DU SYLLOGISME OU UAISONNEMENT
La dernière forme (ine prennent les jugements idéals en se développant, et (pie nous avons nommé, apodicti- QUE, comme lorscpie nous disons . Cette maison bâtie (le telle ou telle manière est belle ou n'est pas belle, cette forme est déjà presque un svllogisme ; car le s} llîtgisme ne fait que mettre au jour ce que le jugement tient caché dans son sein. Nous venons de voir, en ef-
• fet, que le général, le particulier et Tindividuel, dont la réunion constitue l'essence propre de Tidée, sont implicitement contenus dans le jugement apodicliipie, tandis qu'ils sont expressément énoncés dans la forme appelée
. s\illo(jisme (pii les exprime ouvertement tous les trois, et qui les tire des formes anlérieures appelées notions
:i8 L0(. IQIE SLliJECTiVK.
vA jugements j où ils étaient cjmme ensevelis et cachés sans pouvoir se manifester au dehors. La forme du syllogisme est donc le développement ou le produit de la première forme nommée notion^ se combinant avec la secondé appelée jugement. Elle n)us offre Tidée devenue identique a la réalité^ et parvenue à ce point de son évolution où les différences formelles, q'ii distinguaient encore les notions et les jugements, s'évanouissent en se rencontrant ou en se corrigeant Tune l'autre.
Or, si nous avons pu dire au précédent chapitre cpic les choses sont des jugements réalisés, à plus forte raison pouvons-nous dire maintenant qu'elles sont des svllogismes vivants. Car le syllogisme n'est point quelque chose créé par la raison à coté d'autre chose, mais au contraire, toute chose conforme à la raison est un syllogisme. Ainsi, par le même motif que, tour à tour, nous avons eu le droit de dire que l'absolu ou Dieu est une notion, puis un jugement, nous avons à présent celui de dire qu'il est un syllogisme, ou en d'autres termes, le général ou Vunicerselqui, par le moyen du particulier, devient l'individuel.
Sous la forme primitive de notion, lidée ou la chose actuelle, c'est-à-dire actuellement pressente à l'esprit, est r>'E. Puis, divisée en ses parties constitutives (de général et d'individuel) sous la forme iW jugement^ elle
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revient, sous celle de syllogisme, à son unité ou à sa totalité essentielle.
Nous avons vu précédemment que l'objet propre de tout jugement est de nous montrer que l'individuel l est le général G ; cj que nous avons ainsi formulé :
Le syllogisme exprime exactement la même chose; et de là vient que, dans sa conclusion, le sujet se nomme petit-terme ou terme mineur, et le prédicat grand-terme ou terme majeur. Par ces expressions, les logiciens ont pour ainsi dire avoué, malgré eux, ce que nous venons d'exposer. JNIais si le s\llogisme dit la même chose que le jugement, il ne l'exprime pas de la même manière. Dans le jugement, toute la force de la vérité porte sur la copule est. Le syllogisme affirme d'une manière plus catégorique ou plus expresse, en substituant à la copule est un terme intermédiaire qui en développe ou en exprime pour ainsi dire le contenu. Ce nouveau terme que le syllogisme introduit se nomme moyen-terme, son rôle étant d'unir les exlrèn:es du syllogisme, en prenant cette forme développée que n'a point la copule est, chargée de i'emplir le même office dans les jugements.
Celte expression de moyen-terme semble rappeler,
Lor.iniK vSi njEf/rivE.
DKS SYLLOGISMES.
p.ir son rt} nioloyie, qiicUiuc coiine.viuii avec Tid o (l'espace, et nous puile à croire tpi'il y a entre les deux extrêmes, mineure et majeure, sujet et prédicat, un éloignement ou une lacune que ce moyen- terme est appelé à remplir, ^lais, en réalité, le rapport ou le lien entre les extrêmes est bien plus intime que; ce mot de mo\en-terme et que celte idée d'espace ne le font su]»poser. Au début (cependant, et dans les premières formes de syllogismes que nous allons étudier, il faut avouer que ce rapport est presipie aussi supeificiel que lexprimenl l'idée d'espace et le mot (h; m»»yen-terme. Mais en avançant peu à [>eu, nous le verrons se rapprocher et devenir de plus en plus in lime. Dans les premières formes du syllogisme, le moyen-terme unit pour ainsi dire une chose à une autre, tandis que, dans les dernières formes oii nous conduit la force dialectique, il unit le sujet à lui-même,
H n'est point dans la nature du s}llogisme d'être nccessairement formulé par une trilogie, c'est-à-dire par deux prémisses et une conclusion, ou d'avoir, en d'autres termes, un jugement majeur, exprimant une proposition générale et contenant le terme majeur et le moyen-terme; un jugement minelu, exprimant une proposition particulière el contenant le moyen-terme et le terme mineur; cnlin une conclusion qui les em-
brasse toutes les deux, puisqu'elle unit le terme mineur au terme majeur. En dehors de la logique, toutes les choses subsistantes sont bien , sans aucun doute , des syllogismes réalisés, et elles n'ont pas besoin, pour être telles, de nous faire apparaître, au moyen de ces trilogies, leurs membres disjoints, ou de se réaliser sous nos yeux, d'abord comme expression d'un rapport entre le général et le particulier, ensuite et séparément comme expression d'un autre rapport entre le particulier et l'individuel, et qu'enfin ces deux premières formes fassent naître un troisième ra[*port contenant seul en luimême le général et l'individuel.
Mais il est également hors de doute que le syllogisme n'est point, ainsi qu'on le croit d'habitude, un artifice ingénieux de l'esprit, ou comme un pis-aller qui siqv plée sa faiblesse à défaut d'autre, et tel qu'il pourrait s'en passer si notre entendement était mieux fait, liien loin de là, c'est au contraire la nature des choses et de la vérité elle-même d'être un syllogisme, c'est-à-dire une unité ou to!.' lité dans laquelle le général et Vindividuel s'unissent ou se confondent par le moyen du particulier.
Comparée à la forme du jugement, qui est moins complète (pi'elle et par conséqrient relativement fausse, la forme du syllogisme est bonne du pirf'.ite. Kn se
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LOCilQlK SLIîJKCTIVK.
<I('-vclopiiant, la copule est du jugement est devenue le syllogisme. Le vide que ce mot est laissail en quelque sorte entre les extrêmes se trouve rempli par son équivalent ou par son contenu.
Dans la marche que la force dialectique nous fera suivre, nous rencontrerons trois formes de syllogismes correspondants à nos trois formes de jugements : le syllogisme qualitatif ou de simple aperception, le syl- 1 >gisme réfléchi et le syllogisme nécessaire.