‹ La loi de l'enseignement primaire (Proposition Barodet);Chapitre 95 sur 137 · LOIR-ET-CHER · texte numérisé non relu

LOIR-ET-CHER

(Tome II.)

« Quant aux effets de la loi du 15 mars 1850, qui

autorise les congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, ils sont tels qu'on les avait prévus. Les institutrices congréganistes ont largement profité de la faculté qui leur était donnée ; très peu d'entre elles ont le brevet de capacité; aussi est- il établi un très grand nombre d'écoles de ce genre. Les populations voudraient voir dans ces institutrices autant d'instruction qu'elles montrent de zèle et de dévouement; et elles regrettent que l'on ait inscrit cette inégalité dans la loi, et l'on ne doit pas en être étonné : les filles qui quittent une école dirigée par les sœurs sont bien inférieures à celles qui sortent d'une école dirigée par une institutrice pourvue du brevet de capacité. »\P. 344.)

« Le dévouement et le zèle sont égaux de part et

d'autre... Quant à l'instruction, elle est supérieure chez les laïques.

« Dans les éiîoles congréganistes, les livres particulièrement en usage sont ceux de la congrégation elle-même ; quelques-uns de ces ouvrages sont approuvés.

« Les punitions corporelles ne sont pas encore abolies dans toutes les écoles. > (P. 345.)

LOIRE (Tome !•'.)

« 11 n'existe aucune école libre réunissant les enfants des deux sexes. Toutefois les assemblées tenues par

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les religieuses appelées Bratcs reçoivent des élèves Je tout âge, de tout sexe, de toute condition. Ces réunions ne peuvent être considérées comme des écoles proprement dites; les Béates savent à peine lire, — la plupart ignorent récriture, — et encore moins la grammaire et l'arithmétique. Ce sont de pauvres filles de la campagne affiliées à Tordre de Tinstruction de TEnfant-Jésus; eUes portent un habit différent de celui des vraies religieuses, mais elles reçoivent une lettre d'obédience.

c Dans les réunions de BaateSy on fait des lettres pieuses,

on raconte des histoires, on prie, on chante, on se livre

à différents travaux, on apprend la lettre du catéchisme.

Pour cette dernière raison, MM. les desservants favori-

* sent rétablissement des Béates.

a II est notoire que celte institution a ruiné renseignement primaire dans la Haute-Loiro, et que le produit de la rétribution scolaire y est presque nul. Pour détruire cet abus, il faudrait combattre d'anciens préjugés, revenir aux principes qu'une longue tolérance semble avoir obscurcis, et créer peut-être de graves difficultés à l'administration préfectorale. On ajoute que les Béates ne remplissent aucune formalité pour l'ouverture de leurs réunions.

« Les instituteurs libres, laïques et congréganistes, les institutrices libres laïques observent fidèlement les prescriptions du décret du 7 octobre 1850. Les institutrices libres congréganistes ont une tendance prononcée à se mettre au-dessus de toutes les lois ; il faut que l'administration exerce sur elles une action sans cesse vigilante pour maintenir les trop faibles garanties qu'a conservées la loi du 15 mars 1850. Les irrégularités et les abus qui se produisent sous ce rapport peuvent se ranger dans les trois catégories suivantes : on ne fait point de déclarations ; lorsque la directrice meurt ou change, la supérieure envoie une autre religieuse qui ne remplit aucune formalité ; il en est de môme lorsque l'éoole est tranférée dans un autre local. > (P. 880.)

DE l'enseignement PRIMAIRE 283

« Quant aux écoles congréganistes , elles n'emploient que des ouvrages composés par des membres de congrégations; elles en font même l'objet d*un négoce assez lucratif. Tous ces ouvrages manquent de précision, de clarté, de méthode ; renseignement n'y est qu'un mécanisme dont les pièces se traînent péniblement. Il y aurait lieu de réformer la plupart de ces livres, et surtout la grammaire et l'arithmétique . » (P. 890.)

c La loi du 15 mars 1850, qui autorise les institutrices congréganistes à exercer leurs fonctions sans autre titre de capacité qu'une simple lettre d'obédience, a produit, au point de vue de l'instruction primaire, les effets les plus funestes dans le département de la Loire. Les termes cachent toujours une profonde philosophie : la lettre prouve la soumission à la supérieure et rien de plus. Tout privilège est par sa nature un caractère, un aveu d'impuissance et d'immobilité. Il dst malheureusement avéré que la lettre d'obédience s'accorde avec une déplorable facilité ; les institutrices congréganistes ne connaissent pas les plus simples éléments de la grammaire et du calcul ; elles n'entendent rien à la direction d'une école. Aussi leurs élèves ne savent presque rien.

« Tous les esprits sérieux et impartiaux apprécient cette disposition comme une concession contraire aux principes qui constituent la base de notre droit public, nuisible aux progrès de l'instruction et aux intérêts bien entendus des religieuses. » (P. 895.)

a L'inspection obtient dans les établissements

tenus par les frères des résultats à peu de choses près identiques à ceux qu'elle réalise dans les écoles laïques. La résistance a cessé en face de la fermeté de l'administration. Il n'en est pas de même dans les écoles de filles congréganistes. La plupart des religieuses subissent l'inspection plutôt qu'elles ne l'acceptent ; elles ne reconnaissent, au fond, que l'autorité de leur supérieure générale. Aussitôt que l'inspecteur à franchi le seuil de la porte, les choses reprennent le cours tracé par la routine et

rinexpérience. Gomme les Gonsoils municipaux n'allouent que de faibles indemnités et que les congrégations ont l'indépendance de la fortune, les avis ou les ordres de Tinspecteur ne peuvent avoir de sanction et détruire les abus. » (P. 896.)

« L'enseignement congréganiste est supérieur à

l'enseignement laïque par l'écriture, la lettre du catéchisme, l'ordre matériel et extérieur du maître et des élèves ; il lui est inférieur par la capacité du maître, par Tinlelligence pratique des méthodes et par les résultats intellectuels et moraux. Les écoles congréganistes se servent particulièrement des livres composés par les membres de leur association; les ouvrages du frère Philippe Brazier sont les plus répandus.

« Les punitions employées dans les écoles congréganistes ne s\'cartent pas trop du règlement, quoique les corrections corporelles n'aient pas complètement disparu; elles diminuent sensiblement et s'infligent à l'insu des autorités. Les frères se soumettent aux prescriptions du règlement des écoles adopté dans le département; il se^ produit parfois des infractions pour les jours de congé, l'ouverture des vacances et l'exclusion des enfants de l'école. Quant aux sœurs, elles vivent dans une pleine et entière indépendance ; elles refusent de dresser les registres et les rôles; elle ne tiennent aucun compte des observations qu'on leur adresse. La lettre d'obédience leur lient lieu de tout. » (P. 897.)

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