MAINE-ET-LOIRE
(Tome II.)
« On s'accorde généralement à demander que la
Bible de Royaumont, où se trouvent quelques chapitres pouvant donner lieu à des réflexions trop curieuses et à des questions embarrassantes de la part des enfants, soit définitivement bannie des écoles. Elle sert encore de livre quotidien de lecture dans beaucoup de classes, notamment dans celles qui sont tenues par des religieuses. Les histoires saintes approuvées peuvent certainement en tenir avantageusement la place. /> (P. 178.)
a La suppression du brevet de capacité pour les religieuses pourvues d'une lettre d'obédience en (i) a été la cause principale. Cette mesure a eu un triple effet : 1° de décourager les institutrices laïques qui, en môme temps qu'elles étaient exclues d'un privilège accordé à
(1) 11 s'agit de la multiplication des écoles congréganistes.
DE l'enseignement PRIMAIRE 295
d'autres, se sont vues peu ù peu éliminées des postes les plus importants *
2° de placer à la tête des classes beaucoup de jeunes personnes qui ont peu d'instruction et moins encore d'expérience pratique de la direction d'une école; en vain Mgr l'évoque d'Angers fait-il subir des examens aux novices et leur délivre-t-il une sorte de brevet; la nécessité de pourvoir aux vacances multipliées de postes, et surtout à de nouvelles créations, rend insuffisante cette épreuve et le stage qui la précède ; S» d'abaisser le niveau général de Tinstruction dans les écoles; les populations, beaucoup de maires eux-mêmes, ignorent, en général, cet état de choses, et croient que les institutrices sont choisies dans les mômes conditions que les instituteurs ; de là Tindifférence avec laquelle est acceptée une dérogation au droit commun contre laquelle le bon sens public se montrerait ardent à protester, si elle était bien connue ; mais les institutrices laïques en souffrent, et le corps enseignant attend des pouvoirs publics une modification de la loi sur ce point important. » (P. 786 et 787.)
« L'inspection qui se fait par les fonctionnaires de
rUniversité n'obtient que des résultats incomplets et précaires dans les établissements congréganistes, tant publics que libres
Les frères des différents instituts ont cessé, depuis huit ou dix ans, d^en appeler du règlement des écoles à celui de leur congrégation, des jugements du Conseil départemental ayant fait justice de cette prétention ; mais ils opposent, en général, une certaine force d'inertie à toutes les recommandations
Il y u plus de tendance chez les congréganistes que chez les laïques (on parle des instituteurs) à employer les punitions corporelles. Le conseil départemental et les tribunaux ont eu à réprimer, à plusieurs reprises, des sévices
qui avaient donné lieu aux plaintes des familles. On est heureux d'ajouter qu*il n*y en a pas eu dans ces dernières
années. » (P. 788.)
« Elles (les religieuses) ne sont pas supérieures
pour rinstruction aux institutrices laïques; d'ailleurs elles n'ont pas fait leurs preuves à cet égard
Les instituteurs congréganistes ne sont ici, sous aucun rapport, supérieurs aux laïques. Tout au plus peui-on comparer à la moyenne des instituteurs sortis de Técole normale les directeurs des écoles des villes principales. » (P. 790.)