RENE
« sincère de réforme, provoquera des résistances, et « ces résistances ne seront vaincues que par une vigou- « reuse offensive des forces populaires. Ce n’est pas là « une politique de violence, mais, au contraire, la vraie « politique d'évolution (1). »
Nous n'avons pas à discuter cette thèse ; ce serait de la politique et nous voulons seulement faire œuvre, dans la mesure de nos moyens, d’historien impartial et de juriste critique. Contentons-nous d’en constater l’existence et de rappeler qu'en une occasion récente, les forces socialistes ont affirmé, de façon imposante, leur puissance grandissante et leur solide organisation. Ajoutons ce que le bon sens suffit à faire comprendre, à savoir qu’un mouvement populaire se présenterait à notre époque dans des conditions tout autres qu’en juin 1848 ou en mars 1871. Jadis, par exemple, le Gouvernement pouvait compter, pour le soutenir, sur l'immense majorité de l’Assemblée des représentants. Aujourd’hui, la Chambre des députés comporte déjà un nombre important de membres gagnés aux idées de réforme sociale et prêts à faire cause commune avec les masses soulevées. Dans ces conditions, la lutte serait particulièrement pénible. De sorte que, maintenant plus encore qu’autrefois, il est permis de s'interroger et de se demander si le gouvernement légal, expulsé de Paris et
des grands centres urbains par l’insurrection triomphante
(1) M. Jaurès, La Dépêche, mardi 19 octobre 1909.
Fou
trouverait toujours dans nos lois, le moyen de prolonger la résistance.
A l’heure où le problème se pose si nettement, il ne faut pas craindre de l’aborder de front. C’est ce que nous avons tenté de faire. Nous nous sommes efforcé, au cours de ce travail, de faire abstraction de tout esprit de parti, et de nous cantonner dans le domaine du droit
public. Nous voudrions y être parvenu.