DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE XLV
que, en effet, la forme de la détermination est telle qu'elle est incompatible avec la liberté : l'extériorité des éléments de la réalité physique les uns par rapport aux autres, dans le temps et dans l'espace, y donne h la détermination la forme de la contrainte; l'unité et l'identité psychiques constituent des conditions tout opposées. C'est donc le mécanisme imaginé sous le déterminisme qui fait paraître celui-ci en opposition avec la liberté. Mais Mill ne pouvait pas reconnaître une telle distinction. Au contraire, sa théorie de la causalité l'amène d'une part a déclarer « qu'il serait bien plus exact de dire que la matière n'est pas enchaînée par la nécessité, que de prétendre que l'esprit le soit » (F. ch. ii, n. 7, p. 16) ; et en môme temps son associationnisme donne, en effet, h la vie psychique l'aspect d'un mécanisme où les éléments agiraient du dehors les uns sur les autres. Et ainsi, de deux façons opposées, Mill établit entre le déterminisme psychologique et le déterminisme physique une assimilation imprudente qui rend la solution du problème impossible.
On voit combien précaire est la conciliation opérée par Mill entre la liberté et le déterminisme, et grâce a quelle insuffisante ou vicieuse conception de chacun des deux termes il semble réussir à la réaliser.