DE STUART MILL XXV
il chaque Instant la forme, et n'y semble pas adéquat. Il y a quelque chose d'un éclectique dans ce penseur formé a la sévère et quelque peu dogmatique discipline de James Mill; c'est que si Tintuitionnisme éclectique est au fond un empirisme inconscient^ l'empirisme mène aussi à une manière d'éclectisme et d'intuitionnisme.
C'était cependant contre l'intuitionnisme que Mill devait, la même année, commencer une vigoureuse campagne dans son Examen de la philosophie de Hamiltoriy qui parut en 1865. C'est cet ouvrage capital qui fait peut-être le plus complètement connaître h la fois le critique et le philosophe, et peutêtre serait-on frappé encore ici du contraste que forme la subtilité et l'acuité de la discussion, avec l'insuffisance et le caractère quelquefois presque simpliste de certaines solutions. Il réduit la connaissance que nous avons du moi à la série des états de conscience ; il refuse de reconnaître l'inconscience (ch. xv), la vie profonde de la pensée toujours grosse d'un développement indéfini, le caractère dynamique des faits internes, où rien n'apparaît qui n'existe déjà en quelque manière, comme le fruit dans la fleur ; et d'autre part il finit par reconnaître qu'il y a pourtant une différence entre le moi entant qu'il «<? connaît et le moi en l^nX (\a existant (trad. fr., p. 251), et qu'il y a une sorte de chaîne entre nos faits de conscience, dont on ne peut rien dire sinon qu'elle est la chaîne; pour avoir voulu s'en tenir au phénomène, il nous ramène bien près de l'inerte « substance » des intuitionnistes. Il fait de l'association inséparable a la clef qui
Belot. — La Logique. b