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et, après avoir entendu une allocution du préfet, s’empressa d’adresser une proclamation aux habitants du département (1). Dans les Côtes-du-Nord, louverture de la session eut lieu le même jour ; les conseillers généraux ne durent pas, d’ailleurs, remplir leur rôle à la satisfaction du préfet, puisque, le 24, celui-ci demanda au ministre de l’Intérieur, de dissoudre l’Assemblée départementale (2). A l’inverse, dans la Loire-Inférieure et la plupart des départements voisins, les Conseils se montrèrent « dociles et presque zélés » (3). Il n’y eut qu’une exception et, si extraordinaire que cela puisse paraitre au premier abord, ce fut le plus royaliste des départements, la Vendée, qui la constitua. En effet, le 18 mars 1815, le préfet, Fremin de Beaumont, écrivait au ministre de l’Intérieur, que, ce jour même, quelques conseillers généraux s'étaient réunis à Bourbon-Vendée, mais qu'ils n'étaient pas en nombre pour délibérer. Il était à craindre, ajoutait-il, que les autres, retenus par la formation des bataillons de volontaires, ne vinssent pas au chef-lieu. Que fallait-il faire en l’occurrence ? (4) La réponse du ministère de l’Intérieur, ce fut le décret
du 21 mars.
(1) AN. Fia 587. Le préfet de l’Ille-et-Vilaine au ministre de l’intérieur, Rennes, 19 mars 1815.
(2) AN. Fia 587. Le préfet des Côtes-du-Nord au ministre de l’intérieur, Saint-Brieuc, 20 et 24 mars 1815.
(3) Souvenirs du baron de Barante, t. II, p. 114.
(4) A.N. Fa 587. Le préfet de la Vendée au ministre de l’intérieur, Bourbon-Vendée, le 18 mars 1815.
Au reste, cette mauvaise volonté des notables royalistes vendéens, qui se dissimulait d’ailleurs sous un prétexte fort convenable, s’expliquait sans peine. Le duc de Bourbon, nommé, par le Roi, gouverneur des provinces de l'Ouest, s’y était présenté comme un général, chargé, par le Gouvernement, de commander des troupes régulières, et disposé à s'appuyer sur les autorités légales du pays « pour augmenter son armée par voie de « recrutement et en solder les dépenses ». Dès lors, le grand zèle des chefs vendéens s'était éteint et avait fait place à leur mécontentement et à leurs murmures. Il est juste de dire — et Barante le fait judicieusement remarquer — que si le prince avait voulu ranimer la guerre civile et prendre la tête des Vendéens et des Chouans, les villes et les bourgs auraient tout aussitôt abandonné la cause du Roi, et les régiments de ligne, en garnison dans le pays, se seraieut empressés d’arborer la cocarde tricolore (1). La levée des bataillons sédentaires nuisit à la réunion des volontaires vendéens (2), comme la concentration de ces derniers eût complètement arrêté la formation des troupes sédentaires.
En résumé, d’après les renseignements qui précèdent, il faut bien admettre que, dans l’ensemble de ces départements, la réunion des Conseils généraux n’a pas donné
de grands résultats. C’est l’impression de M. Hous-
(1) Souvenirs du baron de Barante, t. IT, p. 112-114. (2) A. N. Fa 587. Lettre précitée du préfet de Vendée au minisnistre de l’intérieur.