DOUBS
(Tome I"-.)
V Ijos livres ne sont pas toujours appropriés à
Tâge, à Tintelligence, aux besoins des enfants, ni en rapport avec les méthodes actuelles. Lhomond, ce vertueux et sage ami de la jeunesse, avait composé, comme il le déclare lui-même dans la préface, son livre, la Doctrine chrétienne^ pour compléter dans une courte lecture quotidienne, avant la prière du soir, l'instruction religieuse des jeunes gens, au moment où ils vont entrer dans le
monde. On en abuse, comme on abuse de tout. On en fait le premier livre d'enfants qui ne trouvent qu'ennui dans des considérations adressées à un autre âge. Si encore le maître avait le champ libre pour mettre à leur portée ces considérations en les leur expliquant ! Mais la prudence lui commande une grande circonspection à cet égard. Quand il s'agit de dogmes, on courrait grand risque de tomber dans Terreur en commentant les textes où ils sont exprimés. » (P. 127 et 128.)
« Quant à la Bible Royaumont, que beaucoup de
curés aiment à voir dans les écoles, cet ouvrage présente le danger beaucoup plus grave de récits faits en termes peu châtiés et peu propres à ménager les chastes oreilles des enfants.
« On trouve encore dans quelques écoles d'autres ouvrages qui ne sont pas revêtus de l'approbation nécessaire : 1® FAnge conducteur^ imprimé à Besançon, chez Turbergue ; 2» Petite Histoire sainte imprimée chez Pélagaud, avec cette mention : Cette édition nest 'point celle qui a été interdite par son Exe, le Ministre de Fins-* truction publique ; 3<* Petit règlement du chrétien, par une société catholique de Clermont; \9 Vie de Notre S ei^ gneur Jésus-Christ, par une religieuse de la Sainte-Famille, imprimée à Besançon, chez Outhenin-Chalandre ; 5° Pensées sur les vérités de la religion^ par Humbert. C'est chez les religieuses que ces ouvrages sont en usage. L'autorité académique a beau faire et s'épuiser en conseils ; on paraît convaincu, on fait parfois de belles promesses, mais on se garde bien de les tenir. Le Gouvernement n'est pas et ne peut pas être désarmé à cet égard. Lorsqu'il autorise une congrégation pour la direction d'écoles publiques, il ne saurait se démettre du droit d'imposer à CCS écoles des obligations et des règles. > (P. 129.)
« Les congréganistes ne voient pas dans Tinspec-
teur leur véritable chef; ils n'en reconnaissent qu'un : c'est leur supérieur. Ils ne se soumettent aux règlements que quand ils sont conformes aux exigences de l'ordre.
Par exemple, quoique le conseil académique ait classé la Doctrine chrétienne et VHistoire de la religion de Lhomond parmi 7es 7/vres (Tinstruction religieuse^ et ne leur ait plus donné place parmi les livres de lecture, on persiste à n'en point accepter d'autres ou, s'il y a exception, c'est en faveur d'ouvrages qui ne sont pas revêtus de l'approbation universitaire. A la rentrée prochaine, on ne se servira, dit-on, dans les écoles congréganistes de filles ou de garçons, que des ouvrages des frères de la Doctrine chrétienne. » (P. 141.)
«c Si les congréganistes ne s'obstinaient pas dans
une routine qui les empêche de profiter des leçons de l'expérience et de céder aux bons conseils, ils arriveraient à une supériorité marquée sur les laïques. » (P. 111.)