IV. — JUGEMENTS IDÉALS
On voit qu'il ne faut pas beaucoup de jugement pour porter un jugement* qualitatif ou d'aperception, comme ceux dont nous avons parlé en commençant : Ce violet est bleu, la neige est blanche. Les jugements réfléchis sont déjà d'un ordre supérieur; les jugements nécessaires les surpassent encore tous les deux; mais les plus élevés de tous sont ceux conformes à Tidée, et par lesquels on juge ce qui est selon ce qu'il doit être. Nous employons à cet effet les mots de bon, mauvais, vrai^ faux, beauté, laideur, vertu, mensonge, etc., qui portent tous sur la vérité ou sur la réalité absolue des choses, c'est-à-dire sur leur idée ; car les choses n'étant
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point l'absolu, puisqu'elles sont soumises aux conditions du temps et du lieu, il peut se faire que leur individualité ou leur être actuel soit ou ne soit pas conforme à la généralité idéale qui est Téternité ; et c'est * ce que ces mots serventà traduire. Dans les jugements de cette famille, la copule est a acquis toute la valeur et toute .rénergie qu'elle peut avoir.
La première forme de ces jugements est purement ASSERTORiQUE. Elle affirme sans laisser place au doute. Exemple ; Cette action est bonne; cette maison est belle. Les doutes qui pourraient exister ne sont ni prévus , ni résolus à l'avance; et par conséquent, ce jugement, qui est assertorique dans sa forme, reste en réalité problématique.
La seconde forme, qui est celle des jugements problématiques, est donc plus avancée d'un pas vers la vérité, puisqu'elle se donne ouvertement pour ce qu'elle est. Exemple : Considérée de tel point de vue, cette
maison est bonne. Mais ne elle résout pas le doute qu'elle exprime, et, par conséquent, elle postule d'ellemême une forme plus complète, qui est la forme apo-
DICTIQUE.
Les jugements apodictiques tendent par eux-mêmes et par leur forme à lever toute incertitude, à repousser lou(e objection, en définissant J\mc manière nclte et
précise la vérité qu'ils expriment. Exemple : cette (qui montre la chose individuelle) MxUson (qui marque le général) bâtie de telle ou telle façon (qui indique ce qu'elle a de particulier) est mauvaise ou BELLE (qui formule le jugement apodictique) .
Toutes les choses sont ce que ce jugement affirme d'une seule ; ou plutôt chaque chose (Findividuel), est finalement un genre, rendu manifeste en se particularisant. Par où Ton voit que les trois formes essentielles de ridée, le général, le particulier et Tindividuel, sont implicitement contenues dans ce jugement qui, pour ce motif, est parfait dans sa forme, mais qui peut être vicieux dans son contenu, puisqu'il n'exprime qu'iin-
plicitement ces trois formes. Il faut donc maintenant que la force dialectique, les dégageant de ce jugement apodictique qui les cache ou les enveloppe, nous les rende manifestes sous la forme de raisonnement.