‹ La logique des sciences moralesChapitre 4 sur 114 · DE STUART MILL VU · texte numérisé non relu

DE STUART MILL VU

Pro Archia^ tout en continuant le grec avec Thucydide, Sophocle et Euripide.

Les sciences n'étaient pas négligées; à onze ans il abordait déjà les sections coniques et le calcul infinitésimal; la physique et la chimie, chose remarquable, ne viennent qu'ensuite et à moindre dose.

A douze ans il lit enfin les quatre premiers livres de V Organon^ dont il fait un résumé synoptique, et à treize il complète son instruction en logique par la lecture de divers traités anglais, en particulier de la Computatio de Hobbes.

Il est à croire que toutes ces études , dont les résultats n'étaient pas, on le pense , régulièrement contrôlés (Mill n'eut jamais aucun autre maître que son père, sinon d'une manière tout à fait accidentelle, à Montpellier), restaient en partie assez superficielles; cependant l'initiative dont il fait preuve, l'habitude qu'il prend de bonne heure et que son père encourage, de résumer ses lectures et d'exposer ses idées par écrit ou de vive voix (à douze ans et demi il compose une histoire romaine allant jusqu'aux lois liciniennes), la nature même de certains de ces travaux, attestent qu'il n'y avait pas de sa part un simple travail de mémoire, mais une assimilation réelle, autant du moins que le permettait son extrême jeunesse.

Ce qu'il faut bien reconnaître, c'est que toute cette lecture, et même ce travail si précoce de rédaction, n'ont guère fait de Mill un écrivain. Cela peut paraître inattendu, et n'est peut-être que naturel. Prendre trop tôt l'habitude d'écrire, c'est presque forcé-

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ment prendre Thabitude de m;il écrire. Oii peut dire qu'en généial Mill paraît ignorer ce que c'est que le style; sa phrase est lourde, enchevêtrée, incolore, quelquefois même incorrecte; les négligences, les répétitions de mots, y abondent; le vocabulaire en est assez pauvre, et les locutions sans variété'. On doit avouer d'ailleurs que rarement la clarté de la pensée en souffre, et la réputation de Mill h cet égard est justifiée.

En niai 1820, Mill part pour la France ; il a été invité par sir Sam. Bentham (le frère de Jeremy) à faire un séjour chez lui, au château de Pompigiian, près Toulouse ; en passant a Paris, il est présenté à J.-B, Say et a Berthollet. Il passe un an chcK S. Bentham, sans interrompre son régime de lectures à haute dose. L'économie politique, commencée déjii l'année précédente avec Smith et Ricardo, est continuée avec Say, sans préjudice pour les sciences et la littérature. 11 se familiarise avec la langue française et eu étudie les principaux monuments. De ce voyage il rapporte une grande sympathie pour la France, ses mœurs et son esprit : elle ne s'est jamais démentie dans la suite,au contraire, il juge toujours assez sévèrement son pays, qu'il estime, a certains égards {V. ce livre, ch. X, g 8), en retard sur le continent, et ses eompa-

i. Kous espérons qu'un voudra bien trouTi-r là nne eicuse pour l«a défauts de la présnnte traduction. Présentée comme telle scolaire, elle eût dû ilre uu modelé au moins occeptuble de stylo. Molgré noB efforts pour arriver A ce résultat, nous sellions combien nous lommes restés loin du but. Il n paru, en terloins cns, presque impossible de maintenir la pensée suns laisser subsister les imperfections d'une eiprcssïoii ma! Tenue ilans l'original.

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