‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 79 sur 137 · CHARENTE-INFERIEURE · texte numérisé non relu

CHARENTE-INFERIEURE

(Tome II.)

« Au point de vue de l'inslruction primaire, les

effets de la loi du 15 mars 1850, qui autorise les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une lettre d'obédience, sont déplorables. Les institutrices pourvues d'une lettre d'obédience sont, en général, si mal préparées que la plupart d'entre elles ignorent les plus simples règles de la grammaire et dé l'orthographe. C'est un état de choses d'autant plus

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regrettable que les institutrices coogréganistes occupent généralement les meilleurs postes, ce qui éloigne de la carrière de renseignement une foule d'institutrices laïques offrant toutes les garanties désirables au point de vue des mœurs et de la capacité.

« Le clergé seul approuve ces dispositions de la loi. » (P. 534.)

« Les résultats qu'obtient l'inspection dans les établissements congréganistes sont peu marqués. Les frères et les sœurs ont leur règlement spécial, et se préoccupent peu de celui qui est adopté pour les écoles du département

« Au point de vue de l'ordre et de la propreté, les classes dirigées par les congréganistes ne laissent rien à désirer, mais renseignement est généralement plus faible que dans les écoles laïques, ce qui tient à l'incapacité des maîtres et des maîtresses qui en sont chargés. » (P. 535.)

CHER (Tome II.)

« Quant aux effets de la loi qui autorise les sœurs

à exercer avec une simple lettre d'obédience, il y a sur cette grave question opinion unanime, et sur cette opinion notoriété publique :

« 1° La lettre d'obédience, sans nul doute, est loin d'équivaloir au brevet. Elle n'offre qu'une très insuffisante garantie de capacité; elle ne force pas au travail les sujets destinés à la direction des écoles, et peut donc, à la rigueur, les laisser dans un état d'insuffisance profonde. Enfin, elle les laisse, devant l'opinion publique, dans un état d'infériorité comparativement aux institutrices à bre« vet, d'où résulte pour elles un certain degré de déconsidération.

« 2' Les inconvénients de cet état de choses sont généralement exagérés. En effet, il ne faut pas croire que les supérieures des congrégations chargent de la direction des écoles le» premières yenues. On prépare, par un enseignement intérieur, celles quon destine aux écoles; car on a au succès de ces établissements le double stimulant de la conscience et de Thonneur. De plus, il ne faut pas perdre de vue que le succès de Tiastituteur et de Tinstitutrice dépend beaucoup moins du savoir, d*im savoir ée programme, que du savoir faire, et surtout du vouloir faire, qualité qui manque à bien des brevetées, et qu'en thèse générale, du moins, on rencontre essentiellement chez les religieuses.

V 3® Si ces inconvénients sont exagérés, ils n'en sont pas moins très réels. Les sœurs à lettre d'obédience sont, en général, préparées d'une manière insuffisante, et comme savoir, et comme pédagogie; leurs écoles se sentent donc de cette infériorité, mais peut-être pas au degré qu'on leur assigne en général. Quoi qu'il en soit, au point de vue de l'instruction primaire, la simple lettre d'obédience, au lieu du brevet, n'est pas une bonne institution. Au point de vue de la considération des directrices, cette substitution est également fâcheuse; on doit pourtant ajouter que la masse des populations rurales ne fait aucunement la distinction de l'obédience et du brevet, et qu elle n'en a nul souci. » (P. 255 et 256.)

« S'il s'agit des résultats obtenus quant à la forme,

quant à la direction générale de renseignement, raction des in^ecteurs primaires, chez les instituteurs congréganistes, est nulle, et cela se comprend. » (P. 25T.)

(I S*il s'agit des institutrices congréganistes , on

rencontre bien aussi chez elles certaines barricades, établies par les règlements de la congrégation ; toutefois, comme dans Tensemble elles ont des idées moins arrêtées, elles sont plus maniables et suivent, en général, les conseils des inspecteurs primaires. Ceux-ci ont obtenu dans les écoles de filles de véritables améliorations. » (P. 257.)

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c En général, les écoles de frères passent pour

avoir une supériorité relative pour les divisions supérieures, et rinfériorii6é à l*égard des plus J6unes en£anta.r» (P.SLbQ.)

CORREZE

(Tome !•'.)

a La lettre d*obédienee, en ouvrant une large porte

à renseignement oongréganiste, a été préjudiciable aux: intérêts de Tinstruction primaiare. Un grand nombre de jeunes personnes, ne présentant aucune garantie de savoir, se sosd répandues dans le département, occupant partout les meilleurs postes, tandis que les institutrices laïques, livrées à leuirs propres forces et combattues par le clergé, n'ont pu s'établir qu« dans de pauvres communes, où elles ont de la peine à vivre. Cette disposition de la loi n'est favorablement appréciée que des ennemis de l'enseignement laïque ; elle a eu pour résultat d'abaisser le niveau des études dans les écoles de filles et de décourager les jeunes personnes qui, par goût ou par vocation^ se vouent à l'instruction primaire. Que les congrégations rentrent dans le droit commun ; elles y gagneront ellesmêmes. » (P. 522.)

« L'inspection s'exerce régulièrement dans les

établissements congréganistes comme dans les autres^ mais elle y obtient peu de résultats, principalement dans les écoles de filles, même dans celles qui reçoivent une subvention communale. • (P. 523.)

« Les progrès réalisés dans ces établissements ne

peuvent se comparer à ceux qui ont été obtenus dans les bonnes écoles laïques. Les frères sont peut-être supérieurs pour les parties de l'enseignement qui exigent une

certaine justesse de coup d'œil et Thabileté des doigts, comme l'écriture et le dessin; ils sont inférieurs pour toutes celles qui s^adressent à Tintelligence.

« Les écoles de filles dirigées par les religieuses de Nevers, de Porcieux et de Saint-Vincent-de-Paul l'emportent sur les écoles laïques au double point de \ue de l'enseignement et de l'éducation. Les sœurs d'Aurillac et surtout de Treignac sont, au contraire, loin d'égaler nos plus médiocres institutrices à brevet. » (P. 523.)

u Les livres en usage dans les établissements con-

gréganistes sont : le Syllabaire et la Grammaire par F. P. B., la Doctrine chrétienne ou le Nouveau traité des devoirs du chrétien, la Bible de Royaumont, la Morale pratique de Barrau, la Grammaire de Noël et Chapsal.

(( Les punitions employées dans les écoles congréganistes sont généralement celles des écoles laïques : la réprimande, les mauvais points et la retenue. On regrette d'ajouter qu'on y abuse trop s,ouvent de la mise à genoux, et que certains frères ne sMnterdisent pas absolument l'emploi des châtiments corporels.

« Les frères et les sœurs, en général, se soumettent exactement aux prescriptions du règlement des écoles adopté dans le département. Il n'a été signalé qu'une seule exception : le directeur des frères, dans une grande commune, a déclaré formellement qu'il ne l'acceptait pas et qu'il ne pouvait pas supposer que ce règlement eût été fait pour hii. » (P. 523 et 524.)

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