XXVI NOTICE SUR LA VIE ET LES ŒUVRES
permet le mîeux de pénétrer les mystères les plus profonds de la science de l'esprit », et, faute d'une théorie de l'unité de conscience, il nous laisse dans l'impossibilité de comprendre comment l'association s'opérerait entre des faits psychiques pour ainsi dire simplement juxtaposés. Il refuse a la conscience (a propos de la liberté, p. 550 et p. 355) tout sentiment de pouvoir, la réduisant au pur présent et, pour ainsi dire, à une surface sans profondeur ; il réduit (à propos de la mémoire) toute possibilité à une pure abstraction de l'esprit; et d'autre part il fait de la « mémoire et de l'expectation » des attributs fondamentaux du moi (p. 248); il explique parla les effets de la loi d'association; enfin il définit la réalité des objets extérieurs comme constituée par des possibi^ lités permanentes de sensations (il indique à peine que ce sont aussi des possibilités universelles de sensations, p. 249), sans qu'on puisse comprendre quel serait, dans un phénoménisme aussi étroit, le fondement de Ia permanence et de Y universalité d'un simple possible. Il réduit, avec Hume, la causalité a une succession constante et inconditionnelle, provoquant une attente associative; mais on ne voit plus quelle pourrait être pour une simple succession la garantie de sa constance et de son inconditionnalité. Il ne concilie ainsi la liberté avec le déterminisme qu'en enlevant tout fondement a l'une et à l'autre : au déterminisme, car toute connexion intrinsèque des phénomènes est supprimée; à la liberté même, ce qu'on remarque moins, car c'est seulement par une liaison dynamique que nos actes sont bien vraiment nôtres,