MANCHE
(Tome ^^)
« Les livres de classe sont en nombre suffisant
pour les élèves payants, en nombre très insuffisant pour les gratuits; très peu, trop peu variés quant au genre. Dans beaucoup d'écoles, ils se réduisent à deux ou trois (Doctrine chrétienne, Histoire de la religion, Catéchisme), excellents au point de vue religieux et moral, mais trop sérieux, trop arides, ne donnant lieu à aucune explication de nature à éveiller la curiosité, à mettre en jeu l'activité de l'intelligence et à orner l'esprit en môme temps qu'à former le cœur. Il faudrait donc leur adjoindre deux ou trois ouvrages intéressants à la fois et instructifs, et supprimer quelques syllabaires ; les autres livres peuvent être conservés, sauf à les remplacer ultérieurement par d'autres reconnus meilleurs. » (P. 326.)
« De jeunes filles insuffisamment instruites pour
être admises aux écoles normales, n'ayant pas assez de capacité ou de ressources pour obtenir un brevet, se font religieuses et ne tardent pas à obtenir des lettres d'obé-
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dience tenant lieu de brevets. C'est là une disposition de la loi véritablement fâcheuse, un privilège choquant en désaccord avec nos mœurs. Les congrégations le sentent fort bien; elles comprennent que Tusage des lettres d'obédience constitue leurs membres dans une condition d'infériorité par rapport aux institutrices laïques qui, toutes, sont brevetées. Aussi les supérieures en délivrent de moins en moins. A très peu près on compte quatre institutrices congréganistes munies du brevet de capacité contre une pourvue seulement de la lettre d'obédience. »
« L'inspecteur primaire n'obtient pas dans les
écoles congréganistes les mêmes résultats que dans les écoles laïques. Les notes de l'inspecteur primaire influent beaucoup sur le sort des instituteurs laïques, très peu sur celui des instituteurs congréganistes. Ses observations, ses conseils, ses remontrances, produisent presque toujours de l'effet sur les premiers ; ils en ont peu sur les seconds. Ces derniers, toutefois, se montrent plus dociles aujourd'hui qu'il y a quelques années.
«[ Dans ce département, l'inspection primaire se fait avec la même autorité et à peu près avec les mêmes conséquences pour les institutrices laïques et les institutrices congréganistes. A bien peu d'exceptions près, celles-ci acceptent avec une entière déférence les observations et les appréciations, soit de l'inspecteur d'académie, soit de l'inspecteur primaire, et elles s'y conforment ; elles reconnaissent qu'elles sont traitées sans prévention, avec justice et bienveillance. » (P. 332.)
MARNE (Tome II.)
<i Il y a malheureusement encore sept écoles de
filles dirigées par des religieuses où les enfants gratuites
sont séparées des payantes : ce sont, à Ghalons et à Vertus (arrondissement de Châlons), deux écoles publiques de filles (soeurs de la Providence de Portieux); à Reims, les écoles libres de la Congrégation (établissement cloîtré) et de M"® Bergougnoux; à Epernay, Técole communale (dames de Sainte-Chrétienne); à Sainte-Menehould (sœurs de Saint-Charles de Nancy), et à Vienne-le-GhAteau (soeurs de la Providence de Portieux) deux écoles publiques. »
« On ne saurait nier que les institutrices congré-
ganistes n'aient un dévouement supérieur à celui des institutrices laïques, partant plus d'influence sur leurs élèves ; leurs écoles sont d'autant mieux tenues qu'étant toujours au nombre de trois elles ont plus de facilité pour les diriger. Mais il s'en faut que les institutrices congréganistes aient la même valeur intellectuelle que les laïques, et que leur enseignement soit aussi solide. Et si la lettre d*obédience est impuissante à communiquer l'instruction et les mérites pédagogiques à celle qui la reçoit, si cette impuissance se trahit dans des écoles importantes où les congréganistes envoient et ont intérêt à placer leurs sujets les plus capables, que doit-on penser de l'état des communes rurales à la tête desquelles elles mettent les plus faibles? Obéissance n'engendrera jamais seule intelligence. L'opinion publique est bien fixée à cet égard, et elle remai'que la mesure dont bénéficient les ordres religieux comme un privilège excessif, pour ne rien dire de plus. » (P. 397.)
« En général, dans les écoles congréganistes, on
s'attache beaucoup au dehors ; les cahiers sont ornés de faveurs et d'une propreté irréprochable, les salles tenues avec un soin parfait; on donne plus à la mémoire qu'à rintelligence , plus à l'éducation qu'à l'instruction. » (P. 398.)
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