XVIII NOTICE SUR LA VIE ET LES ŒUVRES
consiste dans l'appel qu'on a coutume de faire à l'évidence des mathématiques et des branches de la science physique qui s'en rapprochent. La chasser de ces sciences, c'est l'expulser de sa forteresse;... on ne l'avait pas encore fait... En portant la lumière sur les véritables raisons de l'évidence des vérités mathématiques et physiques, le Système de logique attaquait les philosophes de l'école intuitive sur le terrain où jusqu'ici ils s'étaient crus inattaquables, et elle expliquait à sa manière, par l'expérience et l'association, le caractère particulier des principes qu'on appelle nécessaires. »
Des articles élogicux furent consacrés à l'ouvrage de Mill par le logicien Whately et par M. Bain. Même dans l'école adverse, la critique fut tempérée par l'expression d'une sincère admiration pour la loyauté et la puissance d'esprit de Mill; M. Ward (l'allié des Newman et des Pusey dans leur tentative de réforme semi-catholique de l'Eglise anglicane), tout en déplorant les « misérables infirmités morales et religieuses » de Mill, rend hommage au caractère de l'auteur. [V. Bain, J.-S. Mill, p. G9.) Enfin un témoignage particulièrement précieux fut celui de Comte {V. la lettre de celui-ci dans Littré, A. Comte, p. 435), qui se félicitait de trouver « entre leurs deux cerveaux une précision de synergie au delà même de ce qu'il attendait ».
Il est vrai que, dans l'espèce, la reconnaissance n'était pas étrangère à cette admiration. Mill avait introduit en Angleterre le Cours de philosophie positive, dont il avait rapporté les premiers volumes de son