SEINE-INFÉRIEURE
(Tome I".)
« La simple lettre d'obédience substituée au brevet
de capacité a été un obstacle réel aux progrès de Tinstruction dans les écoles de filles dirigées par des congréganistes. Dans la plupart des communautés enseignantes, on ne s'est pas attaché suffisamment à former les sœurs aux procédés des méthodes, et on a délivré les lettres d'obédience avec une trop grande facilité. Le désir parfois immodéré d'occuper le plus grand nombre possible de postes, pour accroître l'importance de Tinfluence de la congrégation, a beaucoup contribué à ce fâcheux résultat. On peut même affirmer que sans la concurrence de l'élément laïque, assez considérable, les communautés se seraient encore montrées moins exigeantes sous ce rapport. Mais il' en est résulté un autre inconvénient fort grave ; c'est que les sœurs capables ont été placées dans les villes et les bourgs pour soutenir avec avantage cette concurrence, et que les écoles de simples villages ont été confiées à des mains inhabiles. De là une cause de grande infériorité vis-à-vis des écoles dirigées par les instituteurs au point de vue de l'instruction. Sans se rendre bien raison des vrais motifs de leur opinion, les populations reconnaissent cette infériorité qui, dans la Seine-Inférieure, a contribué, pour sa part, à la répulsion de la direction des écoles mixtes par les femmes. Quant aux autorités administratives et scolaires, une partie du clergé exceptée, elles n'ont jamais compris la dispense du brève de capacité accordée aux institutrices congréganistes, et seraient heureuses de voir supprimer ce privilège. » (P. 403.)
« Pour se rendre bien compte des résultats qu'obtient l'inspection dans les établissements congréganistes,
il importe de distinguer les écoles tenues par des frères de celles qui le sont par des sœurs. Dans les premières, où tout est réglé par une méthode propre à Tinstitut, éprouvée depuis longtemps, basée sur le nombre des frères employés et sur le degré de force des élèves, les inspecteurs ne peuvent insister que sur les détails des procédés d'enseignement, et si leurs observations ne sont pas repoussées, elles sont rarement suivies d'effet. Dans les secondes, au contraire, dirigées par des membres d0 congrégatioiis dont les noviciats ne paraissent pas fèrte* meut organisés — on ne parle que de la Seine-Inférieure — ces sœurs, qui sont moins imbues de principes pédagogiques, montrent aussi moins de ténacité dans leurs principes d*enseignement, sans que toutefois l'action des inspecteurs exerce toute Tinfluence désirable. Dans toutes ces questions, il faut toujours faire une large part à la routine et surtout à Tesprit de oorps. » (P. 404 et 4D5.)
SEVRES (DEUX-)
(Tome n^
« On ne peut se dissimuler que les dispositions ds
la loi du 15 mars 1850, qui autorise les instiiutirices congrégànistes à exercer leurs fonctions sans autre titre do capacité qu'une simple lettre d^obédience, ont eu pour principal résultat la multiplication des congi'égations enseignantes et des membres dd ces congrégations. L'enseignement donné par la plupart est très faible, mais il est juste d'ajouter qu'elles compensent en partie ce défaut par le soin qu'elles apportent à moraliser les jeunes- filles auxquelles elles savent inspirer des goûts et des habitudes de modestie, de propreté, d'ordre et de travail'. Le privilège dont elles jouissent n'en a pas moins été plus d'une fois l'objet d^s réclamations des institutrices laïques.
DE L*ENSEI6NEMEI«T PRIMAIRE 348
et des personnes qui leur donnent la préférence. » (P. 611.)
c Dans les quatre écoles dirigées par les premiers
(les Frères des écoles chrétiennes), renseignement n'est pas inférieur à renseignement laïqixe. Il n'en, est pas de même dans les écoles dirigées par les Frères de Saint- Gabriel ; elles sont généralement plus faibles sous tous les rapports. Quant aux Frères de la Miséricorde, ils ne dirigent qu^une seule école établie à Saint-Maixent, et qui, tant sous le rapport de Feivseignemeat que sous celui de la discipline, ne le cède pas à Técole laïque.
« Dans les écoles de filles dirigées par des congréganistes, renseignement est n^oins étendu et moins nourri, tout en parlant plus aux yeux dans ses résultats que dans les écoles laïques. » (P. 61 S.)
SOMMiR
c Les ouvrages classiques sont appropriés à Tàge
ei à rintelligence des enfants* On n'en connaît pas qpi'il eon'vieadraii de réformer,, si ce n*est peut-être la Bible de Boyaumottt qm est eneore en usage dans les écoles congréganistes. %. (P. 747«)
c ...»« Aujourd'hui on n'aime pas en France les privilèges, et surtout les privilèges dont on abuse ; or la lettre d'obédienjce présenté ce double inconvénient. On verrait donc avec satisfaction les institutrices congréganistes entrer dax&a le droit commun et donner aux. familles les garanties de capacité que la. Loi réclame des institutrices laïques. » (P. 750.)
« Les résultats de l'inspection daDS les établissements congréganistes sont à peu près les mêmes que dans les écoles laïques •
Si renseignement laïque est supérieur à renseignement congréganiste, au point de vue de Tinstruction proprement dite, on ne saurait contester que ce dernier l'emporte généralement sur l'autre par l'éducation, la discipline et la moralité. 9 (P. 151.)