‹ La logique des sciences moralesChapitre 9 sur 114 · DE STUAHT MILL XVII · texte numérisé non relu

DE STUAHT MILL XVII

bien contestable, mais elle témoignait d'une aptitude et d'une tendance louable à comprendre et à mettre à profit les doctrines adverses. On lui en sut assez mauvais gré dans son parti, et Grote en particulier en fut fort affecté.

La Logique était achevée; la publication en fut retardée par quelques difficultés de librairie ; elle parut dans l'hiver de 1843. Jusqu'au dernier moment il perfectionna et compléta son œuvre.

Elle eut un retentissement considérable, qui dépassait les espérances de Mill. C'est que, nous dit-il pour expliquer ce succès {Mémoiresy p. 215), « le Sys lème de logique combla une véritable lacune : il fournit le manuel de la doctrine opposée [à l'a-priorisme allemand], c'est-à-dire de celle qui fait dériver toute connaissance de l'expérience, et toutes les qualités morales aussi bien qu'intellectuelles de la direction donnée aux associations des faits de conscience... Quelle que puisse être la valeur pratique d'une saine théorie [des opérations logiques], on ne saurait exagérer les inconvénients d'une fausse. La notion que des vérités extérieures à l'esprit peuvent être connues par intuition dans la conscience, indépendamment de l'expérience et de l'observation, est, de notre temps, j'en suis convaincu, le plus ferme appui des fausses doctrines et des mauvaises institutions. Grâce à cette théorie, toute croyance invétérée, tout sentiment intense dont l'origine se perd dans l'oubli, peut se soustraire h l'obligation de faire ses preuves devant la raison... La principale force de cette fausse philosophie en morale, en politique et en religion,

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