‹ La logique des sciences moralesChapitre 28 sur 114 · DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE XLIX · texte numérisé non relu

DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE XLIX

mander h un traité de logique une étude approfondie. Cependant la théorie même de la possibilité de la psychologie comme science et de sa méthode eût exigé une conception plus nette et plus consistante. La valeur de la physiologie n'est-elle pas ici, en effets avant tout celle d'une méthode, beaucoup plus que celle d'une explication? Ce que Comte loue dans la phrénologie, ce ne sont nullement les résultats, mais seulement le procédé, et encore n'en loue-t-il que l'idée la plus générale {V. ch. iv, note 24). Le physique fournit des faits et des lois psychiques un schématisme particulièrement clair et maniable, une traduction sur laquelle l'analyse scientifique a plus de prise que sur le texte. Mais, pour utiliser cette vue, il faut adopter la conception d'un ûvcipXe parallélisjne entre le physique et le moral. Or Mill, tout en admettant l'existence des lois mentales, suppose aussi, précisément comme les épiphénoménistes contemporains, héritiers de la négation de Comte, que le physique peut directement produire le psychique, qui apparaît dès lors comme un surcroît absolument gratuit et accidentel. De même sa négation de l'inconscience et sa théorie de la mémoire impliquent qu'un phénomène psychique puisse disparaître, comme il est apparu, ne laissant subsister que le phénomène physique qui en serait le soubassement (ch. v, notes 1 et 4). Est-il bien aisé de concevoir ce que pourrait être un déterminisme dans un ordre de faits sujets à des apparitions et des disparitions absolues?

Peut-être une plus nette conception des rapports ■du physique et du moral eût-elle résolu la difficulté

nODtlCTION A L

j)endante entre Comte et Mill. Car Comte a raison do nier qu'une science psychologique doUo s'intercaler <lans la série entre la biologie et la sociologie, puisque, par certains eûtes, celle-ci dépend directement de celle-là. Mill, de son côté, a raison de soutenir que la biologie ne Buflît pourtant plus. C'est qu'en efl'et, il partir d'un certain point, dans la hiérarcbie des formes de l'existence apparaît une nouvelle face de la réalité, la lace subjective, qui, au-dessous de ce niveau, ne nous est pas révélée; de sorte qu'il partir de ce point il y a une véritable bifurcation dans l'explication des phénomènes, et l'on ne peut ni placer la psychologie enlre la biologie et lu sociologie, comme ai les explications d'ordre physique s'interrompaient, ni méconnaître la réalité d'une série parallèle d'explications proprement psychologiques. Et l'importance de ce second aspect des faits devient de plus en plus prépondérante ii mesure qu'on s'élève à des phénomènes plus complexes, soit dans l'ordre individuel, soit dans l'ordre social. C'est ainsi que, en psychologie, les explications physiologiques sont légitimement les plus fondamentales quand il s'agit des fonctions inférieures delà pensée, et deviennent de moins en moins claires et de moins en moins nécessaires quand on s'élève aux facultés intellectuelles et, affectives supérieures. — VA de m^me, suivant lu remarque de Comte lui-mdne, les sociétés les moins développées sont surtout dominées par les conditions extérieures et matérielles de la vie, tandis que les plus civilisées s'en affranchissent dans une mesure assez large pour ^ue, dès lors, le rôle dos croyances et des connais-

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