SAVOIE
(Tome I*.)
« Dans le département de la Savoie, plusieurs institutrices congréganistes sont pourvues d'une patente ou brevet, vu que le gouvernement sarde n'admettait pas les lettres d'obédience. Depuis l'annexion, les supérieures des congrégations religieuses profitent du bénéfice de la législation française pour en délivrer, et il faut bien reconnaître qu'en général, vu rinfériorilé de la plupart des institutrices laïques qu'a léguées le régime sarde, ce sont encore les écoles tenues par ces religieuses qui reçoivent la meilleure direction ; c'est pourquoi l'appréciation des
populations ne peut que leur être favorable. Mais lorsque toutes les écoles de filles laïques auront été pourvues d'institutrices sortant de Técole normale, les rôles pourront bien être intervertis; aussi pense-t-on qu'il serait plus conforme, non seulement au droit commun, mais môme à l'intérêt bien entendu des congrégations religieuses enseignantes, d'imposer à leurs membres l'obligation d'obtenir le brevet pour être autorisées à diriger des écoles. Cette manière de voir est tellement fondée que, dans une congrégation religieuse enseignante de l'un des deux départements de la Savoie, non encore reconnue par rÉtat, la supérieure, femme sensée et d'un esprit pratique, après avoir fait quelques démarches préliminaires pour faire reconnaître sa congrégation, y a renoncé, afin de s'interdire à elle-même le droit de délivrer des lettres d'obédience à ses religieuses et de les obliger ainsi à prendre leur brevet, ce qu'elles font depuis l'existence de cette congrégation, qui est de création encore récente, et qui dirige déjà cependant avec succès 36 écoles ». (P. 435 et 436).
« L'inspection dans les écoles congréganistes, soit
de garçons, soit de filles, se fait avec la même liberté d'action et obtient les mêmes résultats que dans les écoles laïques, excepté, en ce qui concerne les écoles des frères de la Doctrine chrétienne, pour l'introduction des livres recommandés par le conseil académique ». (P. 436.)
<c Dans les écoles de garçons, l'enseignement des
frères est généralement supérieur à celui des instituteurs laïques pour l'écriture, le dessin, et, en général, pour toute la partie géographique, peut-être aussi un peu pour l'instruction religieuse; il est inférieur pour les exercices d'intelligence, l'explication des textes de lecture et l'orthographe : on s'attache peut-être trop dans ces écoles à développer la mémoire, à l'exclusion des autres facultés. Dans les écoles de filles, comme on l'a déjà dit, renseignement des religieuses donne généralement de meilleurs résultats, sous tous les rapports, que celui des institu-
DE l'enseignement PRIMAIRE 383
trices laïques. Les frères des écoles chrétiennes se servent exclusivement des livres édités par leur institut ; les frères de la Sainte-Famille adoptent plus volontiers les ouvrages portés sur la liste du conseil académique ; quant aux institutrices congréganistes, elles ne font à cet égard aucune difficulté.
ce Les punitions employées dans, les écoles congréganistes des deux sexes sont les mômes que dans les écoles laïques; ce sont àe^ punitions réglementaires ». (P. 437.)