‹ La logique des sciences moralesChapitre 75 sur 114 · Properties of kind. Nous ne tra · texte numérisé non relu

Properties of kind. Nous ne tra

CIUP. TH. UfiTHODE CIUMIQD2 S9

e ou l'absence d'un antécédent déterminé, compare . classes de cas qui ne concordent, en chacune h d'elles, que par la présence dans l'ane et l'absence dans d'un antécédent. Choisissons le cas le plus favo- I rable qu'on puisse concevoîf, bien trop favorable pour qu'on puisse jamais le rencontrer; supposons que nous comparions une nation qui pratique le régime de protec— k tion, avec deus nations ou plus dont le seul trait commun' t de permettre le libre-échange. Nous n'avons plus bein de supposer qu'aucune de ces dernières concorde r tous les points avec la première; l'une peut concor- ' der avec elle sur certains points, une autre sur tout le reste. On pourrait alors prétendre que si ces nations restentplus pauvres que lanationproleclionniste, ce ne peut être faute de l'une ou de l'autre série de circonstances, mais faute d'un système protecteur. Si la nation protectionniste, pourrait-on dire, avait dû sa prospérité à la première série de circonstances, la première des nations tliire-échangistes aurait également prospéré; si elle le Ue devait à l'autre série, ce serait la seconde; or aucune pdes deux n'a prospéré, donc la prospérité était due an protectionnisme. On accordera que c'est là un spécimen. bien favorable d'argumentation fondée sur une expérience spécifique en politique et que, s'il n'est pas con- [.^uant, il sera diflicile d'en trouver un meilleur.

^pendant il est à peine besoin de mettre en évie qu'il ne l'est pas. Pourquoi la nation prospère it-elle dû sa prospérité exclusivement à une seule- F cause? La prospérité nationale est toujours la résultante 1 «ommune d'une multitude de circonstances favorables; et ■,s circonstances, la nation protectionniste peut en réunir 1 plus grand nombre qu'aucune des deux autres, bien I que toutes ces circonstances puissent lui être commuée lune ou l'autre de celles qu'on lui compare. Sa prospérité peut être due on partie aux conditions qu'elle

partage avec Tune d'elles, en partie à celles qu'elle partage avec la seconde, tandis que les deux autres, ne présentant chacune que la moitié de ces conditions favorables, restent dans un état d'infériorité. Ainsi l'imitation la plus exacte qu'on puisse imaginer dans la science sociale d'une induction légitime fondée sur une expérience directe, n'a que l'apparence spécieuse d'une démonstration, sans aucune valeur réelle **.

§ 4. — LES MÉTHODES DE CONCORDANCE ET DE VARIA- TIONS CONCOMITANTES NE SONT PAS PROBANTES.

La Méthode de Différence sous l'une ou l'autre de ces formes se trouvant ainsi mise entièrement hors de cause, reste la Méthode de Concordance. Mais nous savons déjà combien est faible la valeur de cette méthode dans les cas qui comportent une pluralité de causes, et les sciences sociales sont celles où la pluralité des causes règne de la façon la plus absolue.

Supposons que l'observateur fasse la rencontre la plus heureuse qui puisse être amenée par la meilleure combinaison imaginable de hasards favorables ; supposons qu'il découvre deux nations qui ne concordent sur aucun point, sauf en ce que l'une et l'autre vivent sous un régime protectionniste et sont prospères; ou une série de nations toutes prospères ne présentant pas d'autre antécédent commun que l'adoption d'un régime protectionniste. Nous pouvons passer outre à l'impossibilité d'établir, soit par l'histoire , soit même par l'observation contemporaine, que le fait se présente bien ainsi et que les deux nations ne concordent en aucune autre circonstance capable d'exercer une influence sur le résultat. Supposons cette difficulté surmontée et le fait bien établi que la concor-

Page 1