DE STUART MILL XXVII
et une telle liaison ne se comprend plus, à vrai dire, quoiqu'il raflîrme, si toute réalité est déniée au potentiel.
Mill ne voit pas ce que j'appellerai le dessous des questions. Il en prend toujours la formule au sens strict; il applique à cette formule une discussion serrée, mais où la vraie portée des doctrines échappe trop souvent. En un mot Mill (il peut paraître naïf de le dire) n'a pas le sens métaphysique, et c'est ce qui frapperait en particulier dans les chapitres où il discute les doctrines de Hamilton et de Mansel sur l'Absolu.
On comprend a plus forte raison qu'il n'ait gardé du positivisme que les doctrines logiques et scientifiques , et se soit refusé à suivre Comte dans la seconde partie de son œuvre, dans les conceptions aventureuses du Système de politique positi{>e. C'est surtout à dégager la philosophie du Cours de cette superstructure politique et religieuse, h creuser un abîme entre les deux parties du Positivisme que, tout en accueillant favorablement l'Idée d'une religion de l'Humanité, il s'applique dans son petit ouvrage sur A. Comte (1865).
A cette date commence sa courte carrière parlementaire. On peut dire que son élection aux Communes fut exclusivement le fruit de sa notoriété et de sa loyauté comme penseur et écrivain politique; car il avait commencé par déclarer contraire à ses principes qu'un candidat fit aucuns frais pour son élection, sollicitât aucun suffrage, se fit l'avocat d'aucun Intérêt local. Ses opinions connues et de nouveau proclamées sur les droits civils et politiques des fem-
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mes n'étaient pas non plus pour migmenter ses chances de succès. Elu, il se consacra surtout a la queslîou deln réforme électorale et déTendit en particulîeita représentation des minorités et le droit de suffrage des femmes. Il éclioua d'ailleurs sur les deux points, et ce double échec contribua, ainsi que l'appni publiquement donné à la candidature du libre penseur Bradlaugh, àempècher sa réélection, lorsque le Parlement eut été dissous {18fi8). L'année précédente il avait été nommé recteurdu collège de Suint- André et avait prononcé à cette occasion la harangue -d'usage, qui nous fait connaître d'assez près ses idées sur l'éducation : il y prend notamment la défense des littératures anciennes (M. Bain lui reproche de trop <'onfondre cette étude avec celle des langues mortes), dont il croyait le rAle meuacé. I! s'efi'orce de concilier la culture des lettres classiques avec celle des sciences modernes et de faire sentir « que c'est uniquement r inefficacité et la sottise de l'enseignement habituel qui font qu'on regarde ces études comme rivales, au lieu de n'y voir que des alliées ii. (Memmrv,, p. 292.)
L'année 1869 fut occupée par la publicittîon de V Assujettissement des femmes (écrit dès 1861 en collaboration avec sa femme), et l'édition de YAnalysis de James Mill, faite en collaboration avec M. Bain. A la même époque appartient VEs^oi sur le théisme, publié après sa mort par Helen Taylor, avec deux autres Essais écrits a une époque bien antérieure (entre 1850 el 1858) sur la Nature et sur l'Utilité de la Religion. Ces Essais, surtout le dernier en date, nous