‹ La logique des sciences moralesChapitre 27 sur 114 · DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE XLVII · texte numérisé non relu

DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE XLVII

maître : « S'il s'agit d'étudier les facultés, écrit-il, je suis avec M. Comte; s'il s'agît d'étudier les produits, je suis avec M. Mill. » La grammaire, l'esthétique, l'idéologie (c'est-à-dire l'étude des produits), ne rentreraient sans doute pas dans la biologie ; mais aussi resteraient-elles en dehors du cadre de la philosophie positive. En revanche, « tout ce qui est facultés, analyse ou classification de facultés, jeu ou fonction des facultés, modification des facultés par les diverses influences et les milieux, appartient à la biologie » {op. cit.y p. 264 et 265). Mais la preuve fait défaut, et l'on ne voit point que l'association des idées, la formation de la conscience morale, etc., aient été ou puissent être l'objet d'une explication purement cérébrale, sans aucun compte tenu des faits subjectifs comme tels. « La physiologie, continue M. Littré, est venue tard à traiter des facultés affectives ou intellectuelles, qu'elle nomme maintenant, sans hésiter, du nom de facultés cérébrales. » Mais on ne voit point qu'elle y soit même parvenue; et si Mill n'a pas prouvé, ni d'ailleurs prétendu, que ces facultés n'eussent pas leur corrélatif cérébral et ne pussent jamais être étudiées sous cet aspect, ni Comte ni Littré n'ont prouvé, comme ils semblent le vouloir, ■qu'il ne fût pas possible et même nécessaire de les ■étudier sous leur aspect subjectif. Non seulement la physiologie est, aujourd'hui encore, hors d'état d'envisager les connexions cérébrales corrélatives à la plupart des faits intellectuels et moraux, même les plus simples; mais, quand elle y serait parvenue, il ne serait nullement défendu, ou plutôt on ne

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Un nuire argument de Liltré c'est que lu pliilosophie positive est une ronceptlon du nmride, niiu de l'honimp et de l'esprit, et que p:ii' conséquent lii psychologie no ssuirait y trouver place. Mais dans la philosophie positive trouve place la sociologie, et une sociologie qui, chez Comte Ini-méme, suspend tout le cours de l'histoire ii la nature humaine, et non pas même aux besoins ou aux passions, mais ti l'évolulion intellectuelle de l'homme {V. ch. x, a. 25). I.u loi des i( trois états » est-elle donc une loi biologique? Et la vie sociale ne dépend-elle pas surtout de ces n produits » de l'esprit que M. Littré rejette hors du cadre de la philosophie positive? Ainsi, même chez Comte qui le méeonnait en principe, le fondement de la sociologie est beaucoup plutôt psychologique que biologique; et la lecture même de Comte dément îrtion de Littré {ibid., p. 271) : que « le groupe

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mal limite, mal défin

n'est nécessaire ni !i la constitution de la sociologie, ni h la série des sciences telles que M. Comte l'ii lixée M. La démonstration de toute cette thèse est, chez Littré, non pas faible, mais littéralement absente.

A vrai dire, la justification de Mill serait plus complète si, d'un côté, il avait présenté nne théorie plus satisfaisante des rapports de la physiologie nvec la psychologie, et si, d'autre part, il avait analysé de jilus près les dillicultés propres de la science psychologique et les méthodes qui lui sont applicables.

Sur le premier point on ne peut assurément de-

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