‹ La logique des sentimentsChapitre 7 sur 27 · Logique sociale^ p. 77 et suiv. (Paris, F. Alcan · texte numérisé non relu

Logique sociale^ p. 77 et suiv. (Paris, F. Alcan

Dieux, que Dieu est le monde et qu'il est hors du monde; qu'il a fait la matière et qu'elle est éternelle comme lui, que l'àme fait la vie du corps et qu'elle lui est entièrement étrangère; qu'elle subit le contre-coup de tout ce qui lui arrive et qu'elle est logée en lui comme un principe inviolable*. »

C'est parce que ces croyances ne sont pas l'œuvre de /L la raison raisonnante, mais qu'elles répondent à des désirs très vivaces et très forts chez certains hommes, qu'elles peuvent vivre en paix côte à côte. Pas de lutte entre ces opinions hétérogènes et irréductibles; l'une n'essaie pas de supplanter Tautre.

Les cas de ce genre, qui abondent dans la vie et dans l'histoire, renferment-ils réellement une conlradiction? Oui, si on les juge au point de vue de la raison, principe d'ordre qui exige dans l'individu Tunité, l'accord avec ! ^soi-même. Non, si l'on ne considère dans l'homme que sa ^ '— nature affective : alors le principe de contradiction est sans signification, sans valeur, sans emploi légitime. Sous une forme plus générale, posée psychologiquement^ la question : « Pourquoi la coexistence d'affirmations rationnellement inconciliables? » est d'une réponse facile. Parce que chacune est sentie comme nécessaire par l'individu ou le groupe social. Posée logiquement^ la position change; elle est intellectualiste. La contradiction est évidente parce qu'elle est jugée du dehors, objectivement, par des procédés rationnels.

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