‹ La logique des sciences moralesChapitre 33 sur 114 · DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE LVII · texte numérisé non relu

DU SIXIÈME LIVRE DE LA LOGIQUE LVII

groupe social. (Cf. viii, n. 9 et v, 3.) Mais il ne se demande pas si Ton ne peut pas alors, en poussant cette idée de proche en proche, considérer riiomme tout entier, tel qu'il nous est connu, comme un produit social. Mill nous parle constamment des <c principes de la nature humaine » comme d'un fond primitif, irréductible et universel, (c II fut toute sa vie, nous dit M. Bain^, possédé de l'idée que les différences du caractère individuel ou national étaient dues à des accidents et a des circonstances dont on pourrait se rendre maître jusqu'à un certain point, et c'était sur cette conviction que reposaient ses espérances pour l'avenir. Il n'aurait pas admis que les êtres humains fussent aussi différents dès la naissance qu'ils le deviennent dans la suite. » C'est l'idée de Locke , et Buckle l'acceptait également. Mais il en résulte, et lui-même reconnaît que les propositions qu'on peut accepter comme principes premiers et universels de la nature humaine se restreignent de plus en plus (p. 135), et ainsi lorsqu'on cherche à définir cette nature humaine indépendamment du fait social, elle s'efface dans l'infinitésimal et recule au delà de toute limite. Mill, à cet égard, reflète encore la pensée du xviii® siècle, où l'on parle d'autant plus volontiers de l'homme en général que l'on conçoit cette nature plus malléable, et que les variétés qu'elle présente s'expliqueraient comme des produits artificiels des institutions et de la vie sociale.

Mill est, il est vrai, par son déterminisme très

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