‹ La logique des sciences moralesChapitre 55 sur 114 · CHAP. 1. — REMARQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

CHAP. 1. — REMARQUES PRÉLIMINAIRES

quelque chose de plus, ce n'est pas en tout cas à celle place qu'il conviendrait de le faire.

Au fond, tout ce qu'un ouvrage comme celui-ci peut faire pour la logique des sciences morales a été ou a dû être fait dans les cinq livres précédents. Ce dernier livre ne peut qu'y ajouter une sorte de supplément ou d'appendice, puisque les méthodes d'investigation applicables à la science morale et sociale doivent avoir été déjà décrites dans la mesure même où j'ai pu réussir à énumérer et à caractériser celles de la science en général. Il reste cependant à examiner quelles sont celles de ces méthodes qui sontplus particulièrement appropriées à telle ou telle par-» lie des recherches morales; quelles sont les conditions particulières favorables ou défavorables qu'y rencontre leur emploi; dans quelle mesure l'état peu satisfaisant de ces recherches tient à l'adoption de mauvaises méthodes, ou à un défaut d'habileté dans l'usage des bonnes; enfin jusqu'à quel point le succès final peut être obtenu ou espéré d'un meilleur choix ou d'une plus soigneuse application des procédés logiques appropriés à la question. En d'autres termes, il faut voir s'il existe ou s'il peut exister des sciences morales, à quel degré de perfection elles peuvent être portées, et quel choix ou quelle adaptation des méthodes mises en lumière dans les pages précédentes permettront d'atteindre ce degré de perfection.

Dès le seuil de cette recherche, nous nous heurtons à une objection qui, si elle n'était pas écartée, serait fatale à la tentative de traiter la conduite humaine comme un objet de science. Les actions des êtres humains sont-elles, comme tous les autres événements de la nature, soumises

et les savants les plus autorisés meut scientinque de cette époque,

(Cl. Bernard, Licbig), mais histori- dont les origines sont, du reste, antc-

quemont son influence sur la science rieurcs, a un développement comple-

de son temps paraît avoir été à peu temcnt indépendant de l'œuvre do

prés nulle; il est fort peu lu et fort Bacon, peu cité au xvn» siècle , et le mouve-

à des lois invariables? Cette constance de causation, qui est la base de toute théorie scientifique des phénomènes successifs, peut-elle vraiment s'y découvrir? C'est ce qu'on nie souvent; et le souci de présenter un système complet d'idées, sinon une nécessité pratique vraiment urgente, nous oblige à répondre expressément ici à cette question. Nous consacrerons à ce sujet un chapitre spécial.

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