‹ La logique des sciences moralesChapitre 97 sur 114 · ESQUISSE DE LA METHODE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

ESQUISSE DE LA METHODE HISTORIQUE

Pour obtenir des lois empiriques plus exactes, il ne faut pas nous contenter de noter les changements pro-

23. D'emblée nous trouvons ici une tirait-cllc pas à un abaissement du

des plus graves difficultés de la so- niveau de Tintelligence directrice ?

ciologic et de la politique moderne, Los deux aspects du progrès social

du moins si Ton précise un peu la indiques ici par Mill ne seraient-ils

question. Car les masses ne reprc- pas, jusqu'à un certain point, en op-

sentent-elles pas surtout des besoins position l'un avec l'autre? matériels ? Leur intervention n'abou-

gressifs que subissent les éléments séparés de la vie sociale; car ils ne noua révèlent rien de plus que la relation entre des fragments de l'effet el les fragmenta correspondants de la cause. Il est indispensable de combiner, dans l'étude des faits sociaux, le point de vue stalique au point de vue dynamique, en considérant non seulement les changements progressifs des ditTérents éléments, raais la situation de chacun d'eux dans le même momenl, et d'obtenir ainsi empiriquement la loi de corrélation non BËulement entre les états simullanés, mais aussi entre les changements simultanés, de ces éléments. C'est cette loi de corrélation qui, dûment vérifiée à priori", deviendrait la véritable loi scientifique dérivée, applicable au développement de l'humanité et des événements humains. Dans le travail difRcile d'observation et de comparaison ne circonstance fait quelqu'un

évidemment u ait arriver qu'É i de la vie soci

lie de l'hom

le facteur

t pourrions

desplus heureuses, s'ilpoi éléments si complex dominilt tous les autres au point de co prépondérant du mouvement social. Ci alors prendre la progression de cet unique élément comme Ja chaîne centrale dont chaque anneau se relie aux anneaux correspondants de toutes les autres progressions subordonnées; on réussirait ainsi à présenter la succession

!S faits dans une sorte d'ordre spontané beaucoup plus

lisin de leur ordre réel de filiation qu'on ne le pourrait

ir aucun autre procédé empirique.

Or, le ti^moignage de l'histoire et la connaissance de la nature humaine s'accordent (et c'est un exemple frappant de leur coïncidence) à montrer que, parmi les facteurs du progrès social, il en est un qui possède cette prépondé-

Csrdnaqln mstliadD dridiictirn t principes do b naliim bumuiDe ■, ic la dïductlaa pnr iDquulla les coasUtuont, Miin'i oipliqudloh. ix,

rance, et même d*une manière à peu près souveraine. C'est Tétat des facultés intellectuelles de l'homme ; et je comprends dans ce terme le caractère des croyances que, d'une manière quelconque, il a pu se former sur sa propre nature et sur le monde qui l'entoure^".

Ce serait une grande erreur, et qu'on ne sera guère tenté de commettre, de prétendre que la spéculation, l'activité intellectuelle, la recherche de la vérité, comptent parmi les plus puissantes inclinations de la nature humaine et occupent une place prééminente dans la vie des hommes, à moins qu'il ne s'agisse d'individus vraiment exceptionnels. Mais la faihlesse relative de ce principe à côté des autres agents sociaux n'empêche pas son influence d'être la principale cause déterminante du progrès social; car toutes les autres dispositions de notre nature qui contribuent à ce progrès dépendent de cette faculté et lui demandent les moyens d'accomplir leur tâche propre dans l'œuvre totale. C'est ainsi (pour signaler d'abord l'exemple le plus frappant) que le mobile qui a provoqué la plu- ])art des perfectionnements apportés dans les arts utiles à la vie est sans doute le désir d'augmenter le bien-être

25. A. Comte, Cours de philosophie qu'a toujours dû s'accomplir l'en-

positive, IV, 459 : « ... On ne saurait hé- semble de la progression humaine...

siter «à placer en première ligne l'é- Si l'analyse statique de notre org.n-

volution intellectuelle comme prin- nisme social le montre reposant fiua-

cipe nécessairement prépondérant de lemont, de toute nécessité, sur im

l'ensemble de l'évolution de l'huma- système d'opinions fondamentales,

nité. Si le point de vue intellectuel comment les variations graduelles

doit prédominer... dans la simple d'un tel système pourraient-elles ne

étude statique de l'organisme social pas exercer une influence prépondc-

proprement dit, à plus forte raison rante sur les modifications succès-

doit-il en être de môme pour l'é- sives que doit présenter la vie con-

tude directe du mouvement général tinue de l'humanité? Aussi, dans tous

des sociétés humaines. Quoique notre les temps, depuis le premier essor

faible intelligence y ait, sans doute, du génie philosophique, on a toujours

un indispensable besoin de l'éveil reconnu, d'une manière plus ou moins

primitif et de la stimulation cou- distincte, mais constamment irrécu-

tinue qu'impriment les appétits, les sable, l'histoire de la société comme

passions et les sentiments, c'est ce- étant surtout dominée par l'histoire

pendant sous sa direction nécessaire de l'esprit humain. »

DBDUCTIVlî ISVErtSE

itnalériel ; maïs comme notre aclion sur les objets esli^rieurs K.est tout entière fondée sur la connaissance que nous en l:«Vons, l'état de cette connaissance à une époque donnée Mt la limite des perfectionnements possibles dans l'in- ■«lustrie de celte époque, etie progrès de l'industrie devra ■«uivre le progrès de la science et en dépendre'". On pourntrer que cette thèse est également vraie du pros beaux-arts, quoique cela soit moins évident. Re- ■tnarquons en outre que les tendances les plus fortes de \la. nature humaine inculte ou de rai -civilisée (c'est-i-dii-e Ues inclinations purement égoïstes et les inclinations lympalhiques les plus voisines de l'égoisrae) tendent évijjlemment par eUes-mèmes à désunir les hommes, et non i unir; à en faire des rivaux, et non des associés; et i Texialence sociale n'est possible que si à des pen- ■ïtiants si puissants s'impose une discipline qui les subordonne à un système commun d'opinions. Le degré de toette subordination mesure la perfection de la coh'-sion >ciale, et la nature de ces opinions communes en déler- ! la forme'". Mais pour que les hommes conforment

I JS, Mai»

Ilciteul Ib p!u> souveat dsnt t voir daaa tas idéus ]« tactm,e ea. L-ctBt do lu bcIsbcs à capital ds l'dvolullOB sociale, les a.ilose la limite do Ba clvi- très tl'^cole de Mari priucipnlcmeulj

oit hica que Id ajatèms rata, qu'elles na fsnl que rdaumer i

itgaaHt daoa nna sociâtâ coasacrer. M. Esplnas soutient, d'ui

peut âtre donné camine lu triiductloa, manlàrc onnlaguo. que v'ust l'otiit cl

HOciiHé (et cela inouïe eumpai-Israit que qui d^turuina la forme do >

biea dos rastriclioos) ; nais s'il l'n- penaiie.

ler,Hi!iet II l-enprims par cela aeul {[r.fr., p. 100-10ÏJ, Util, pour d'^ftacli

qu'il en est un blâment, et mieux an' In Ib^e do Comto noutru li'â ubj.^i'

'il est la forma de cet état bd~ tiona de H. Speaeer, arrive â s'i.'-ipll

s la s qui y v

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