PREMIÈRE PARTIE. CHAP. VU. /jQ
objet sur un objet , je dirai que je réfléchis. La réflexion n'est donc qu^une suite de jugemens qui se font par une suite de comparaisons ; et, puisque dans les comparaisons et dans les jugemens il n'y a que des sensations , il n'y a donc aussi que des sensations dans la réflexion.
L'imagination .
Lorsque par la réflexion on a remarqué les qualités par où les objets diffèrent , on peut ^ parla même réflexion, rassembler dans un seul les qualités qui sont serrées dans plusieurs. C'est ainsi qu'un poèto se fait , par exemple , ridée d'un héros qui n'a jamais existé. Alors les idées qu'on se fait sont des images qui n'ont de réalité que dans Tesprit ; et- la réflexion qui fait ces iip^ges , prend le nom d'imaginqtion*
Le raisonnement.
IJn jugement que je prononce peut en renfermer implicitement un autre que je ne prononce pas. Si je dis qu'un eorps est pesant, je dis implicitement que , si on ne le soutient' pas, il tombiera. Or, lorsqu'un second jugement est ainsi renfef m<é dans un autre , on le peut prononcer comme une suite du premier , et , par cette raison , on dit qu'il en est la conséquence. On dira, par exemple , cette voûte est bien pesante : donc^ si elle n^ est pas assez soutenue, elle tombera* Voilà ce qu'on entend ^zx faire un raisonnement ; ce n'est autre cbose que prononcer deux jugemens de cette espèce. 11 n'y
LOGIf^UE. 3
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a donc que des sensations dans nos raisonnQmens, comme dans nos jagemens.
Le second jugement du raisonnement que nous venons de faire est sensiblement renfermé dans le premier , et c'est une conséquence qu'on n'a pas besoin de chercher. Il faudrait AU contraire chercher si le second jugement ne se montrait pas dans le premier d'une manière aussi sensible; c'est-à-dire, qu'il faudrait, en allant du connu à Pinconnu , passer , par une suite de jagemens intermédiaires, du premier jusqu'au dernier , et les voir tous successivement renfermés les uns dans les autres. Ce jugement, par exemple, le mercure se soutient à une certaine hauteur dans le tube d'un baromètre^ est renfermé implicitement dans celui-ci , Vair esc pesant. Mais , parce qu'on ne le voit pas tout-à-coup, il faut, en allant du connu à l'inconnu, décojuvrir, par une suite de jugemens intermédiaires, que le premier est une conséquence du second. Nous avons déjà fait de pareils raisonnemens : nous en ferons encore ; et , quand nous aurons contracté l'habitude d'en faire , il ne nous sera pas difficile d'en démêler tout l'artifice. On explique toujours les choses qu'on sait faire : commençons donc par raisonner. '
I Je m» souviens qu'on enseignait au collège , que Vart de raisonner consiste à comparer ensemble deux idées par le moyen d*une troisième. Pour juger ^ disait-on, fi ridée A renferme ou exclut Vidée 6 , prenez une troi:: sième idée G , à laquelle vous les comparez successit^ement 'V une et Vautre» Si Vidée A est renfermée dans
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Ventendement.
Vous vojçz que toutes^ les facultés que nous Tenons d'observer sont renfermées dans la fa* cahé de sentir, L^âme acquiert par elles toutes ses connaissances : par elles elle entend les choses qu'elle étudie en quelque sorte, comme par l'oreille elle entend les sons : c'est pour-< quoi la réunion de toutes, ces facultés se nomme entendement. L'entendement comprend donc Fattention, la comparaison, le. jugement, la ré^ flexion, l'imagination et le raisoiinement. On ne saurait s'en faire une idée plus exacte. ■ V