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en garnison dans les départements méridionaux. Les préfets et autres fonctionnaires institués par Napoléon, se sentant soutenus par l’armée, ne se pressaient pas d’obtempérer aux ordres du Comité royal provisoire, dont l'influence ne s’étendait guère au delà des faubourgs marseillais. Une véritable guerre civile mettait aux prises troupes régulières et volontaires royalistes en Vaucluse, dans le Gard et dans l'Hérault (1). 11 fallut l'arrivée de la dépêche de Vitrolles, datée de Paris, 9 juillet, et annonçant l’entrée de Louis XVTIT dans la capitale (2), pour faire cesser, tout au moins à Avignon et à Montpellier, les résistances. Délivré de toute contrainte, le Conseil général de Vaucluse reprenait, le
18 juillet, la session extraordinaire, « en exécution de
(1) Pour le Vaucluse, cf. A.D. Vaucluse. Police générale M. 514 ; Manuscrits de la bibliothèque d'Avignon 2495, 2547, p. 300-302, et 3030, fol. 143. Courrier d'Avignon, à partir du 16 juillet 4815. Pour le Gard, cf. A.D. Gard 9 K. 32, n° 4118 ; 6 M. 22, 123, 1614, 162, 165, 167, 1732, 479, 327, 335, 337. Manuscrits de la” bibliothèque nationale France, N.A. 228, fol. 454-477: Rapport à S. À. R. Mgr duc d'Angoulême, par le comte René de Bernis, officier supérieur des gardes du corps de $. A. R. Monsieur, etc.
Pour l'Hérault, cf. A.D. Hérault M.4 Sous-préfecture de Montpellier. Police de l’Empire, relativement au rétablissement du gouvernement (Cent Jours, 1815); M.4 Police civile, 1815. A.M. Montpellier. Registre des délibérations du Conseil munieipal. Manuscrits de la bibliothèque nationale France, N.A. 228, fol. 129.141 et 485-490. A.D. Card 6 M. 472. Le Véridique, n° du dimanche 2 juillet 1815, et suivants, etc.
(2) Cette dépêche, dont on trouve au moins un exemplaire dans tous les dépôts d'archives départementaux, fut publiée dans le Courrier d'Avignon du 16 juillet et affichée, le 15, à Marseille, en même temps qu’une proclamation du marquis de Rivière.
« l'arrêté du Comité royal de Marseille, approuvé par « M. le marquis de Rivière, lieutenant-général crval et « militaire de la 8° division ». 11 s'empressait aussitôt, dans une adresse au Roi, de réclamer la vie des traîtres et l’épuration radicale de l’armée et de toutes les administrations civiles, mais consentait néanmoins à engager les habitants de Vaucluse à ne pas se faire justice euxmêmes, et à laisser aux lois le soin de punir les coupables (1).
Le 19 juillet, le Conseil général après audition du major Lambot, commandant supérieur, pour le Roi, du département de Vaucluse, approuve la reconstitution du bataillon des volontaires royaux, et de l’escadron des chasseurs à cheval de Vaucluse ; il fait mettre à la disposition de ces troupes les objets d'équipement et de harnachement confectionnés en mars et restés, par suite des événements, en dépôt chez les fournisseurs. Le 20, Lambot vient faire au Conseil un tableau poussé au noir de la situation. Le département est encore entouré de foyers de rébellion ; on se bat dans le Gard ; la Drôme est en partie insoumise et sent de ralliement aux rebelles. En Vaucluse même des rassemblements armés. de fédérés menacent la tranquillité publique ; Lambot voudrait, en conséquence, établir, à Avignon, une commission militaire et un conseil de revision, « pour juger « tous les individus qui seront pris les armes à Ia main,
(1) A.D. Vaucluse. Registre des délibérations du Conseil général. Séance du 18 juillet 1815.
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«ou seront reconnus être chefs et instigateurs de ces « rebelles armés contre l’autorité du Roi ».'Le Conseil s’empresse de ratifier cette proposition (1).
Mais un vague scrupule vient troubler le zèle des conseillers généraux de Vaucluse. Sans doute, leur réunion a été approuvée par le marquis de Rivière, mais le lieutenant-général n’a attiré leur attention sur aucun point spécial (2). Ils se souviennent qu’au 11 mars le Roi les a réunis en permanence pour organiser la résistance ; depuis, la situation s’est quelque peu modifiée. Que font-ils d’autre aujourd’hui que d’achever la victoire et d'encourager la répression de la révolte ? Leur rôle n'est-il pas fini désormais ? Pour en avoir le cœur net, ils demandent à leur président d’en référer à son collègue des Bouches-du-Rhône. Le comte de Pontbriand, le 20 juillet, écrit donc au président du Conseil général des Bouches-du-Rhône : « Notre but, lui expose-t-il, est « de concourir de tous nos moyens à tout ce qui peut « être utile au service de notre souverain. Mais, éloignés « du lieutenant-général de Sa Majesté, nous ignorons « ce qu'il est urgent de faire en ce premier moment. Je «€ viens vous prier de nous faire connaître quels ont été, « depuis votre réintégration, les actes que vous avez
-C jugés utiles dans l'intérêt général. Nous serons char-
(1) A.D. Vaucluse. Registre des délibérations du Conseil général. Séances des 19 et 20 juillet 1815.
(2) A.D. Vaucluse. Registre des délibérations du Conseil général. Séance du 26 juillet 1815. Discours du président.
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« més d'agir en conformité. L'ensemble denos mesures en « assurera le succès,et une fédération avouée par l'honneur
« et notre dévouement au Roi, sera sans doute aussi puis-
« sante pour faire le bien, que ce que pouvait l’être, pour « faire le mal, celle des satellites de la tyrannie (1). »
En attendant les renseignements sollicités, le Conseil général de Vaucluse s’ajourne. Le 26 juillet enfin, il apprend que, lors de sa dernière réunion, le Conseil général des Bouches-du-Rhône s’est contenté d’approuver les actes accomplis par le Comité royal provisoire, depuis le 25 juin, puis, après la rédaction d’une adresse au Roi, et sur l’assurance que la correspondance avec le Gouvernement central était à nouveau régulièrement organisée, a cessé sa permanence.
Après cette communication, il ne restait plus à l’Assemblée départementale de Vaucluse, qu'à suivre Pexemple de sa voisine. Le Conseil prit donc un arrêté par lequel il déclara suspendre sa séance permanente, tout en restant prêt à répondre, en cas de nécessité, à la convocation du préfet provisoire, de Boudard. Il adressa, en outre, au major Lambot et à M. de Boudard, l'expression « de la satisfaction dont 1l était pénétré « pour leur conduite distinguée dans ces temps diffi-
« ciles ». Puis il se sépara (2).
(1) A.D, Vaucluse. N!. Conseil général. Registre de Correspondance pour la session extraordinaire de 1815.
(2) A.D. Vaucluse. N!. Conseil général. Registre des délibérations. Séance du 26 juillet 1815.
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