‹ La logique des sciences moralesChapitre 5 sur 114 · DE STUART MILL IX · texte numérisé non relu

DE STUART MILL IX

triotes, dont l'apreté au gain et le peu de sociabilité lui paraissent contraster malheureusement avec le désintéressement et la cordialité des Français.

De retour à Londres en juillet 1821, il s'occupe surtout de philosophie et de sciences sociales. Il lit Condillac, Locke, Helvétius, Hume, les Ecossais. C'est alors qu'il s'éprend de Bentham, et qu'il fonde avec quelques amis une Société utilitaire qui dure trois ans. En 1823, il entre a la Compagnie des Indes en même temps qu'il publie ses premiers écrits. Non content des débouchés que lui offraient les périodiques existants, il fonde, comme organe du radicalisme benthamiste, la Rei^ue de Westminster, qui commence à paraître en mars 1824. Il a pour collaborateurs, outre son père, tout un groupe d'amis dont la plupart se firent un nom dans les lettres et la politique : les deux Austin, Romilly, Grote. Il y fournit lui-même treize articles en quatre ans. Avec les mêmes amis et quelques autres, dont Macaulay, Wilberforce, les deux Bulwer-Lytton, il constitue (1825) une Société spéculatiife de discussion politique, économique et philosophique. Tout ce travail personnel, tous ces contacts variés, élargissent ses idées et affranchissent son esprit de la tutelle, d'abord un peu étroite, du benthamisme et de son père.

Mais c'est surtout la crise qu'il traverse en 1826 qui marqué la date de cette transformation dans ses idées. A vrai dire, elle n'en parait pas être la cause; elle lui en donne seulement une plus vive conscience. Cette crise, il la décrit longuement dans son Auto^ biographie et avec une vivacité de style et de senti-

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