l'âlat d'un hoinme indisposé ou convalescent : entre le jour et la nuit, il y a le crépuscule : entre les vices opposés, il y a le milieu de la vertu, comme la piété entre l'impiété et la BupersliUon; et quelqueTois e% milieu est double, comme entre l'avarice et la prodigalité il y a lihéralité et une épargne louable : entre la timidité ijui craint tout et la témérité qui ne craint rien, il y a la générosité, qui ne s'étonne point des périls, et une précaution raisonnable, qui fait éviter ceux auxquels il n'est pas à propos de s'exposer'.
La deuxième rfegle, qui est une suite de la première, est que les membres de la division soient opposés, comme paù', impair; raisonnable, privé de raison. Mais il faut remarquer ce qu'on a déjà dit dans la première partie, qu'il n est pas nécessaire que toutes les différences qui font ses membres opposés soient positives ; mais qu'il suffit qu'une le soit, et que l'autre soit le genre seul avec la négation de l'autre différence ; et c'est mÉme par là qu'on fait que les membres sont plus certainement opposés*. Ainsi, ladiifércnce delahfite avec l'homme n'est que la privation de la raison, qui n'est rien de positif; l'imparité n'est que la négation de la divisibintê en deux parties égales. Le nombre premier n'a rien que n'oit lenombre composé; l'un et l'autre ayantl'unil^ pour mesure, et celui qu'on appelle premier n'étant dilTérent du composé, qu'en ce qu'il n'a point d'autre mesm'e que l'unité.
NéanmoinSjilTautavoner que c'est le meilleur d'exprimer les différences opposées par des termes positifs, quand cela se peut ; parce que cela fait mieux entendre la nature des membres de la division. C'est pourquoi la division de la substance en celle qui pense et celle qui est étendue, estbeaucoup meilleure que la commune, eu celle
.Vfnlolfl, eamBiu du s«il, plisait ]i iiLuâ boni lo cbipllM où l^n Inilé dM
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qiii est niotôrieHe et celle iiui est immatérielle, ou bien en celle qui est corporelle, et cellequi n'eslpas corporelle; pnrco que les mots A' immatérielle on à'incorporella ne nous donnent qu'une idée fort iniparraite et fort confuse lie ce gui se comprend beaucoup mieux par les mots de mbstaiice quipense'.
La troisième règle, qui est mie suite de la seconde, est que l'un des membres no soit pas tellement enfermé dans l'autre, que l'aulre en puisse être affirmé, quoiqu'il puisse quelquefois y être enfermé en une autre manière; car la ligne est enfermée dans la surface comme le terme ' de la surface, et ia surface dans le solide comme le terme du solide. Mais cela n'empêche pas que retendue ne se divise en ligne, surface et solide, parce qu'on ne peut pas dire que la ligne soitsurface, ni la surface solide. Ou ne peut pas, au contraire, diviser le nombre en pair, imp;iir et carré, parce que tout nombre carré étant pair ou impair, ilest enfermé dans les deux premiers membres.
On ne doit pas aussi diviser les opinions en vraies, fausses et probaliles, parce que toute opinion probable est vraie ou fan^e. Maison peut les diviser premièrement en vraies et en fausses, et puis diviser les unes et les autres en certaines et en probables.
Ramus et ses parlisans se sont fort tourmentés pour montrer que toutes les divisions ne doivent avoir que deux membres. Tant qu'on peut le faire commodément, c'est le meilleur; mais la clarté et la facilité étant ce qu'on doit le plus considérer dans les sciences, on ne doit pas rejeter les divisions en trois membres, et plus encore quand elles sont plus naturelles, et qu'on aurait besoin de subdivisions forcées pour les faire toujours en deux membres : car alors, au lieu de soulager l'esprit, ce qui est le principal fruit de la division, on l'accî^le par un grand nombre desubdivisions, qu'il est bien plus diflicile de retenir que ai tout d'un coup on avait fait plus de
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roembres & ce que l'on divise. Par exemple, n'est-il pas plus court, plus simple et plus naturel de dire: Toute étendue est ou ligne ou mrface, ou solide, que de dire comme Ramua : Magniludo est Unea vel lineatum, lineatum est iuperficiei vel soUdum ' 7
Enfin, on peut remarquer que c'est un égal défaut de ne faire pas assez et de faire trop de divisions ; l'un n'éclaire pas assez d'esprit et l'autre k dissipe trop. Grassot, qui est un philosoplie estimable entre les interprfetns d'Anstole, a nui à son livre parle trop grand nombre de divisions '. On retombe par 15 dans la confusion que l'on prétend éviter : confusum est quidquid in pulverem sectum esl'l