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Dans le reste du Midi, maints Conseils généraux se réunirent également entre le 20 et le 31 juillet. Les uns se contentèrent de voter une adresse au Roi; d’autres y joignirent une adresse au duc d'Angoulême ; un certain nombre consignèrent dans leurs registres de délibérations, des protestations un peu tardives contre l’abus de force dont ils avaient été victimes au début d'avril 1815. Mais d'eux-mêmes, ou sur une invitation du préfet, ils se séparèrent aussitôt, sans plus chercher à jouer un rôle quelconque dans la conduite politique des départements. Cependant les conseillers généraux n’oubliaient pas que le Roi, dans un moment critique, avait fait appel à leur habileté et à leur connaissance des hommes et des choses ; il leur semblait que, désormais, aussitôt que la patrie serait en danger, leur devoir serait d'intervenir de suite et de participer à la défense du territoire ou du régime. Une occasion ne tarda pas à s’offrir ; ils ne la laissèrent pas échapper et, lorsqu’à la fin du mois d’août 1815, une armée espagnole menaça d'entrer en France (1), le Conseil général des Pyrénées- Orientales accourut spontanément à Perpignan. Mais déjà le péril était conjuré ; il ne lui resta plus qu’à présenter au duc d'Angoulême l'hommage de sa reconnais-
sance et qu’à supplier le Roï de laisser les contribuables
(1) Sur l’invasion espagnole, voir Archives du ministère de la Guerre, correspondance générale, août 1815 ; A.D. Pyrénées- Orientales. Registre des arrêtés préfectoraux et liasses M. 7 et M. 43 ; Ernest Daudet, La Terreur Blanche, p. 289-294.
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des Pyrénées-Orientales, pour prouver leur amour et leur dévouement, payer en entier la subsistance des troupes espagnoles pendant leur séjour dans le département (1).
Ce fut la dernière manifestation de l’exceptionnelle activité déployée par les Conseils généraux depuis le 11 mars 1815. Avec le rétablissement de l’ordre, les Assemblées départementales reprirent leur aspect antérieur.Néanmoins,le souvenir des services qu’elles s'étaient
efforcées de rendre, ne devait pas s’effacer complètement.
(1) A.D. Pyrénées-Orientales. Registre des délibérations du Conseil général. Séance du 27 août 1815.