PREMIÈRE PARTIE. CHAP
pendant , par rapport i moi , comme si je ne les voyais plus ; et , parmi tant de sensatioris qui se font à la foi» , it semble que je n'en éprouve q«'ifne , celle de l'objet sur lequel je fixcf mes, reg^arda^
Ce regard est une action pa^ laquelle mon œil tend à l'objet siîrr lequel il se dirige : par ceue raispn je lui donaie' le nom à^attentiùh ; et il m'est évident qtio cette direction de l'organe est iQute la part que le corps peut avoir â Tattention. Quelle est donc la part de l'âme ? Une sensation que nous éprouvons comme si elle était seule , parce que toutes les aiitreâ' sOni corhme si nous ne les éprouvions pas.
L'attention qu« nona donnons à un objet nVst donc , de la part de V&me , que la sensation que cet objet fart sur nous ; Sensation qui devient en quelque ^rte exclusive ; et cette faculté est la première que nous remarquons dans la ,£E^calté de sentir. >y
La comparaison.
Gomme nous donnons nofre attention à un objet , nous pouvons la dannier à deux à la fois. Alors , au lieu dfuiie sfeule sensation exclusive \ nous en éprouvons deux ; et néui disons que nous les oomparonSy parée que notis ne \ti éprouvons exclusivement' que pour les ol>serveT* l'une à càxé de l'airtr^,* ea^S' être distraits par d'autrôd sètisaliont» i o* , c*e^t proprénient ce que signifie lenKJt con^arer.
La comparaison n'est donc qu'une double attention : elle consiste dans deux 3ônsations qu'on
éprouve comme si on les cprouvail seules , et qui excluent toutes les autres. , .
Un objet est présent ou absent. S'il est présent , Tâttention est la sensation qu'il fait actuellement sur nous ; s'il est absent, l'atlenlion est le souvenir de la sensation qu'il a faite. C'est à ce souvenir que nous devons le pouvoir d'exercer la faculté de comparer des objets absens comme des objets présens. Nous traiterons bien-r tôt de la mémoire.
Le jugement.
Nous ne pouvons comparer deux objets ,• .ou éprouver, comme l'une à côté de l'autre , les deux sensations qu'ils font exclusivement sur nous , qu'aussitôt nous n'apercevions qu'ils^se ressemblent ou qu'ails diffèrent. Or , apercevoir des ressemblances ou des -diffécences, c'est juger. Le jugement n'est donc encore que sensations '.
La réflexion^
Si , par un premier jugement., je connais un rapport , pour «n connaître niv autre j'ai besoin d'un second jugement. Que je -veuille , par exemple, sayoir en quoi deux, arbres diffèrent, j'en observerai successivement la forme , la tige , les branches , les fâuiUes , les fruits , etc. Je comparerai successivement totttes.c^$ choses ; je ferai une suite de jugemens ; et , parce qu'alors mon attention réfléchit^ en quelque sorte, >.d'uA
l Grammaire , part, i , cl), iv .