‹ La logique des sciences moralesChapitre 58 sur 114 · Non · texte numérisé non relu

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leur prédécesseur à tous doux. Th

visiblos. C'est comme s tm conscient

et non comme agent indt'tcriolnc que

promettre la morale et In religion.

sent faire fausse route, faute de la lumière qu'apporte cette analyse, il n'y a rien là pour nous surprendre. Ce qui est étonnant, c'est que les Nécessitariens [Déterministes], qui d'ordinaire admettent cette théorie philosophique, aient pu également, en pratique, la perdre de vue. La même interprétation fautive de la doctrine de la a Nécessité philosophique », qui empêche ses adversaires d'en reconnaître la vérité, existe, ce me semble, plus ou moins obscurément dans l'esprit de la plupart des Nécessitariens, quoiqu'ils puissent verbalement la désavouer. Ou je me trompe fort, ou il s'en faut qu'ils soient toujours pénétrés de l'idée que la nécessité qu'ils reconnaissent dans les actions soit une simple uniformité dans l'ordre des phénomènes et une possibilité de les prédire. Ils éprouvent celte impression qu'au fond il y a un lien plus fort entre les volitions et leurs causes; en disant que la volonté est gouvernée par la balance des motifs, ils croient exprimer une coaction plus rigoureuse que s'ils disaient seulement que quiconque connaîtrait nos motifs et leur influence ordinaire sur nous, serait en état de prédire la manière dont nous voudrons agir^. Ils commettent, en contradiction avec leur propre système, la même méprise que leurs adversaires commettent en se conformant au leur; et par suite ils donnent réellement prise, en certains cas, aux conséquences décourageantes que leurs adversaires imputent à la doctrine elle-même.

9. Cf. Logique, liv. III, ch. v, § 8, que celui qui connaîtrait à fond ce canote : «... Ce que Ton veut dire en ractèro pourrait prddirc avec certitude réalité quand on dit que les actes comment elle agirait dans un cas queld'une personne résultent nécessaire- conque... Et personne, à moins que ment de son caractère (et c'est tout ce ce ne soit un fataliste asiatique, n'afque Ton veut dire en un cas quelcon- firme rien de plus. » On demandera que de causation), c'est qu'^n fait toujours comment, si l'affirmation ne elle agit invariablement d'une ma- porte que sur un fait, elle peut s'étennière conforme à son caractère, et dre à l'avenir, et cola avec certitude.

§3. — IMPROPRIÉTÉ DU TERME DE NÉCESSITÉ; FACHEUSES CONSÉQUENCES DE SON EMPLOI.

J'incline à penser que cette erreur est presque uniquement l'effet des associations suggérées par un mot, et qu'on la préviendrait en s'interdisant l'emploi d'un terme aussi radicalement impropre que celui de Nécessité pour exprimer le simple fait de la causalité. Ce mot, dans ses autres acceptions, implique beaucoup plus que la simple uniformité de séquence ; il enferme l'idée de l'irrésistible. Appliqué à la volonté, il signifie seulement que la cause donnée sera suivie de l'effet, sujet d'ailleurs à l'influence contraire de mille autres causes; mais, dans l'usage ordinaire, ce mot exprime l'action exclusive des causes que l'on suppose trop puissantes pour être en aucune façon contrariées. Quand nous disons que toutes les actions humaines ont lieu nécessairement, nous voulons dire seulement qu'elles arriveront certainement s'il n*y a rien qui l'empêche ; mais quand nous disons que nécessairement on mourra de faim si l'on ne peut se procurer de nourriture, nous voulons dire que cela arrivera certainement, quoi qu'on puisse faire pour l'empêcher. Ainsi l'on emploie le même terme pour les facteurs dont dépendent les actions humaines, que pour les facteurs des phénomènes naturels sur lesquels nous n'avons réellement aucun pouvoir. Gomment cet emploi, s'il est habituel, ne ferait-il pas naître l'idée que dans le premier cas aussi nous sommes impuissants? Cependant c'est là une pure illusion. Il y a des séquences physiques que nous appelons nécessaires, comme la mort par inanition ou par asphyxie ; il y en a d'autres qui, quoique étant, tout aussi bien que les premières, des faits de causation, ne sont pas désignées comme nécessaires, par exemple la mort par empoisonnement, qu'un antidote ou l'usage

de la sonde stomacale réussira quelquefois à empêcher. On comprend que la conscience spontanée [feelings] ^^ puisse oublier, même si l'entendement s'en souvient, que les actions humaines rentrent dans la seconde catégorie : elles ne sont jamais, à l'exception de certains cas de manie, régies par aucun motif si absolument impérieux qu'il n'y ait plus place pour l'influence d'aucun autre ^*. Par conséquent, les causes dont dépend l'action ne sont jamais impossibles à vaincre , et un effet donné ne sera nécessaire que dans le cas où les causes tendant à le produire ne seront pas contrariées. Rien de ce qui arrive n'aurait pu arriver autrement à moins de supposer l'intervention de quelque facteur capable d'empêcher l'événement : voilà une vérité que personne assurément n'hésitera à admettre. Mais exprimer cette idée par le terme de nécessité, c'est employer ce mot en un sens si différent ce son sens primitif et familier, de celui qu'il comporte dans les circonstances ordinaires de la vie, que c'est presque en venir à un jeu de mots. Les associations dérivant de l'acception ordinaire continueront à y rester attachées en dépit de tous nos efforts, et quoique la doctrine de la Nécessité, telle qu'elle est exposée par la plupart de ses défenseurs, soit fort éloignée du

10. Ce mot a un sens extrêmement peut se présenter comme « irrésistigénéral en anglais; il est à peu près î)le ». « ... Les phénomènes intellccéquivalent de « état de conscience » tuels et moraux qui par leur nature en général; cf. ch. iv, § 1 : « The laws sont à la fois plus compliqués et plus of mental phenomena, of the varions spéciaux que tous les autres phénofeelings or states of consciousness.., mènes précédents, doivent évidem- Mind... means that which feels, » Ici ment comporter de plus importantes ce mot désigne évidemment la cons- modifications et manifester, par suite, cience immédiate, l'impression brute une irrésistibilité beaucoup moindre, par opposition à la réflexion ; c'est sans que chacune des nombreuses inpourquoi nous ajoutons le mot spon- fluences élémentaires qui y concoutanée. rcnt cesse pour cela d'obéir, dans son

11. A. Comte, Cours de phil. pos., exercice spontané, h des lois rigou- III, 564 sqq., ramène également la li- reusement invariables, quoique le berté à une question de complication, plus souvent inconnues jusqu'à préau fait que dans un système complexe sent . »

aucun élément pris en particulier ne

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