COTES-DU-NORD
(Tome ^^)
X Dans les écoles publiques^ on ne sépare jamais
les enfants payants des enfants gratuits. Cette séparation blessante ne se rencontre que dans quelques écoles libres eongréganîstes. A Lamballe, par exemple, les frères de l'instruction chrétienne, quoiqu'ils reçoivent de la commune une indemnité de 800 f rames pour instruire les enfants pauvres, entassent ces malheureux, au nombre d'une centaine, dans une classe trop petite et malsaine, tandis que les enfants payants reçoivent l'instruction dans des classes pins que suffisantes. Dans les congrégations de femmes, on trouve ordinairement nn externat payant et un externat gratuit. Ainsi les enfants payants sont séparés des enfants pauvres.
f On peut s'étonner que cette distinction ne se rencontre c[uc chez des religieux auxquels leur position, comme leur règle, prescrit l'exemple d'une fraternelle charité. » (P. 695.)
« Tous les amis véritables de l'instruction, quelles
que soient leurs affections, déplorent que les fonctions d'institutrices puissent être exercées sans titre de capacité. Le privilège des lettres d'obédience, accordé aux congrégations religieuses de femmes, paraît excessif; il est contraire à l'égalité, à la liberté de renseignement sainement entendue et au progrès de l'instruction. La lettre d'obédience ne peut être sérieusement considérée comme un titre de capacité ; elle est quelquefois délivrée à des sujets d'une inaptitude notoire, et on ne peut qu'être étonné que, par une interprétation trop favorable de la loi de 1850, on l'ait admise pour la direction d'une école mixte. 11 serait juste que, tout en respectant les droits acquis, on supprimât, pour l'avenir^ le privilège des lettres
d'obédience, rétabli à une époque d'entraîaement dans une voie de réaclion contre renseignement public. » (P: 698.)
«r Les instituteurs et les institutrices congréganistes
se soumettent à l'inspection sans difficulté, mais tous ne tiennent pas également compte des directions qui leur sont données. ••••...
« On remarque que les institutrices publiques religieuses se plient avec plus de bon vouloir que les instituteurs congréganistes aux recommandations qui leur sont faites. » (P. 699.)
a En sortant de leur maison mère, les frères de
l'Instruction chrétienne qui dirigent les écoles congréganistes n'ont, en général, qu'une instruction à peine ébauchée, sans idées pédagogiques; ceux qui ont de l'intelligence et de la bonne volonté se forment par la pratique de renseignement et par les conseils de l'inspection. Les instituteurs laïques, préparés dans de bonnes écoles spéciales, leur sont de beaucoup supérieurs dans toutes les branches d'études, sans en excepter même l'instruction religieuse. Si, parmi les écoles spéciales de filles, la proportion des bonnes est en faveur des congréganistes, on ne peut pas en conclure que les institutrices religieuses soient supérieures aux laïques. La supériorité doit être attribuée au local, au mobilier scolaire, à la position de famille des élèves et au milieu où les écoles se trouvent établies. » (P. 700.)
« La maison religieuse cloîtrée du Sacré-Cœur, à
Saint-Brieuc, a refusé, en 1861, de se soumettre à Tinspection pour un externat gratuit. L'affaire a été soumise au ministre, qui, après avoir blâmé énergiquement la supérieure de rétablissement, a cependant invité Tlnspecteur à s'abstenir provisoirement. » (P. 700 )
DE l'enseignement primairk 257