‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 93 sur 137 · JURA · texte numérisé non relu

JURA

(Tome I"'.)

< La réforme générale est bien comprise. Les membres des congrégations résistent seuls, surtout les hommes. En matière d'enseignement, et trop souvent en matière de règlement et d'autorité, ils ne connaissent qu'un mot d'ordre : celui qui leur vient de leurs supérieurs qui sont au loin. Lear donne-t-on Tévidente démonstration d^une amélioration argenté? Ils ajournent; ils en réfèrent aux chefs de Tordre. Insiste-t-on? On a mauvaise grâce, on est bien près d'être confondu avec les persécuteurs de la compagnie et les ennemis de la religion. 11 y a là un esprit de routine et d'obstination tout près d'être parfois malveillant. » (P. 156 et 157.)

« L'abrogation de l'article 49 de la loi du 15 mars 1850

serait tout à la fois un acte de justice et de bonne politique. La lettre d'obédience, regardée comme l'équivalent du brevet, c'est tout simplement la destruction de toute garantie; c'est en outre un exorbitant privilège, vu avec

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peine par les laïques, fâcheux même pour ceux qui en jouissent. Il y a certes d'excellentes institutrices parmi les congréganistes, et les maisons bien dirigées présen- • tent leurs sujets aux brevets de capacité. Ainsi le Saint- Esprit de Poligny a un personnel instruit et presque capable de lutter avec les normaliennes. Mais, à côté de cet ordre, on compte beaucoup de congrégations pour lesquelles la lettre d'obédience est tout. Y a-t-il quelques sœurs plus intelligentes ou pourvues du brevet ; elles sont employées dans les pensionnats, dans les classes payantes^ et les classes gratuites sont abandonnées aux moins capables, La manie d'enseigner, secondée par la facilité de la loi, est si grande que les supérieurs ecclésiastiques sont obligés d'intervenir et d'y mettre un terme. » (P. 160.)

« En 1850, le nombre des écoles congréganistes

était de 84; il est aujourd'hui de 106. Les dispositions des familles et de la municipalité à l'égard de l'enseignement congréganiste varient avec les localités et avec l'influence du curé, lequel est presque toujours favorable aux ordres religieux. Mais le courant général de Topinion est pour l'enseignement laïque, qui est, il faut le reconnaître, bien supérieur, et par la méthode et par la possibilité du perfectionnement, et moins dispendieux.

« Les livres en usage dans les écoles congréganistes sont les livres recommandés par l'ordre ; on n'en admet pas d'autres, excepté dans les écoles de filles, où la résistance aux conseils est moindre.

« A part quelques abus réprimés par la justice, nous ne savons pas qu'il y ait eu des punitions extra réglementaires employées dans les écoles.

c Les frères et les sœurs subissent le règlement; mais bien souvent on a dû constater des dérogations et des ignorances qui n'étaient peut-être pas tout à fait involontaires. » (P. 161.)

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