‹ La Loi de Tréveneuc et ses PrécédentsChapitre 29 sur 55 · NATIONS · texte numérisé non relu

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moins, il se garda bien de décourager son interlocuteur et Vitrolles partit le même jour avec toutes ses illusions (1).

Le 23, il était à Bordeaux, où, après s’être entretenu avec Decaen des moyens de défense, il s’occupa de la sûreté, personnelle de Madame, duchesse d'Angoulême. C’est de là qu’il avertit une quarantaine de préfets de la constitution du gouvernement du midi, et qu’il éerivit au duc d'Angoulême, pour lui annoncer que, désormais, «il exercerait en son nom et en raison des pouvoirs « souverains que le Prince avait reçus du Roi, l’autorité « qui lui avait été déléguée (2) ».

Le 25 au matin il était à Agen. Son premier soin était de convoquer à la poste aux chevaux, le secrétaire général de la préfecture, Lannau-Rolland, le maréchal de camp, baron Gaussart, commandant le département, et le président du conseil général du Lot-et-Garonne. Il leur exposait la situation : le départ de Louis XVIII vers le Nord et l’entrée de Bonaparte à Paris. Il ajoutait que, « dans ces circonstances, le Roi, calme et ferme, « se confiait toujours dans la fidélité et le courage des « vrais Français, qu’il les invitait à obéir aux ordres « qu’il leur transmettrait du lieu où il aurait établi le « siège de son gouvernement ; qu’il espérait que l’aveu- « glement fatal des troupes de ligne se dissiperait enfin,

«et qu’elles reviendraient à lui, bien sûres d’obtenir

(1) Mémoires du chancelier Pasquier, t. III, p. 148-149. (2) Mémoires de Vitrolles, t. II, p. 373-378.

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« un généreux pardon » ; d’ailleurs, les puissances étrangères, dont le désintéressement était admirable, envoyaient de toutes parts des armées pour venger le Roï.— En dernier lieu, le ministre annonçait que, probablement, le siège du Gouvernement pour les départements du Midi, serait établi à Toulouse « d’où les autorités du « département du Lot-et-Garonne devaient s'attendre « à recevoir les proclamations et les ordres auxquels. « elles auraient à obéir ». — Après quoi, Vitrolles poursuivit son chemin, tandis que le président du Conseil général courait renseigner cette Assemblée et que celle-ci, de concert avec le préfet, prenait toutes les mesures « propres à faire connaître des événements d’une na- « ture si grave, aux principaux fonctionnaires publics « du département et de la ville d'Agen, afin qu’ils pus- « sent prévenir, par de sages dispositions, les effets, « contraires à l’ordre et à la tranquillité, qui pourraient « survenir lorsqu'ils viendraient à être répandus dans « le public (1) ».

Le 25, dans la nuit, Vitrolles arrivait à Toulouse et s’occupait tout aussitôt d'organiser pratiquement le Gouvernement royal du midi. Quel rôle entendait-il y réserver aux Conseils généraux ? Soucieux avant tout de reconstituer la centralisation, Vitrolles aurait voulu, semble-t-1l, nonobstant les circonstances exceptionnelles, rétablir autant que possible le cours normal de

(1) A.D. Lot-et-Garonne. Registre des délibérations du Conceil général. Séance Gu 25 mars 1815.

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